2016 – In the South

 

Drame insaisissable, passionnant, déchirant mais aussi plus qu’à son tour drôle, ce lon métrage est le fruit d’une association de talents somme toute exceptionnelle. Ce n’est ni un remake, ni une nouvelle relecture, pas plus qu’il n’est l’adaptation d’un roman ou d’une série. On n’en croise plus très souvent des films de cette trempe. Des œuvres qui parviennent à accomplir avec un brio exemplaire tout ce qu’ils tentent. Qui collent la chair de poule, qui font réfléchir et dont le souvenir persiste longtemps…Un des meilleurs films de l’année 2016.

 

 

ANALYSE PREMIERE par Gilles Rolland

 

Taylor Sheridan étonnait son monde en 2015 en pondant le script de Sicario, il devenait d’un coup d’un seul un scénariste à suivre. Mais malgré toutes les qualités que présentait son travail pour le film de Denis Villeneuve, et malgré le fait que son nom figurait aussi sur le script de Comancheria, difficile de ne pas être une nouvelle fois surpris devant l’excellence de sa nouvelle livraison.



Derrière la caméra, on retrouve David Mackenzie, une autre révélation récente, qui nous avait bien mis K.O. il y a deux ans avec Les Poings contre les murs, l’un des drames carcéraux les plus viscéraux vus depuis des lustres. Un réalisateur qui a donc traversé l’Atlantique pour mettre en image cette histoire de deux frères cambrioleurs et d’un ranger pré-retraité, dans un Texas tanné par le soleil et plongé dans une violence inhérente au deuxième amendement de la Constitution américaine. Un « étranger » dont la présence pouvait de prime abord surprendre, tant le film brasse tout un tas de thématiques véritablement propres aux États-Unis et plus spécifiquement aux peuples du sud-ouest, là où sur bien des points, le temps s’est arrêté pour prolonger l’âge d’or des cow-boys, avec tout ce que cela sous-entend. Un anglais pouvait-il saisir l’essence d’un tel drame ? La réponse est évidente dès les premières minutes du long-métrage. Mackenzie s’impose même comme le choix idéal tant le recul que lui confère ses origines européennes lui permet d’offrir au récit une illustration pleine de pertinence, car nourrie de ce petit mais savant décalage, responsable au final de la saveur que le spectacle distille tout du long. On espère ainsi que Comancheria ne va pas dévier de sa route et continuer comme cela jusqu’au bout. Le début est tellement prometteur qu’il aurait été dommage que le réalisateur tombe dans l’excès, mais heureusement, ce n’est pas le cas. L’équilibre est parfait et David Mackenzie de s’approprier le formidable matériau de base de Taylor Sheridan pour en décupler la puissance et offrir à son propos un écho qui subsiste longtemps après le générique de fin.

 

 

Quel plaisir de revoir Jeff Bridges dans un rôle à sa mesure et de retrouver ses marques, grâce à un réalisateur qui sait le positionner. Avec sa voix traînante, ses yeux fixés sur un point lointain qu’il semble être le seul à voir et sa silhouette de cow-boy fatigué mais déterminé, il retrouve toute sa superbe dans un rôle taillé pour son incroyable charisme. Sans trop en faire, avec une nonchalance qui lui est propre, il traverse cette histoire, remarquablement accompagné par le génial Gil Birmingham, pour au final incarner en quelque sorte une évocation trop souvent oubliée car noble, du mythe américain. Il personnifie l’Ouest mais pas dans les dérives de ses gâchettes faciles et constitue pour les deux frères incarnés par Ben Foster et Chris Pine, un adversaire certes à la hauteur, mais surtout jamais unilatéral dans sa quête de vérité et de justice. À l’instar du film, Marcus Hamilton, son personnage, est impitoyable mais sans cesse habité de cette mélancolie qui se dispute avec un humour omniprésent mais discret. Alors que Comancheria nous parle du rêve américain, de la violence des armes, son discours nous livre aussi des réflexions d’une justesse rare sur la vieillesse, sur le deuil et sur l’amour fraternel et paternel. Tout est mélangé mais chaque ingrédient est visible. Chaque thématique est explorée d’une parfaite manière. Taylor Sheridan a vraiment écrit un scénario remarquable, où les personnages sont tous croqués avec soin, et où les dialogues claquent comme des coups de feu, quand ils ne se s’imposent pas carrément comme les bribes d’un poème pas tout à fait désenchanté mais pas loin…

 

 

 

JEFF BRIDGES 71 ANS

 

FILMOGRAPHIE TRES SELECTIVE SUR SES  84 FILMS

 

1980-LA PORTE DU PARADIS / M.Cimino

1984-CONTRE TOUTE ATTENTE / T.Hackford

1988-TUCKER / F.F.Coppola

1989-SUSIE ET LES BAKER BOYS / S.Kloves

 

1991-FISHER KING / T.Gillian

1993-ETAT SECOND / P.Weir

1996-LAME DE FOND / R.Scott

1998-THE BIG LEBOWSKI / Frères Coen

1999-ARLINGTON ROAD / M.Pellington

 

2009-CRAZY HEART / S.Cooper        OSCAR MEILLEUR ACTEUR

2010-TRUE GRIT / Frères Coen

2016-COMANCHERIA / D.MacKenzie

2018-HOTEL EL ROYALE / D.Goddard

 

 

 

 

Chris Pine dans son meilleur rôle, ancien observateur de sa propre vie, qui se décide à passer à l’action pour vivre. Ben Foster joue le personnage casse-gueule de tous les films de braquage, un type cramé et violent…Comédien polymorphe il se glisse dans son personnage avec une aisance incroyable et juste. Le film évite les clichés pour venir nourrir une dynamique fluide et cohérente. Ben Foster, un des acteurs les plus géniaux de sa génération, et Chris Pine, sont autant des victimes que des agresseurs. Pas plus Robin des bois que tueurs implacables, ils agissent dans un but bien précis. Parmi toutes ses qualités, Comancheria n’est à aucun moment manichéen. Pas de blanc ou de noir mais plusieurs teintes de gris. La couleur de l’âme humaine quand elle est en proie à des tourments, en quête d’une rédemption impossible.

 

 

 

CHRIS PINE 40 ANS – 40 FILMS 

                                               

2009/2013/2016 – STAR TREK

Symbolique d’une carrière très Hollywoodienne…

 

2016-COMANCHERIA-David MacKenzie

 

2018-OUTLAW KING Réal.David Mac Kenzie

 

 

 

BEN FOSTER  40 ANS – 40 FILMS

 

2007-3H10 POUR YUMA – James Mangold

2013-DU SANG ET DES LARMES – Peter Berg

 

2015-THE PROGRAM – Stephen Frears

2018-OUTLAW KING Réal.David Mac Kenzie

 

2017-HOSTILES – Scott Cooper

2018-GAVELSTON – Mélanie Laurent

 

 

 

Comancheria est l’illustration brutale et sublime de cette rédemption. Il prend pied dans un monde, le notre, où changer et réparer les erreurs rime pour certains avec une série de choix périlleux dont l’issue n’est bien souvent pas celle souhaitée. Il s’apparente à une mélopée tantôt contemplative, tantôt effrénée, qui fonce à 100 à l’heure sur les routes interminables du Texas. David Mackenzie saisit l’éloquence des paysages pour offrir à ses protagonistes une toile de fond qui vient se confondre avec la couleur de leur peau, de leur yeux et de leur psyché torturée.

 

 

 

ENTRETIEN AVEC LE SCENARISTE TAYLOR SHERIDAN

 

Sicario et Comancheria sont les deux premières parties d’une trilogie…



Les deux films sont radicalement différent. Le premier est sombre, étouffant. Le second est beaucoup plus léger…Quel est le lien ?

Sicario et Comancheria sont les deux premières parties d’une trilogie qui va s’achever avec Wind River, mon prochain film. C’est une exploration de la nouvelle frontière américaine, des conséquences de la conquête de l’Ouest que nous subissons encore aujourd’hui. L’Arizona dans Sicario, le Texas de l’Ouest dans Comancheria. Le ton est différent parce que chacun des films reflète différentes façons de gérer les tragédies de la vie. Il n’y avait pas moyen de traiter l’horreur de la guerre contre les cartels avec le même genre d’humour froid que celui de Comancheria. Mais on peut réagir à la souffrance par l’humour, comme les personnages de Chris Pine et Ben Foster, c’est un bon mécanisme de défense. Ils ne s’apitoient pas sur leur sort, ils essaient de faire quelque chose de bien avant d’y passer. C’est assez représentatif de l’état d’esprit des mecs de l’Ouest du Texas.



Et au-delà à tout un cinéma des années 1970, frontal, violent, sans concession…

Totalement. Les 70’s, c’est mon âge d’or du cinéma. La combinaison parfaite entre les scénaristes, les réalisateurs et les acteurs… Il y a un naturalisme et un refus du mélodrame dans les films des années 70 et du début des années 80 qui m’inspirent énormément dans mon écriture. Je n’ai pas écrit des scénarios de commande, du coup je peux faire ce que je veux, ce que j’ai vraiment envie de voir à l’écran, donc je m’inspire de ce que j’aime.



Et Cimino, c’est une référence ? La nouvelle frontière, le western contemporain…

Evidemment. Mais si c’est en termes de mise en scène il faudrait plutôt en parler à David Mackenzie, le réalisateur. Mais impossible de passer à côté de Voyage au bout de l’enfer. Une petite ville, des personnages qui créent leur propre morale, le spectre de la guerre, la vision de l’Amérique… Il y a ces thèmes en commun, bien sûr.



Comancheria est à la fois un western et un film sur la crise financière et ses répercussions sur les gens normaux.

Mon but c’est vraiment de faire un film dont on parlera encore longtemps après sa sortie en salles. Je trouve que le cinéma américain n’arrive plus vraiment à faire ce genre de films. Je veux voir des films qui surprennent, qui prennent des détours, qui sont des ruptures ! Quand tu te dis « wow, je ne m’attendais pas à ça », alors banco, tu as réussi.



Vous avez écrit vos films avec une vision de scénariste ou de réalisateur ?

Wind River, en tant que réalisateur. Avec celui-là, j’avais une vision très précise de ce que je voulais faire visuellement. Le film conclut à la fois Sicario et Comancheria, et parle de la famille, de la pauvreté, de la violence.



Ca a été dur de faire financer vos films ?

Pas tant que ça. Il y a des gens qui veulent faire ce genre de films, audacieux, adultes, avec une vision, qui confrontent des problèmes contemporains. David Mackenzie et Denis Villeneuve font ce genre de films. Mais tu ne vas pas proposer Sicario à un gros studio, c’est sûr, tu cherches les indépendants.



Vous avez une méthode d’écriture ?

Je dois savoir où vont finir mes personnages. Ecrire, c’est écrire un voyage vers une destination. Je ne suis pas de manuel ou de méthode d’écriture, il faut juste savoir prendre le public par surprise. Et aujourd’hui le public est très sophistiqué, il connaît les trucs de narration, il est blasé. Dans Sicario j’abandonne le personnage principal pendant tout le dernier acte… Le défi sur Comancheria était de faire aimer les deux frangins, même si ce sont des tueurs et des braqueurs. Et il fallait surtout que la conclusion ne sonne pas comme un happy end. Personne ne gagne à la fin, tout ne finit pas bien, car personne n’est tout blanc.



Vous parlez d’une trilogie mais vous avez écrit Soldado, la suite de Sicario. En fait c’est une tétralogie ?

Oui, le tournage commence à la fin de l’année avec Stefano Sollima en réalisateur. On avait évoqué une suite avant la sortie de Sicario, un peu comme ça. Soldado se focalise sur Alejandro (Benicio Del Toro) et Matt (Josh Brolin). Dans Sicario ils combattaient sous le contrôle d’une autorité supérieure. Là ils n’en ont pas. C’est le même ton que le premier film, ce n’est pas un gros film d’action décérébré même si l’échelle est plus grande, le film plus cher. Le point commun entre Denis, David et Stefano, c’est qu’ils ont compris que la violence dans mes scripts n’est pas gratuite. La violence de Sicario, c’est comme un coup de tonnerre, dans Comancheria c’est une tempête.

 

 

TAYLOR SHERIDAN… UNIQUEMENT SCENARISTE SUR LES DEUX PREMIERS ET REALISATEUR SUR WIND RIVER…A SUIVRE.

 

En parlant de comparaisons climatiques, d’après les premières photos de tournage, Wind River a l’air très enneigé.

Oui, et j’ai mes raisons. Le film se situe dans un milieu difficile où il faut se battre pour survivre. Dans mes films le paysage est un personnage à part entière. J’ai grandi au Texas et j’ai passé beaucoup de temps tout seul, dehors, à contempler l’horizon. C’est là d’où vient mon inspiration. De la solitude.

 

 


RENCONTRE AVEC LE REALISATEUR DAVID MACKENZIE



Hell or High Water a été renommé Comancheria pour sa sortie en France. Que pensez-vous de ce titre ?

Le titre d’origine du film était Comancheria. Je l’ai tourné sous ce nom. Mais les distributeurs américains ont préféré le changer. Ils l’ont testé, ils testent beaucoup de choses avant la sortie des films, et les réactions n’étaient pas très bonnes. Ce titre n’inspirait pas le public américain. Les distributeurs ont cherché un titre qui évoquerait l’ambiance du film. Hell or High Water (contre vents et marées) a engendré beaucoup plus d’intérêt de la part du public américain. Mais je suis vraiment heureux que la France ait gardé Comancheria. C’est le nom donné à cette terre des Comanches où se déroule le film. Elle est située dans l’Ouest du Texas et au Nord du Nouveau-Mexique. C’est génial de voir les affiches du film avec son titre initial dans les rues de Paris.

 

Qu’est ce qui est si fascinant à propos de l’Ouest du Texas dans les yeux d’un écossais ?

J’avais passé du temps dans la ville d’Alpine avec un ami écossais il y a quelques années. J’en garde un très bon souvenir. Les gens y sont généreux et le paysage est impressionnant. C’est là qu’ont été tournés des films comme Giant et There Will Be Blood. Le paysage y est très évocateur. Je me suis dit que j’adorerai tourner un film là-bas. Sept plus tard, je suis tombé sur le scénario de Comancheria. Le Texas que vous montrez paraît presque hors du temps avec ses cowboys, ses armes, ses villes désertes… Quand Taylor Sheridan a écrit le scénario, il l’a pensé comme un témoignage sur la transformation de cette région et la disparition de l’old west. Ce changement est le cœur du film. Cette terre qui a été dérobée aux indiens a de nouveau été volée mais cette fois-ci par les banques et les institutions financières qui s’efforcent à ce que les fermiers s’endettent et soient à leur merci. Les armes sont omniprésentes dans Comancheria. Tout le monde est armé à commencer par les simples citoyens. Pour nous français, c’est aberrant. Pour moi aussi, cela l’est. Mais c’est la réalité du Texas. Ils ne cachent même pas leurs armes, ils les portent à la ceinture comme les cowboys. C’est leur droit. Pour les lobbys d’armes, si les gentils ont des armes, ils peuvent repousser les criminels et se défendre. Le problème est que la frontière entre les deux devient floue. C’est un peu l’histoire du film. Qui est méchant, qui est gentil ? Jusqu’où les personnages sont-ils prêts à aller pour combattre la pauvreté, les injustices et protéger leur famille ? Le film n’est pas moralisateur. Je ne voulais pas le finir avec un point de vue qui tranche.

 

Chris Pine n’a jamais été aussi bon dans un film que dans le vôtre. Il est génial. Pour une fois, il ne joue pas le justicier invincible ou le tombeur. Il est anxieux, essaie de mener son plan jusqu’au bout et est un peu sale. J’espère que c’est une facette de lui que les gens vont vouloir revoir. Que Ben Foster et Chris Pine soient amis dans la vie était une bonne chose pour vous ?

Oui. Bien que s’ils ne se connaissaient pas, on les aurait quand même choisi. Le plateau de tournage était très chaleureux. Je voulais que tout le monde ait le sentiment de faire partie d’une famille. J’ai pu passer pas mal de temps avec Chris et Ben, ce sont des types vraiment biens.

 

Sont-ils aussi drôles que dans le film ?

Oui. D’ailleurs, il y a pas mal de choses improvisées entre eux que l’on a gardé. Comancheria est drôle par plein d’aspects. On rit beaucoup même si son sujet est grave.

 

Le scénario contenait-il déjà cet humour ?

C’est un film sérieux mais c’est un avantage de pouvoir être léger et en roue libre parfois pour contrebalancer. Plusieurs de mes films jouent avec ces deux aspects. Quand j’ai lu le script, je ne l’ai pas trouvé drôle. Taylor Sheridan aborde son travail très sérieusement. Son univers n’est pas amusant. Sicario n’était pas drôle du tout et j’ai vu une partie du film qu’il vient de réaliser, Wind River, et ce n’est pas drôle non plus. C’est peut-être mon interprétation qui était différente de la sienne. La scène avec la serveuse et Jeff Bridges que je trouve hilarante était écrite telle quelle mais n’avait aucun second degré. On n’a pas changé un mot. Le script était très fort, très puissant.

 

Qu’incarne Jeff Bridges pour vous en tant qu’acteur ?

Il y a trois films qu’il a tourné dans les seventies lorsqu’il était encore jeune que j’ai eu en tête pour Comancheria. Fat City de John Huston (1972) où il est un jeune boxeur chez les fermiers de Californie du Nord, Le Canardeur (1974) de Michael Cimino avec Clint Eastwood et La dernière séance (1971). Ces trois films sont géniaux et ont tous Jeff Bridges en tant qu’acteur. Ils sont inscrits dans l’ADN de Comancheria. Le premier braquage du film se passe à Archer City là où La dernière séance a été tourné. Il y a une indéniable connexion.

 

Comment est Jeff Bridges sur un tournage ?

Il est impliqué. Il n’est pas nostalgique, il est toujours au sommet de son art, il a toujours beaucoup à donner. Il est très créatif et inventif. Il y a des moments dans le film où il partait dans l’improvisation. Et c’était souvent réussi. Travailler avec un acteur aussi emblématique, qui a participé à tant de films que j’admire et le voir toujours aussi investi, est un pur plaisir. De plus, c’est un type sincèrement gentil. On trainait ensemble le soir, on jouait de la guitare, on rigolait ensemble. Je me suis senti chanceux. Gil (Birmingham, son partenaire mi indien mi mexicain dans le film) et lui jouaient de la musique ensemble dès qu’ils en avaient l’occasion. Les acteurs qui vieillissent ne sont pas toujours aussi créatifs et impliqués.

 

La musique a toujours eu une place très importante dans vos films.

Pour Comancheria, elle apporte énormément. J’ai toujours essayé de travailler différemment avec la musique à chacun de mes films. J’ai collaboré avec David Byrne de The Talking Heads pour Young Adam (2003 avec Erwan McGregor), avec The Pastels, un super groupe écossais, pour The Last Great Wilderness (2002), avec Craig Armstrong, bien que le résultat n’ait pas été utilisé… Pour Comancheria, le propos était la country. J’ai une culture country et Ben Foster a été parfait pour me faire découvrir des artistes que je ne connaissais pas. On a écouté de la country pendant toute la préparation et pendant le tournage. Cela a été la bande-son de nos vies pendant plusieurs mois. On utilisait déjà un titre de Nick Cave et Warren Ellis, du coup on leur a demandé de signer le score. Ils ont fait un super boulot.

 

Avez-vous une chanson préférée dans le film ?

En dehors du score que j’adore, au milieu du film, il y a une séquence montée sur “I’m not afraid to die” de Gillian Welch. Le film est alors à un tournant. On comprend que tout va mal finir. J’adore cette séquence. La plupart des chansons du film proviennent de ma discothèque personnelle.

 

Que pensez-vous qu’il se passe après le film entre Jeff Bridges et Chris Pine ?

J’imagine que Jeff reprend une enquête, creuse de plus en plus à la recherche d’éléments qui culpabiliseraient Chris Pine et qu’il finit par y avoir une seconde confrontation. Chris est probablement tué ou arrêté. Mais il sait que ce moment arrivera et il a sécurisé le futur de ses enfants. Du moins, c’est ce que j’imagine. Mais cela pourrait se passer autrement. C’est une fin ouverte. L’intérêt était justement de s’arrêter avant.