2010-Facebook story

Avant de vous parler de son 8ème film sorti en 2010, trois autres depuis je souhaitais vous parler du réalisateur. En lisant en détail sa filmographie j’ai constaté que j’avais vu tout ses films avec une nette préférence pour celui-ci et si je devais en conseiller trois j’y ajouterais L’étrange destin…et The Game. Son parcours est typique des réalisateurs à Hollywood. D’abord travailler dans l’ombre, apprendre encore et toujours sur toutes les techniques de l’image pour acquérir une qualité essentielle auprès des producteurs…Savoir travailler vite en respectant les délais et si en plus vous apportez un plus créatif alors vous pouvez faire carrière. Classé parmi les réalisateurs « visuels ». Issu du monde des effets spéciaux et des vidéoclips, sa maîtrise est parfaite sur les techniques photographiques et de postproductions. Tout comme Stanley Kubrick, réputé pour son perfectionnisme et très attaché aux détails, il peut tourner un très grand nombre de prises de ses plans et séquences (une centaine de prises avec Rooney Mara et Jesse Eisenberg de la scène d’introduction de The Social Network). Les génériques de ses films sont par ailleurs très travaillés et soignés. Les réalisateurs américains sont très fort dès l’intro présenter les personnages (Taxi Driver)

 

 

 

Ses films ont en commun la thématique de la douleur psychique ou physique causée par le combat entre le bien et mal, l’enfermement, la solitude, l’obsession ou encore l’aliénation.

 

 

David Fincher est né le 28 août 1962 à Denver, Colorado. Sa mère, Claire, est infirmière psychiatrique. Son père, Howard, connu sous le nom de Jack Fincher, est journaliste et chef de service pour le magazine Life. À l’âge de 2 ans, David et sa famille déménagent à Anselmo, en Californie. Le réalisateur Georges Lucas est alors un de ses voisins. Inspiré par le western Butch Cassidy et le Kid, Fincher commence à faire des films avec une caméra 8 mm dès l’âge de 8 ans. Il débute comme «technicien à tout faire»  devient technicien des effets spéciaux pour le film d’animation Twice upon a time sorti en 1983. Il est engagé par une société d’effets spéciaux où il travaille sur des films comme Star Wars, épisode VI : Le Retour du Jedi, L’Histoire sans fin, Le Secret de la pyramide et Indiana Jones et le Temple maudit. Sur ce dernier film, il est à l’origine de l’effet visuel de la scène où Harrison Ford est suspendu à une échelle dans le vide, les autres techniciens ne parvenant pas à créer cette illusion. 1984, il tourne une publicité préventive destinée à avertir les femmes enceintes des dangers du tabac pendant leur grossesse. Diffusée à la télévision elle montre un fœtus en train de fumer attire l’attention des producteurs d’Hollywood. 1986, il s’associe pour fonder la société de production Propaganda Films et donne naissance à la révolution MTV grâce à ses vidéoclips. Il continue ensuite à réaliser des publicités et de nombreux vidéoclips pour Michael Jackson, Madonna, The Rolling Stones et George Michael avant de se tourner vers le cinéma.

 

 

FILMOGRAPHIE

 

1992 : Alien 3

1995 : Seven

1997 : The Game

1999 : Fight Club

2002 : Panic Room

2007 : Zodiac

2008 : L’Étrange Histoire de B. Button

2010 : The Social Network

2011 : Millénium

2014 : Gone Girl

2020 : Mank

 

 

 

 

 

 

Années 1990 : Alien 3, Seven, The Game et Fight Club…Premier long métrage Alien 3, succédant ainsi à Ridley Scott et James Cameron mais de nombreux désaccords avec la production surviennent durant le tournage et le montage et perd le final cut. Seven raconte l’histoire de deux détectives (Brad Pitt et Morgan Freeman) traquant un tueur en série machiavélique (Kevin Spacey) dont les meurtres sont commis à la suite de la violation d’un des sept péchés capitaux, j’ai détesté la fin. Ce thriller permet à Fincher d’être reconnu. The Game est son troisième film. Un riche homme d’affaires (Michael Douglas) accepte de participer à un mystérieux jeu de rôle qu’il a reçu en cadeau par son frère (Sean Penn) à son anniversaire. 1999, Fight Club sort avec Brad Pitt, Edward Norton et Helena Bonham Carter. Film riche d’un point de vue philosophique, violent et sombre, portant un regard critique sur la société de consommation. Le film est un échec au box-office, il est depuis considéré comme un film culte.

 

Années 2000 : Panic Room, Zodiac et L’Étrange Histoire de Benjamin Button…Les studios lui proposent un « film de commande », Panic Room. Fincher renoue avec le succès au box-office. Après cinq ans d’absence et plusieurs projets avortés David Fincher réalise son sixième long-métrage Zodiac qui s’inspire d’un des tueurs en série les plus célèbres de l’histoire des États-Unis : le tueur du Zodiaque qui sévissait en Californie entre 1966 et 1978 et qui a particulièrement marqué David Fincher lorsqu’il était enfant “Je me souviens avoir demandé à mon père ce que faisaient policiers qui encadraient nos bus de ramassage scolaire. Il m’avait expliqué qu’un tueur équipé d’un fusil à longue vue envisageait de tuer des enfants qui partaient de bon matin à l’école. J’avais la sensation d’être confronté au mal absolu”. L’Étrange Histoire de Benjamin Button 2008. une nouvelle de Francis Scott Fitzgerald qui raconte l’histoire d’un homme qui naît dans le corps d’un vieillard et qui va rajeunir jusqu’à sa mort. Brad Pitt, avec qui il collabore pour la troisième fois, et l’actrice Cate Blanchett y tiennent les rôles principaux. Le film remporte trois Oscars lors de la 81e cérémonie des Oscars : l’Oscar de la meilleure direction artistique, l’Oscar du meilleur maquillage et l’Oscar des meilleurs effets visuels.

 

Années 2010, entre cinéma et télévision…David Fincher revient en 2010 avec The Social Network retrace la création du célèbre réseau social Facebook. Jesse Eisenberg, Andrew Garfield, Justin Timberlake, Armie Hammer, Rooney Mara intègrent la distribution. Le film remporte aussi l’Oscar du meilleur scénario adapté pour Aaron Sorkin, et l’Oscar du meilleur montage. Millénium : Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes, David Fincher s’intéresse pour la troisième fois à un tueur en série avec Daniel Craig et Rooney Mara. Après l’annulation de son projet d’adaptation de Vingt mille lieues sous les mers, le réalisateur se concentre donc sur le film Gone Girl avec Ben Affleck et Rosamund Pike, le film devient le plus gros succès de David Fincher au box office avec au total 368 millions de dollars à travers le monde. Sur ces dix dernières années comme beaucoup d’autres grands réalisateurs David Fincher produit et tourne des épisodes de série à succès.

 

The Social Network (2003)…« On ne peut pas avoir 500 millions d’amis sans se faire quelques ennemis »Phrase qui résume parfaitement ce que raconte l’aventure humaine autour d’un concept simple pour deux jeunes étudiants d’Harvard en quête de reconnaissance. Mark Zuckerberg (Jesse Eisenberg) et son “ami” Eduardo Saverin (Andrew Garfield) vont créer  “The Facebook” et bouleverser la communication individuelle dans le monde et en passant leur vie en bien, en mal ? à vous de décider. A suivre une analyse publiée à la sortie du film qui rejoint mon ressenti.

 

Andrew Garfield, and Jesse Eisenberg

ANALYSE. En ouvrant sur Ball and Biscuit des White Stripes son film, David Fincher pose d’emblée le thème de son film…L’homme derrière Facebook et non pas le réseau social en lui-même comme on pourrait le penser. Le choix de la chanson n’est pas anodin car la particularité de cette chanson est qu’elle repose sur un riff qui se répète et des paroles dans lesquelles un homme tente de raisonner une femme. Face à face, Rooney Mara et Jesse Eisenberg se livre à ping pong verbal qui tient tout juste de l’exploit technique. Mêlant adroitement une multitude de thèmes, ce débat tient du slowburn tant l’impressionnant débit affiché par Jesse Einsenberg nous fait voguer d’un thème à l’autre. Que l’on ne s’y trompe pas, la mise en place des thèmes du film est là, l’exclusion social, culturel et plus clairement la solitude.

 

Rejeté dès la première scène, Zuckerberg tente alors de se venger comme il peut en créant un site permettant de comparer les femmes entre elles. Mais pas n’importe quelles femmes, celles que les gens connaissent personnellement. De cette vengeance stupide née l’idée que développe Fincher dans la plupart de ses films à avoir notre obsession pour le voyeurisme et surtout il peaufine la caractérisation de son personnage en nous rappelant que Zuckerberg n’est pas le dernier des tocards. La route du génie asocial se devine mais sa trajectoire ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui sans sa rencontre avec les jumeaux Winklevoss.

 

De cette rencontre, l’idée de Facebook va commencer à émerger à ceci près que les deux jumeaux, brillamment interprétés par le seul Armmie Hammer, veulent créer un réseau exclusif fait uniquement pour les gens d’Harvard. L’idée de Zuckerberg est alors diablement étonnante venant d’une personne aussi asocial puisqu’il veut en faire un réseau accessible à tous. De sa propre solitude il tire l’idée que personne ne devrait être mis à l’écart et surtout il mise la réussite de son site sur son coté cool. Cette opposition dans l’idée du réseau social globale va plus loin que la simple vision d’un projet, elle incarne l’opposition de deux mondes. D’une part celui des jumeaux, la haute classe à qui rien n’est inaccessible et qui a tout ce qu’elle désire et d’autre part celui de Zuckerberg où la vie est un combat de chaque instant pour parvenir à ses fins. Film aux multiples facettes, The Social Network ne s’attarde que très peu sur le titanesque travail effectué par Zuckerberg pour créer son site car de son propre aveu…

 

Ça n’intéresse personne de me voir coder…”

 

En offrant, un récit qui relate les deux procès auxquels à du faire face l’inventeur de Facebook, Fincher parvient à mettre un récit à deux vitesses grâce à la double opposition que représente Eduardo Saverin (le meilleur ami de Mark) et les jumeaux Winklevoss. Traitant habilement son sujet, Fincher n’oublie pas d’offrir une réalisation parfaite en tout point avec par exemple cette fantastique parabole qu’est la scène de la course d’aviron où les jumeaux luttent jusqu’au bout mais finissent tout de même par perdre. Porté par une mise en scène remarquable, des acteurs remarquables, une B.O remarquable, The Social Network est un portrait social plus qu’une simple histoire sur la construction d’une entité. En opposant, le social du réseau à l’asocial de son créateur on se retrouve paradoxalement avec l’un des meilleurs films sur la génération 2.0.