2006-Film Chorale

15 ans après je garde en moi cet enchevêtrement de vies bouleversées par un geste, un acte, une musique présente et si simple, trois lieux, trois cultures si opposées et pourtant totalement liées. Depuis j’ai vu suivi et vu tous les films de Iñárritu avec à chaque fois énormément de plaisirs mais aussi de tension. 5 ans après son dernier film toujours rien à l’horizon…A suivre.

 

 

VIES PERCUTÉES

 

 

« Trilogie de la mort » González Iñárritu est un réalisateur, scénariste et producteur mexicain, né le 15 août 1963 à Mexico. Dès son premier film Amours chiennes 2000, qui révèle Gael Garcia Bernal, Iñárritu impose un style et une réalisation singuliers qui tapent dans l’œil d’Hollywood, qui le considère comme un réalisateur à surveiller. Après le succès de son premier film, il tourne deux suites aux États-Unis, 21 grammes 2003 et Babel 2006, qui auront tous deux un succès commercial inattendu, mais surtout un succès critique. Il reçoit pour Babel le Golden Globe du meilleur réalisateur, le Prix de la mise en scène du Festival de Cannes et l’Oscars 2007 de la meilleure musique de film (Gustavo Santaolalla).

 

 

il tourne à Barcelone un film sombre avec la présence de la ville catalane en arrière fond, Biutiful 2010, avec Javier Bardem (prix d’interprétation à Cannes).Avec Birdman 2014  il décroche de nombreuses récompenses, reçoit en 2015 trois Oscars Meilleur réalisateur & Meilleur film (il est également producteur). The Revenant 2015, intégralement tourné en lumière naturelle avec Leonardo DiCaprio et Tom Hardy. Le film est une nouvelle fois un pari technique et Iñárritu réalise l’exploit de recevoir une deuxième année de suite l’Oscar du meilleur réalisateur. À son palmarès…4 Oscars et premier réalisateur mexicain à avoir gagné le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes en 2006.

 

 

 

Filmographie

 

2000 : Amours chiennes (Amores perros)

 

2003 : 21 grammes (21 Grams)

 

2006 : Babel

 

2010 : Biutiful

 

2014 : Birdman

 

2015 : The Revenant

 

 

 

 

« Babel » de Alejandro Gonzalez Inarritu est une vraie réussite, et fait partie de ces films dont le souvenir vous hante, des mois après son visionnage. Comme son titre l’indique, il évoque les liens entre les peuples, initialement réunis dans la fameuse tour de Babel, et réussissant alors à communiquer, puis éclatés et incapables de s’unifier de par leurs différences de langages. De différences de cultures et de comportements au travers du monde il est plutôt question ici, tout comme d’un effet « papillon » initié par un événement en apparence anodin, qui par ricochets, revêt des conséquences dramatiques tout autour du globe.

 

 

Le réalisateur mexicain y évoque de mystérieux liens entre un couple de touristes américains, leur nourrice mexicaine, un homme d’affaire japonais et sa fille, et une famille de paysans marocains. Le puzzle qu’il construit minutieusement sous nos yeux fait preuve d’une maîtrise absolue de l’engrenage et de l’impact émotionnel, même si l’on ne voit pas très bien au départ la manière dont la partie japonaise du récit s’imbrique dans l’ensemble. Le scénariste, Guillermo Arriaga, déjà auteur de « Trois enterrements » de Tommy Lee Jones, use de fausses pistes et d’un décalage temporel inattendu qui créent la surprise derrière l’implacable logique. Moins désespérément triste que « 21 grammes », « Babel » est aussi plus linéaire et donc plus accessible, mais fait preuve d’une montée en tension tout aussi efficace, accompagnée par la sublime musique de Gustavo Santaolala, qui s’adapte au passage aux différentes cultures abordées. Auteur d’ « Amours chiennes » et de « 21 grammes », Inarritu dénonce l’individualisme grandissant, inhérent à une société de plus en plus inégalitaire, mettant en vis à vis paysans vivant dans la pauvreté et touristes au sentiment d’insécurité exacerbé. Il pointe également l’absurdité des comportements autoritaires de la police des frontières, qui au lieu de porter secours aux gens, voit en chacun de supposés clandestins avant des êtres humains. La résonance de son propos est d’autant plus forte, alors que des manifestations monstres ont lieu aux USA pour la reconnaissance des droits des millions de travailleurs immigrés, venus notamment du Mexique, pays d’origine du réalisateur, et nécessaires à la survie de l’économie américaine…

 

Son discours est servi par un casting international de grande tenue. En tête, Brad Pitt, surprenant, les cheveux grisonnants, les yeux cernés, compose à merveille un père aussi désemparé que déterminé. Il est l’un des éléments clés de cette palpitante grande histoire, à l’issue jusqu’au bout, incertaine, qui met en avant la seule valeur commune entre les hommes de toutes nationalités: protéger sa famille, que ce soit par le mensonge, la violence, ou encore la fuite. Bouleversant, tout simplement.