Kanazawa semble avoir été conçue à une autre échelle. Les principaux lieux que nous souhaitons découvrir…Le château, Kenroku-en, les quartiers historiques, les sanctuaires, les musées, les maisons de thé et les anciens quartiers de samouraïs sont concentrés dans un espace relativement réduit. Ici, la voiture est inutile et les transports deviennent presque secondaires. Tout se fait à pied. En quelques kilomètres seulement, nous passons du marché aux sanctuaires, de l’architecture contemporaine aux anciennes demeures de samouraïs, puis des jardins historiques aux quartiers traditionnels. Une autre manière de découvrir le Japon. Après l’immensité verticale et ferroviaire de Tokyo, Kanazawa nous offre quelque chose de plus calme, plus compact, plus humain.




Premier jour à Kanazawa. La grisaille, elle, ne nous quittera pas de la journée. Un ciel bas, une lumière presque monochrome et cette petite pluie fine qui semble avoir décidé de nous accompagner partout. Mais après tout, Kanazawa est aussi une ville qui sait vivre avec la pluie, et nous allons rapidement nous y adapter. En fin de matinée, nous commençons par le marché central de Kanazawa, véritable cœur vivant de la ville. Après quelques jours passés dans l’immensité de Tokyo, le changement d’échelle est immédiat. Ici, tout paraît plus proche, plus accessible, presque à taille humaine. Les étals débordent de poissons, de fruits de mer, de légumes, de produits locaux et de spécialités de la région d’Ishikawa.
ENSEIGNES LUMINEUSES AU DESSUS DES ETALS ET MAGASINS DU MARCHE












Au cœur de Kanazawa se trouve Ōmichō Ichiba, que les habitants surnomment depuis longtemps « la cuisine de Kanazawa ». Son histoire remonte à l’époque d’Edo, lorsque les Maeda dirigeaient le puissant domaine de Kaga. Depuis plus de 300 ans, le marché est lié à l’approvisionnement alimentaire de la ville. Il n’est donc pas un marché créé récemment pour les touristes car il appartient véritablement à l’histoire quotidienne de Kanazawa. À l’origine, sa fonction était avant tout pratique, faire arriver les produits nécessaires à la population d’une grande ville féodale. Kanazawa était alors l’une des villes les plus importantes du Japon, et la richesse du domaine de Kaga permettait à sa population de profiter d’une alimentation particulièrement variée. Le marché a traversé les siècles et s’est progressivement transformé, mais sa fonction essentielle est restée la même celle de vendre ce que la région produit et ce que la mer apporte. La mer du Japon est toute proche et elle nourrit largement le marché. Poissons, crabes, crevettes, coquillages, fruits de mer, les produits de la pêche occupent une place considérable. On y trouve également des fruits et légumes de la région de Kaga, des produits alimentaires, des épiceries, des magasins spécialisés, quelques commerces du quotidien et surtout de nombreux restaurants. Aujourd’hui, le marché compte plus de 170 commerces. On peut y venir simplement faire ses courses, acheter du poisson pour le repas du soir, déjeuner dans un petit restaurant ou, comme beaucoup de visiteurs aujourd’hui, découvrir la gastronomie de Kanazawa.
Les habitants continuent de venir y acheter leurs produits. En semaine, on peut même davantage ressentir cette dimension locale, avec les conversations entre commerçants et clients et cette atmosphère de marché de quartier. Le guide officiel de Kanazawa souligne d’ailleurs que les jours de semaine permettent de mieux retrouver cette identité de « cuisine de Kanazawa ». Aujourd’hui, Ōmichō est devenu l’une des grandes étapes touristiques de Kanazawa. Les visiteurs viennent particulièrement pour les restaurants et le célèbre kaisendon, ce grand bol de riz couvert de poissons et fruits de mer crus. Certains produits sont devenus de véritables vedettes saisonnières comme le crabe des neiges, la sériole et les crevettes de la mer du Japon sont particulièrement recherchés lorsque la saison arrive, notamment à partir de novembre pour le crabe.




























Tokyo nous avait impressionnés par son immensité, ses gares, ses métros, ses foules et ses quartiers qui semblent parfois être des villes à eux seuls. À Kanazawa, nous commençons autrement. Nous commençons par manger. Nous entrons dans un marché vieux de trois siècles, nous regardons les poissons, les fruits de mer, les légumes, les petits restaurants, les commerçants et les clients et quelque part, nous découvrons déjà une partie de l’identité de la ville. Ōmichō est beaucoup plus qu’un marché touristique, c’est un endroit où le Kanazawa d’aujourd’hui continue de vivre dans un lieu qui existait déjà lorsque les samouraïs des Maeda parcouraient les rues de la ville. C’est aussi ce qui rend votre déjeuner du premier jour assez symbolique…Avant les musées, les jardins et les quartiers historiques, nous avons commencé par la cuisine de Kanazawa. Finalement, pour découvrir une ville, ce n’est peut-être pas la plus mauvaise porte d’entrée.






La pluie est là, mais Kanazawa pens aux visiteurs trop optimistes avec des parapluies transparents vendus à la chaîne qui semblent faire partie du paysage japonais au même titre que les distributeurs automatiques. Notre première étape, le sanctuaire Oyama-jinja, consacré à Maeda Toshiie (1538–1599) fondateur du puissant clan Maeda qui régna sur le domaine de Kaga pendant près de trois siècles. Le sanctuaire possède une architecture assez surprenante pour un lieu religieux japonais traditionnel. Sa porte principale, construite à la fin du XIXᵉ siècle, mélange influences japonaises, chinoises et occidentales. Sa partie supérieure évoque davantage certains édifices occidentaux que l’architecture traditionnelle des sanctuaires shinto. Aujourd’hui, nous ne chercherons pas à tout découvrir. La lumière sombre, les pierres mouillées, les arbres ruisselants et les couleurs atténuées par la pluie donnent au lieu une atmosphère particulière. Pour une fois, l’absence de soleil semble presque convenir au sanctuaire. Nous reviendrons sur nos pas pour prendre le temps de présenter Oyama-jinja, son histoire et surtout le rôle considérable des Maeda dans l’histoire de Kanazawa.






Direction le XXIe siècle vers le Musée d’art contemporain du XXIᵉ siècle de Kanazawa. Le bâtiment, inauguré en 2004, est déjà à lui seul une œuvre d’art. Conçu par les architectes japonais Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa, du célèbre cabinet SANAA, il ne ressemble pas aux musées traditionnels. Pas de façade monumentale donnant l’impression d’entrer dans un temple de la culture. Ici, le bâtiment est circulaire, largement ouvert sur la ville, avec de grandes parois vitrées et plusieurs entrées. L’idée est presque de supprimer la frontière entre le musée et la ville.
Et puis il y a les œuvres…Pendant près de deux heures, nous passons d’une installation à l’autre, parfois séduits, parfois intrigués, parfois franchement perplexes. Comme souvent dans l’art contemporain, toujours ? les démarches artistiques sont pour le moins contrastées. Certaines œuvres nous interpellent immédiatement. Elles parlent de notre époque, de l’environnement, de la société, de la condition humaine ou de notre rapport au monde. L’engagement de certains artistes est total et nous oblige à réfléchir.






D’autres installations nous laissent beaucoup plus dubitatifs…Nous cherchons parfois le sens, nous essayons de comprendre la démarche de l’artiste, nous nous interrogeons…Mais peut-être est-ce justement cela, l’art contemporain celui de ne pas toujours donner de réponse, parfois même provoquer l’incompréhension. C’est le XXIᵉ siècle…Finalement, cette visite ressemble assez bien à notre voyage…Nous découvrons, nous comparons, nous nous étonnons et nous acceptons de ne pas toujours comprendre.




En quittant le musée, nous poursuivons à pied vers le quartier des samouraïs de Nagamachi. Le changement d’ambiance est saisissant. En quelques minutes, nous quittons le monde de l’art contemporain pour retrouver celui du Japon féodal. Les rues sont étroites, bordées de murs en terre et de clôtures traditionnelles. Derrière ces murs vivaient autrefois les familles de samouraïs au service des Maeda. Nagamachi rappelle ainsi que Kanazawa n’est pas simplement une jolie ville japonaise préservée, elle fut pendant l’époque d’Edo l’une des grandes puissances féodales du Japon. Le domaine de Kaga, dirigé par les Maeda, était immensément riche. Sa puissance économique et politique permit à Kanazawa de développer les arts, l’artisanat, la culture et une architecture raffinée. À Kanazawa, l’histoire des samouraïs et celle des arts sont intimement liées.


Le samouraï était avant tout un membre de la classe guerrière du Japon féodal. Le mot désigne littéralement celui qui « sert » il était au service d’un seigneur, le daimyō, auquel il devait fidélité. Contrairement à l’image populaire du guerrier constamment armé de son sabre, le samouraï était aussi administrateur, fonctionnaire, diplomate, gestionnaire et parfois homme de culture. À Kanazawa, c’est particulièrement important. Pendant l’époque d’Edo (1603-1868), les samouraïs étaient au service du clan Maeda, qui dirigeait le très riche domaine de Kaga. Ils étaient organisés selon une hiérarchie précise…Les familles les plus importantes occupaient les demeures les plus prestigieuses, tandis que les samouraïs de rang inférieur vivaient dans des quartiers plus modestes. Le célèbre quartier de Nagamachi, que vous avez traversé, était précisément l’un de ces quartiers résidentiels de samouraïs. Contrairement à ce que montrent beaucoup de films, leur vie quotidienne était rarement faite de combats.
Pendant les longues périodes de paix de l’époque d’Edo, notamment après le XVIIᵉ siècle, beaucoup de samouraïs passèrent davantage de temps à administrer leur domaine, gérer les finances, écrire, étudier ou pratiquer les arts martiaux qu’à combattre. Le bushidō, souvent présenté aujourd’hui comme « le code du samouraï », est également plus complexe que l’image d’un code unique et immuable. Les valeurs de loyauté, d’honneur, de discipline et de maîtrise de soi ont bien existé, mais leur formulation et leur importance ont évolué selon les périodes et les milieux. En 1868, la restauration de Meiji transforme profondément le Japon. Le système féodal est progressivement supprimé et le pouvoir est recentralisé autour de l’empereur. Puis, dans les années 1870, le gouvernement crée une armée nationale moderne, et les privilèges spécifiques de la classe samouraï disparaissent progressivement. Le port du sabre est notamment interdit aux anciens samouraïs en 1876. En quelques années, une classe sociale qui avait dominé le Japon pendant plusieurs siècles cesse donc d’exister en tant que catégorie officielle.
Il n’existe évidemment plus de classe samouraï au Japon mais leur héritage est partout. Dans les anciens quartiers comme Nagamachi, dans les châteaux, les jardins, certaines traditions martiales, la littérature, le cinéma, les musées et une partie de l’imaginaire japonais. À Kanazawa, cet héritage est particulièrement visible parce que la ville a conservé de nombreux témoignages de l’époque des Maeda. Un Japonais d’aujourd’hui ne se définit pas comme « samouraï » simplement parce qu’il descend d’une famille de samouraïs. Certaines familles peuvent effectivement avoir une ascendance samouraï documentée, mais cette origine n’est plus un statut social. Et c’est justement ce qui rend votre promenade à Nagamachi intéressante : vous ne visitez pas un décor de samouraïs, vous marchez dans un ancien quartier résidentiel où des familles de cette classe ont réellement vécu. Nous ne découvrons pas seulement les samouraïs tels que les films nous les ont racontés. Nous découvrons une classe sociale qui, pendant des siècles, a servi, administré et protégé le Japon, avant de disparaître avec la naissance du Japon moderne. Les murs sont encore là, les maisons parfois aussi, mais les samouraïs, eux, appartiennent désormais à l’histoire.


L’époque d’Edo : 1603–1868 / L’époque d’Edo commence en 1603, lorsque Tokugawa Ieyasu devient shōgun. Le Japon sort alors de plus d’un siècle de guerres entre seigneurs.
1. La montée : 1600–1650/ Après la bataille de Sekigahara en 1600, Ieyasu devient l’homme le plus puissant du Japon. En 1603, il fonde le shogunat Tokugawa. Le principe est simple, l’empereur reste à Kyoto, mais le pouvoir réel appartient au shōgun. Les grands seigneurs, les daimyō, contrôlent leurs territoires mais doivent obéir au shogun. Les samouraïs constituent l’ossature militaire et administrative de ce système. C’est aussi à cette époque que les Maeda vont faire de Kanazawa une ville exceptionnelle. Le domaine de Kaga devient l’un des plus riches du Japon. Les Maeda investissent dans les infrastructures, l’agriculture, l’artisanat et surtout les arts et la culture.
2. L’apogée : XVIIᵉ–XVIIIᵉ siècle / C’est paradoxalement pendant cette longue période de paix que la culture des samouraïs se développe le plus. Il y a beaucoup moins de guerres. Le samouraï n’est donc plus seulement un guerrier. Il devient aussi administrateur, fonctionnaire, gestionnaire, lettré. Les villes se développent. Edo l’actuelle Tokyo devient une gigantesque métropole. Osaka devient le grand centre commercial et Kyoto reste le cœur culturel et impérial. À Kanazawa, cette richesse permet l’épanouissement des arts avec la laque, céramique, teinture, orfèvrerie, théâtre, jardins et architecture. C’est le moment où Kanazawa atteint son véritable âge d’or.
3. La descente / À partir du XVIIIᵉ siècle, le système commence à montrer ses faiblesses. Le Japon reste très stable politiquement, mais cette stabilité a un prix. Les dépenses des domaines augmentent, les finances de nombreux samouraïs se dégradent et le système féodal devient progressivement moins adapté à l’évolution économique du pays. Les marchands, officiellement placés très bas dans la hiérarchie sociale, deviennent pourtant de plus en plus riches. Le monde réel commence à changer plus vite que l’ordre social. Au XIXᵉ siècle, une autre menace apparaît celles des puissances occidentales. En 1853, les navires américains commandés par le commodore Matthew Perry arrivent dans la baie d’Edo. Le Japon comprend brutalement que le monde extérieur possède des technologies militaires et navales auxquelles il doit désormais répondre. En quelques années, les oppositions politiques deviennent de plus en plus fortes. En 1868, c’est la restauration de Meiji. Le shogunat Tokugawa disparaît. Le pouvoir impérial est restauré et le Japon entreprend une modernisation extrêmement rapide sur son industrie, chemins de fer, armée nationale, administration moderne, école…Avec cette transformation disparaît progressivement le monde des samouraïs. Les anciens daimyō perdent leurs domaines. Les samouraïs perdent leurs privilèges. En 1876, le port du sabre en public est interdit aux anciens samouraïs.

Pendant plus de deux siècles, les samouraïs japonais ont fasciné l’imagination des occidentaux. Ces hommes d’armes étaient de redoutables guerriers qui appartenaient à la plus haute caste de l’empire du soleil levant. Ils étaient sous les ordres d’un daimyo ou bien d’un shogun (c’est un seigneur de guerre). C’est au 12ème siècle, que la première dictature nippone fut établie. On l’appela le shogunat. Les samouraïs et leurs suzerains successifs détenaient le pouvoir pendant toute la période du Japon.
Ce n’est qu’à partir de 1868 que le déclin total des samouraïs s’est manifesté. L’empereur Meiji récupéra le pouvoir impérial qui lui était du en modernisant le pays du soleil levant avec une grande ère de développement industriel. Il interdit le port des sabre japonais (katana) car il s’agissait du symbole iconique du samurai…Le symbole samourai réside dans les éléments qui composent son armure à savoir, son katana, son heaume et son masque japonais. La culture guerrière a eu un impact énorme sur l’évolution de l’archipel. Aujourd’hui au Japon, l’essence des vertus militaires samouraï comme le courage, l’intelligence et la discipline influencent toujours la société nippone.


1. Vivre selon le code Bushido…Les samouraïs agissaient tout en respectant un code d’honneur de combattant, appelé le bushido, ce qui signifie la voix du guerrier. Ce concept se rapproche beaucoup du code chevaleresque des histoires occidentales car ils reposent tous les deux sur la même éthique.
2. Dark Vador était un samouraï ? Son casque intègre une sorte de protège cou qui s’inspire des armures samouraïs, on appelle ce casque un kabuto.
3. Que signifie samouraï ? Samouraï est un terme japonais dont l’origine provient de « saburau ». Cela signifie, « ceux qui servent dans l’entourage de la noblesse ». C’est pourquoi, les combattants nippons étaient aussi appelés buke ou bushi.
4. Est-ce qu’il y avait des femmes samouraïs ? Les femmes japonaises prenaient part aux combats. On le sait notamment d’après des tests ADN prélevés sur le champ de bataille de Senbon Matsubaru. On y a découvert 35 corps de femmes…
5. Que signifie Ronin ? Il existait des samouraïs qui vivaient en dehors de la société japonaise. C’était le cas de ceux qui n’avaient ni maître ni seigneur suite à une disgrâce ou à la mort de l’un d’eux. On les surnommait des ronin. Cela signifie « homme errant ». Ils étaient mal vus au sein de la société, car dans les coutumes japonaises, chaque guerrier devait honorer la mort de son maître en pratiquant le rituel du seppuku (aussi appelé Hara-kiri). Il s’agit d’un suicide traditionnel, ou le guerrier vêtu d’un simple kimono s’ouvre le ventre à l’aide d’une lame. Un samouraï errant devenait la plupart du temps des mercenaires. Ce qui va à l’encontre du code moral bushido…
6. Les 47 ronin…Même si les ronin avaient une mauvaise image, le conte des 47 ronin montrent à quel point un samouraï sans maître peut être honorable…Après la mort de leur chef, il décidèrent de le venger plutôt que de mettre fin à leur jour. Ils tuèrent le responsable de sa mort après avoir réussi plusieurs exploits guerriers, comme vaincre son armée sans essuyer aucune perte dans le camps des Ronin…Aujourd’hui, il y a même des films et des mangas à leur effigie…
7. Miyamoto Musashi le ronin invincible…C’est l’un des combattants japonais les plus connus de l’histoire des îles nippones. C’est un samouraï ronin qui aurait vaincu 61 adversaires en combat singulier au cours de sa vie. Il était invincible grâce à sa maitrise du sabre à deux lames. En 1614, il affronta le terrible Sasaki Kojiro, surnommé « Démon des provinces de l’Ouest ». Il maniait une épaisse lame japonaise. Pour perturber son adversaire Miyamato arriva grandement en retard pour le duel. Et pour pousser son adversaire dans ses retranchements, il se permis même de venir uniquement muni d’une simple épée en bois. Bien entendu, il remporta la victoire.
8. La coiffure samouraï…Le samouraï se distinguait énormément par sa coupe en chignon que l’on appelle en anglais « top knot ». C’est une coiffure japonaise que portait les guerriers. L’intérêt de cette coiffure nippone repose avant tout sur la praticité et non l’esthétisme…Elle permettait de porter le casque samouraï tout en ayant les cheveux tirés en arrière.
9. Pourquoi les samouraïs se rasent une partie du crane ? Au Japon féodal, la plupart des samouraïs se rasaient la tête en plus de porter un chignon en haut du crane. Le port du casque était plus agréable…Il fallait bien mettre toutes les chances de son côté pendant un combat…
10. Le Kabuto japonais...Pour se protéger contre les épées et les flèches, les samouraïs portaient un casque Kabuto. Il était en métal, et couvrait le front, le visage et le cou. Il était coutume d’également porter un masque Mempo. Ces masques japonais traditionnels représentaient un démon Oni ou un fantôme Yurei. Ce sont des créatures fantastiques et malfaisantes du folklore japonais et de la religion Shinto…
11. La hiérarchie samouraï…Les samouraïs représentent une classe aristocratique organisée selon une hiérarchie bien établie. Ces guerriers travaillaient au service de seigneurs féodaux appelés daimyos. L’empereur avait beau représenter le pouvoir, les daimyos se devaient de servir la dynastie du shogunat qui était réellement à la tête du Japon. L’empire du Japon était organisé comme une dictature militaire et l’empereur était un simple pantin.
12. L’impératrice Jingu…Jingu est l’une des premières Onna-bugeisha du Japon. Après la mort de son mari au combat, elle lança une invasion sur les terres coréennes. Le conte japonais raconte qu’elle trouva le chemin de la victoire perdre un seul soldat. Elle aurait fait appel aux pouvoirs des kami. Ce sont des dieux japonais. Cette histoire reste une légende, néanmoins, l’Onna-bugeisha Jingu est devenue une référence nippone à l’image des idéaux samouraïs.
13. Quelles sont les huit vertus guerrières du samouraï ? Nitobe Inazo scinda le bushido en 8 vertus au 20ème siècle afin d’unifier la grande idéologique samouraï. Ces huit vertus comprennent le courage, la loyauté, le devoir, l’honneur, l’honnêteté (sincérité), le respect, la maîtrise de soi, et enfin de la bienveillance…
14. Les courbes des sabres japonais…Les lames des samouraïs n’ont cessé d’évoluer au fil du temps, s’incurvant de plus en plus avant de finir par devenir le sabre que nous connaissons tous aujourd’hui, le katana.


15. L’arme japonaise des femmes samouraïs…Les femmes guerrières se battaient avec une sorte de lance à la lame incurvée appelée Naginata. C’est une arme très légère et maniable durant les batailles.
16. L’armure samouraï…L’armure d’un samouraï était très esthétique mais son principal objectif était la mobilité. La manière de se battre était très différente de celle des chevaliers en armure occidentaux qui étaient lents et puissants…L’armure était plus légère pour faciliter la rapidité et la vivacité des attaques
17. Le chokuto…Avant le développement du katana, les guerriers étaient munis d’une arme nommée chokuto. C’est un petit sabre droit et fin utilisé par les combattants à pied avant le 10ème siècle…
18. La classe des samouraïs…Contrairement à ce que l’on imagine, les samouraïs représentaient près de 6 à 8% de la population nippone. Il ne représentaient donc pas uniquement une force armée d’élite. À eux seuls, ils formaient une classe sociale à part entière.
19. Pourquoi les samouraïs ont deux sabres ? On reconnaît les samouraïs grâce aux deux sabres qu’ils portent à la ceinture, leur katana et leur wakizashi. Le katana est une épée longue que les guerriers pouvaient facilement dégainer sur le champ de bataille. Tandis que le wakisashi est une épée courte utilisée dans les espaces restreints comme une forêt de bambou ou les couloirs d’un fief (château japonais). On appelait cet ensemble d’armes un daisho. Un expert en art martial utilisait ses sabres pour tromper l’ennemi sur le style d’attaque qu’il allait porter…
20. Qui avait le droit de porter le Daisho ? Dans le Japon médiéval, certains individus portaient des armes sans être pour autant samouraï. C’est le cas d’Eugène Collache, un officier marin français qui s’est battu au 19ème siècle pour la République d’Ezo. Il y a aussi eu John Henry Schnell, un allemand qui était instructeur militaire au même siècle.
21. Est-ce que les samouraïs étaient tous japonais ? Les légendes japonaises précisent qu’il y eu de nombreux samouraïs occidentaux. Cependant, on ne connaît l’existence que de quelques uns. L’un des plus connus est William Adams, un anglais qui travaillait auprès de la Compagnie hollandaise des Indes orientales en tant que marin. Son bâteau fut l’un des seuls à parvenir jusqu’au pays au soleil levant. Il s’y installa avec son second Jan Joosten. Il devint rapidement important auprès du Shogun Tokugawa Ieyasu. Ils furent tous deux considérés comme des samouraïs à part entière. Adams avait une famille qu’il laissa derrière lui en quittant l’Angleterre. Il se fit renommer Miura Anjin par Tokugawa. Adams reconstruisit sa vie sans jamais retourner en Angleterre. Il y a également Yasuke le samouraï noir, connu pour sa force et sa brutalité.
22. Le mariage samouraï…A l’époque, les mariages des samouraïs étaient souvent arrangés par un individu de rang similaire ou supérieur. Il était courant que les guerriers se marient à une femme issue d’une lignée de samouraï. Les samouraïs de classe inférieur faisaient parfois le choix de se marier à des roturières car elles avaient une dot importante. Cela permettait de supprimer les dettes du mari, d’acheter une nouvelle maison et une tonne de sushis…
23. Onna-Bugeisha signification…Samouraï est un mot masculin, cependant, il existait dans la classe dirigeante des combattantes nippones que l’on surnommait Onna-bugeisha. Elles se battaient au côté des hommes durant les guerres des clans. La plus connue est Tomoe Gozen réputée pour ses grandes qualités guerrières…
24. Se battre plus intelligemment…On a souvent l’image du samouraï avec son katana mais ils utilisaient également d’autres armes selon les situations. Avec le temps, les samouraïs ont appris à développer de stratégies de groupe. Les lances sont venues s’ajouter à leur attirail guerrier, ainsi que les yumis. Ce sont des grands arcs en bambou laminé.
25. La grandeur des guerriers samouraïs…Les samouraïs sont très impressionnants vêtus de leur gigantesque parure. Mais ces grands guerriers étaient de petites tailles et ne dépassaient pas les 1,50m au 16ème siècle.
26. Les règles du code samouraï…De nombreux aspects du code des samouraïs ont perduré malgré les évolutions de la société. Parmi les règles du code, seul les guerriers de classe supérieure avaient le droit de monter à cheval. Paradoxalement, c’était aussi le cas des seigneurs et chevaliers occidentaux…
27. Qu’est ce que le Wakashudo ? Au même titre que les Spartiates, les samouraïs étaient très ouverts d’esprit avec les relations qu’ils entretenaient avec les autres hommes. Le wakashudo, était une relation entre un samouraï en apprentissage et samouraï qui a de l’expérience (un sensei). C’était une pratique extrêmement conseillée et pratiquée. Le wakashudo samouraï n’est pas souvent évoqué, car il ne met pas en avant la virilité des hommes…
28. La plus grande arme est une bonne éducation…L’éducation était un aspect capital pour la formation d’un bon samouraï. Leur niveau de lecture et d’écriture étaient excellentes, de même que leur niveau en mathématique. À la même époque, les européens étaient bien moins avancés qu’eux au niveau intellectuel.


29. Arts et artisanat japonais…Les samouraïs étaient aussi très cultivés. Ils étudiaient les domaines artistiques, tels que la poésie Haiku, les arrangements floraux Ikebana, la peinture Ukiyo-e (estampes japonaises), la conception de jardins japonais et le respect des codes pour la cérémonie du thé.
30. La couleur de peau…Les Japonais étaient à l’époque très attentifs à leu couleur de peau. Ils tenaient à maintenir une descendance pure. Dans la mentalité japonaise de l’époque, lorsqu’un samouraï était clair de peau, cela signifiait qu’il ne descendait pas de la race impure des Ainou. C’est un groupe ethnique qui était dénigré et considéré comme inférieur.
31. Le divorce samouraï…Lors des mariages avec des samouraïs, il était possible de divorcer. Néanmoins, cela arrivait rarement car cela signifiait rembourser la dot. C’est aussi un affront pour le mari ou la femme…
32. Le dernier samouraï…La dernière bataille impliquant des samouraïs fut celle de Shiroyama lors de la rébellion de Satsuma en 1867. Le shogunat Tokugawa était énormément contesté, ce qui déclencha une rébellion. La restauration Meiji entraîna la chute des samouraïs avec l’arrivée de l’influence occidentale et de leurs armes à feu
33. La plume ou le katana…Tu ne t’en doutes peut-être pas, mais un grand nombre de samouraïs ont abandonné les armes pour user de leur plume afin de faire éclater les vérités après la Restauration Meiji par l’empereur japonais. Beaucoup sont devenus écrivains ou journalistes. Certains ont même pris la tête journaux japonais.
34. Vêtement samouraï japonais…Les vêtements japonais samouraïs sont pour l’époque innovant en matière de style. Ils étaient conçus pour permettre aux combattants de se déplacer et de se battre de façon plus fluide. Leur ensemble se compose d’un hakama, c’est un large pantalon japonais, et d’un hilatare, c’est un long cardigan japonais aux manches longue qui offre une grande mobilité.
35. Le ninja Hatori Hanzo…Parmi les ninjas les plus connus de l’histoire nippone, Hatori hanzo est l’un des plus importants. Il a sauvé le shogun Tokugawa en le protégeant de ses ennemis. Il fut grandement récompensé et devint un proche du shogun.
36. Arme à feu samouraï…Les armes ne cessant d’évoluer, les samouraïs abandonnèrent leurs arcs lorsque la poudre à canon entra en circulation sur l’archipel nippon. Ils privilégièrent alors les Tanegashima, des fusils de longues distances à platine à mèche qui furent très utilisés dès le 16ème siècle.
37. Mourir selon le code : seppuku…Afin de respecter le code d’honneur de la voie du guerrier, ce dernier réalisait le seppuku après une défaite, ou si sa légitimité était remise en question. Le guerrier s’ouvrait le ventre et se faisait décapiter par un autre guerrier afin d’abréger sa souffrance. Stephen Turnbull affirmait « Dans le monde des guerriers, le seppuku était un acte de bravoure admirable pour celui qui se savait vaincu… Ou mortellement blessé. »
38. Comment se déroule le seppuku ? Comme dit plus haut, le seppuku est une méthode rituelle de suicide par éventration. Cette pratique fut beaucoup utilisée comme peine de mort pour ceux qui ne respectaient pas le code. Cette punition se tenait devant un public lors d’une cérémonie ritualisée.
39. Le shogun Tokugawa…Connu pour être un des shoguns les plus célèbres de l’histoire nippone. Il était à la tête du shogunat Tokugawa, qui dura près de 268 ans, à partir de 1600. Ce fut le dernier shogunat avant la restauration Meiji. Cet homme était réputé pour sa patience et sa sagesse. Cependant, il unifia le pays en ayant beaucoup de sang sur les mains. Il tua sa famille simplement pour transmettre un message politique à ses adversaires et montrer de quoi il était capable…
40. Les devoirs des épouses japonaises…Si le mari est déshonoré, la femme devait aussi s’ôter la vie. Les japonaises s’attachaient les genoux afin que leur corps reste dans une position gracieuse après s’être tranché la gorge.
41. Nakano Takeko : l’amour entre sœurs…Dans les plus grandes histoires de samouraïs, Nakano Takeko est de loin la plus connue. Elle était la chef des Joshitai, une armée de femme indépendante lors de la bataille d’Aizu en 1868. Elle fut formée aux arts martiaux dès son plus jeune âge. En 1868, elle reçue une balle en pleine poitrine. Elle demanda à sa sœur de l’achever et de prendre sa tête pour que l’ennemi ne puisse la récupérer comme trophée.
42. Le dernier empereur…Lors de la période Heian, l’empereur voulu prolonger son règne. Il engagea des combattants venus d’un clan voisin. Il s’agissait de chefs militaires qui prirent le nom de shogun. À l’origine ce terme était supposé être un simple titre sans grand pouvoir et pourtant l’histoire nous montra le contraire. Au fil du temps, ce titre gagna en importance, et l’empereur perdit petit à petit le pouvoir. Il fut remplacé par la puissance militaire des shoguns et des samouraïs.



En terme de style, les samouraïs ont aussi marqué le monde de la mode car les kimono japonais, ou les masques traditionnels sont toujours portés par les fans de streetwear ou les amateurs de cosplay. Ces guerriers redoutables ont eu une telle importance que l’idéologie samouraï continue d’imprégner la société japonaise. Les nobles principes du bushido sont partagés au sein des dojo de Kendo (escrime japonaise), ou encore dans les cours d’Aïkido, de Judo, de Karaté et de Sumotori. Les mafieux Yakuza utilisent eux aussi certains de leurs principes moraux. C’est dire à quel point leur code de conduite a influencé les japonais…
Le BUSHIDO…Un code de conduite moral non écrit. Aujourd’hui encore, il influence la pensée et la société japonaise. Ses premiers concepts sont nés il y a près de mille ans, avant même la création du mot samouraï. Le contenu précis du code du Bushido a varié au cours de l’histoire, la classe des samouraïs étant passée sous l’influence de la pensée bouddhiste zen et confucéenne. Ces idéaux d’honneur et de vertu restent d’actualité pour les pratiquants d’arts martiaux, pour les athlètes ou au sein de l’armée japonaise. Bushido signifie « la voie du guerrier » : bu (les pratiques martiales), shi (le guerrier), dō (la voie). Sept vertus le structurent…Droiture, loyauté, honneur, respect, honnêteté, courage et sincérité. Le mot apparaît tardivement, au XVIe siècle, alors que les idéaux se forment dès l’époque de Kamakura (1185-1333). L’interdiction du port du sabre en 1876 met fin à la classe des samouraïs, pas à son héritage moral. Le « Bushido impérial » des années 1930-1945 est une récupération politique, pas une continuité du code ancien.
Le Japon est entré dans sa période féodale en 1185. Pourtant, le nom de Bushido n’apparaît dans les textes qu’au XVIe siècle. L’idée du code, elle, se forme bien plus tôt, pendant l’époque de Kamakura (1185-1333). Ce code moral japonais s’est construit du XIIe au XIXe siècle. Durant cette période, les samouraïs faisaient partie des armées du shogun (将軍), le chef du gouvernement militaire. En tant que général des armées, le shogun tenait aussi un rôle politique de premier plan. Le mot samouraï vient du verbe saburau (侍う), qui signifie « servir ». Avant d’être une caste guerrière prestigieuse, ces hommes étaient d’abord des serviteurs armés au service d’un seigneur. Du XIIIe au XVIe siècle, la littérature japonaise célébrait le courage et l’intellect du guerrier, le dévouement extrême de la caste des combattants samouraï à la famille et au clan, ainsi que la soumission des vassaux envers leur seigneur, le daimyō (大名). La grande guerre civile connue sous le nom de guerre de Genpei (1180-1185) opposa les clans Minamoto et Taira. Ce conflit conduisit à la fondation de l’époque de Kamakura et de son shogunat. Cette guerre marqua le passage du pays du soleil levant de sa période antique à son ère médiévale. Elle déclencha aussi le début de l’ère des samouraïs et les conquêtes menées vers un royaume unifié et plus pacifique. Cette ère de guerriers a duré près de sept siècles, jusqu’à la fin du shogunat Tokugawa en 1867. Au cours de la période Tokugawa, les formes d’art appréciées des samouraïs se sont épanouies. On y trouve la cérémonie du thé, les jardins de rocaille et l’arrangement floral ikebana (生け花). Un style de peinture unique s’est également développé sur les estampes japonaises de l’époque d’Edo. L’ordonnance des maisons militaires (Buke shohatto) est publiée en 1615. Ce texte demandait aux samouraïs de s’entraîner non seulement aux pratiques martiales, mais aussi à la civilité et à la politesse. C’est à cette époque que les principes du Bushido sont devenus une référence de conduite pour la société japonaise. Le respect et la bonne tenue que l’on observe partout au Japon ont été fortement influencés par les samouraïs, ainsi que par le bouddhisme et le confucianisme.
DEUX GRANDS FILMS DE KUROSAWA SUR CETTE PERIODE.





Dans l’ensemble, le code du Bushido appelle à l’appréciation et au respect de la vie. Il enseigne que chacun doit donner l’exemple, exprimer sa bienveillance et faire preuve de compassion. Cette dimension cérémonielle se lit aussi sur l’équipement. Le mempo (面頬), le masque facial du guerrier, servait autant à protéger qu’à imposer une présence. C’est la pièce qui résume le mieux l’esprit de cette période.
La droiture (義 gi) / La justice est la vertu la plus importante pour le samouraï. Un samouraï n’attaque pas l’ennemi sans raison. Les guerriers avaient un mode de vie particulier, et leur existence entière dépendait de ces sept principes.
La loyauté (忠義 chūgi) / La loyauté vient juste après. Le samouraï doit toujours rester fidèle à son maître. Il doit croire que son devoir de le protéger donne un sens à sa vie.
L’honneur (名誉 meiyo) / Une vie sans honneur n’en est pas une. Si un samouraï commet une faute grave, il lave son nom par le seppuku (切腹), suicide rituel aussi appelé harakiri. Nous évoquons dans notre article sur les Ronin japonais l’histoire des 47 samouraïs qui se sont donné la mort. Un Ronin (浪人) est un samouraï sans maître, et le plus connu d’entre eux reste Musashi Miyamoto.
Le respect (礼 rei) / Un samouraï respecte toujours son adversaire, avant comme après le combat. Même vainqueur, il traite la dépouille de son ennemi avec dignité.
L’honnêteté (誠 sei) / Un samouraï ne ment pas. La tromperie n’a pas sa place dans sa conduite.
Le courage (勇 yū) / Un samouraï se bat sans peur de la mort, parce qu’il combat pour ce en quoi il croit.
La sincérité (誠 makoto) / Un samouraï ne change pas de chemin. Il est comme la libellule, qui avance toujours et ne recule jamais.
Ces principes ne formaient pas un règlement figé. Chaque clan, chaque école martiale en donnait sa propre lecture, ce qui explique les variations d’un texte historique à l’autre. Le Bushido a atteint son apogée sous le règne du clan Tokugawa (1603-1867). Le gouvernement est devenu plus stable et la paix a duré près de trois cents ans. Peu à peu, les préceptes de la chevalerie et de la noblesse se sont faits cérémonieux, et les samouraïs se sont transformés en nobles de cour et en érudits. Leur rôle est passé de l’accomplissement militaire à un plan philosophique.
Le katana (刀) est le sabre japonais du samouraï. Il symbolise son esprit et sa fierté. Les samouraïs croyaient que leur âme guerrière habitait leur lame. L’objet était tenu pour sacré et ne sortait du fourreau qu’en dernier recours, au nom de l’honneur. Les samouraïs portaient aussi des sabres compagnons plus courts, le wakizashi (脇差) et le tantō (短刀). L’association d’un long sabre et d’une lame plus petite, le daishō, est devenue le symbole de l’armement traditionnel du guerrier. Pour découvrir les autres armes utilisées par les samouraïs, nous vous invitons à lire notre codex des armes japonaises, qui présente les armes et accessoires des guerriers japonais et des ninjas.



La période allant de 1853 à 1868 est connue sous le nom de Bakumatsu (fin de l’ère des Shogun). Elle se caractérise par la chute du shogunat Tokugawa. C’est la fin de la féodalité et le début de la modernisation de l’archipel japonais. De nombreuses batailles ont été livrées durant ces quinze années. La féodalité disparaît vite, mais l’histoire retient de grands exemples d’application du Bushido. Beaucoup de loyalistes Tokugawa se sont sacrifiés en sachant qu’ils défendaient une cause perdue. Les préceptes du code des samouraïs ont évolué comme une philosophie et un mode de vie liés à la forme féodale du gouvernement japonais. Le code tombe donc en même temps que le régime qui le portait. Après la chute du shogunat Tokugawa, un nouveau gouvernement est mis en place durant l’ère Meiji. Soutenu par les puissances occidentales, l’empereur abolit l’ancien système féodal qui donnait un grand pouvoir au shogun protégé dans son fief. Le nouveau gouvernement intègre rapidement la culture des nations occidentales. Le gouvernement Meiji publie en 1876 le décret Haitōrei, qui interdit le port du sabre en public. Privés de leur dernier privilège et de leurs revenus, les samouraïs disparaissent en tant que classe, et le bushido perd sa place dans le nouveau Japon.
Dès 1853, la voie du guerrier était pourtant profondément ancrée dans la psyché japonaise, avec ses récits d’actes héroïques, ses philosophies inhérentes aux arts martiaux et ses influences comportementales ressenties dans toute la société. Né de la rivalité entre clans et de l’ambition des seigneurs de guerre, le Bushido avait nettement évolué pour devenir un code éthique. Ce mode de vie a été balayé en quelques décennies. L’avènement de l’ère moderne et le renoncement à la guerre par un peuple qui l’avait pratiquée pendant un millénaire ont sonné le glas de cette organisation sociale. Même si le code du samouraï-bushido est mort en tant qu’institution, l’héritage du bushido et le stoïcisme de l’esprit samouraï perdurent dans la société japonaise moderne, dans la pratique des arts martiaux et dans la lutte sumo. Pendant plus de 700 ans, les samouraïs ont vécu et enseigné l’honneur, le devoir et le service. Ces vertus restent lisibles dans le Japon d’aujourd’hui. Les samouraïs ont contribué à poser les bases de la culture traditionnelle japonaise. On le voit dans la politesse et le respect dont les Japonais font preuve au quotidien. Le Bushido a favorisé l’éducation, l’écriture, l’arithmétique et l’éthique de la nation japonaise. Il a aussi nourri les beaux-arts et l’esthétisme de la culture japonaise. Les samouraïs apprenaient les plaisirs simples d’une tasse de thé et le contrôle de leurs émotions en toute situation. Cette attention au geste juste rejoint le Wabi-Sabi, cette beauté que l’on trouve dans l’imparfait et le modeste.
Le Bushido reste présent dans le sport japonais. Les entraîneurs de baseball appellent leurs joueurs « samouraïs », et l’équipe nationale de football est surnommée « Samurai Blue ». En conférence de presse, entraîneurs et joueurs y font régulièrement référence. Le mot désigne alors le travail acharné, l’esprit de fair-play et la combativité. Nulle part il n’est cité aussi souvent que dans le monde des arts martiaux. Le bushido est invoqué par de nombreux pratiquants d’arts martiaux. Les pratiquants étrangers qui se rendent au Japon pour étudier leur discipline sont souvent attachés à une version historique, et parfois idéalisée, du bushido. L’influence des samouraïs sur le Japon, elle, se fait encore sentir dans toute la société nippone. Elle se retrouve jusque dans les tenues inspirées des samouraïs que nous sélectionnons pour la boutique. Le bushido a été détourné à l’ère moderne. Avant la Seconde Guerre mondiale et pendant le conflit, le gouvernement japonais impose à ses citoyens une idéologie appelée « Bushido impérial ». Elle met l’accent sur l’esprit militaire, l’honneur, l’abnégation et une loyauté sans réserve envers la nation et l’empereur. Le Bushido a servi de propagande au gouvernement et à son armée, qui l’ont adapté à leurs besoins. Les spécialistes de l’histoire du Japon s’accordent à dire que ce Bushido impérial n’était pas la continuation des traditions éthiques antérieures. Les échos du seppuku ont été poussés à l’extrême par les troupes japonaises sur diverses îles du Pacifique, ainsi que chez les pilotes kamikazes, qui lançaient leurs avions sur les navires alliés. Les dérives ont été nombreuses. Les échelons supérieurs de l’armée impériale ont poussé des jeunes hommes à sacrifier leur vie alors que la guerre était perdue. Après la défaite du Japon, le peuple ne s’est pas levé pour combattre jusqu’au dernier souffle comme l’exigeait cette doctrine, et le concept de bushido a paru anéanti. Dans l’après-guerre, seuls quelques nationalistes ont continué d’employer ce terme. La plupart des Japonais s’en écartaient, en raison des liens de cette notion avec la cruauté, la mort et les excès de la Seconde Guerre mondiale.
La « voie des samouraïs » semblait éteinte pour de bon. À partir de la fin des années 1970, le boom économique du Japon a pourtant redonné de la fierté à cette nation vaincue. Quand le pays devient l’une des grandes puissances économiques mondiales dans les années 1980, le mot « bushido » revient dans les conversations, au Japon comme à l’étranger. Le livre qui a fait connaître le bushido en Occident, Bushido, l’âme du Japon d’Inazō Nitobe, a été écrit en anglais et publié en 1900. C’est lui qui a popularisé la liste des sept vertus telle qu’on la cite aujourd’hui. À cette époque, le terme désignait un travail acharné, la loyauté envers son entreprise et le dévouement à la qualité comme marque d’honneur personnel. La presse a même parlé de karōshi (過労死), la mort par surtravail, comme d’une forme contemporaine de sacrifice. Nul besoin d’aller jusque-là. Le Bushido que nous défendons chez Shogun Japon est celui de la voie du guerrier. Ces valeurs peuvent vous aider à progresser au quotidien, dans le respect des autres et de vous-même. C’est aussi ce que nous cherchons dans chaque masque de samouraï que nous sélectionnons : un objet qui rappelle une exigence, pas seulement un décor.

Du sabre du samouraï à l’avion du kamikaze, le Japon transforma
le devoir envers l’Empereur en devoir de mourir.
Le samouraï mourait pour son honneur. Le kamikaze, des siècles plus tard, mourait pour l’Empereur. Entre les deux, une même idée du sacrifice avait traversé l’histoire.
Du Bushidō au kamikaze…Quand l’honneur devint sacrifice.
A SUIVRE…