A votre santé…

La filière canne-sucre-rhum intègre à la fois une composante agricole, une dimension industrielle et une valorisation touristique. L’obtention de la seule appellation d’origine contrôlée pour un rhum (rhum agricole de Martinique) en 1996 a orienté l’ensemble des acteurs de la filière vers des efforts de qualité, dans un contexte de concurrence forte. Aujourd’hui, le spiritourisme est à la fois un moyen de communiquer autour de ces efforts et de capter des revenus touristiques.

 

Le rhum de la Martinique est le premier et le seul rhum agricole reconnu par une Appellation d’Origine Contrôlée, la première en milieu tropical. Sa particularité est la prédominance du rhum agricole qui représente plus de 80 % de sa production. Cette « anomalie typiquement martiniquaise » a été reconnue en 1996 avec l’obtention de l’AOC « rhum Agricole Martinique», remplacée en 2015 par « Rhum de la Martinique », et enregistrée au registre des Indications Géographiques (JORF du 31 décembre 2020).

 

 

 

 

Ce qui est remarquable dans le travail de transformation de la canne à sucre pour obtenir du rhum dans les distilleries existantes en Martinique c’est la volonté de magnifier et de scénariser l’outil industriel en laissant le visiteur déambuler dans tout le processus de fabrication sur un parcours sécurisé, tout proche des techniciens qui travaillent sur cette machinerie, véritable mélange savant entre l’ancien et les nouvelles technologies…

 

Visite de la société JM tout au nord de l’île, la première à débuter la saison 2024.

 

 

 

 

de l’île sucrière à l’île-terroir…

 

Île sucrière puis île rhumière, la Martinique est ainsi devenue une île-terroir, donnant à son rhum son authenticité. « dans le contenu d’un terroir, entrent un certain type de sol, un microclimat, des disponibilités en eau et surtout un savoir-faire collectif perfectionné de génération en génération, mais révélant toujours une facette des potentialités de l’espace considéré ». Intégrée depuis quatre siècles dans la filière canne-sucre-rhum, la production rhumière constitue, aujourd’hui encore, une activité essentielle de l’économie de la Martinique. La production est autour de 110 000 Hectolitres d’Alcool Pur (HAP) soit 17 millions de litres de rhum blanc à 55°. Avec 400 millions d’euros de chiffre d’affaires, cette activité représente 20 % de la valeur ajoutée de l’industrie agroalimentaire de l’île (IEDOM) et 8 % des recettes à l’exportation soit 42,6 millions d’euros (CODERUM).

 

 

 

 

Actuellement, le rhum est en tête des ventes des alcools blancs, devant la vodka et le gin, mais il est devancé sur le marché mondial des spiritueux par le whisky et le brandy. Certes, le rhum agricole Martinique n’occupe qu’une place infime à ce niveau, toutefois, il n’en constitue pas moins un fleuron de l’économie de l’île. En plus de l’enjeu principal qui visait la sauvegarde et le développement de la production rhumière, l’AOC a joué un rôle moteur dans ses mutations attestées par la concentration des entreprises, l’internationalisation des marchés mais également dans la détermination des professionnels à résoudre les faiblesses inhérentes au secteur. L’étude de la production rhumière de la Martinique est à ce titre exemplaire en ce qu’elle éclaire sur le rôle des acteurs privés et publics, et sur les évolutions d’une stratégie qui s’adapte à la mondialisation. Elle permet ainsi d’analyser les effets territoriaux d’une filière agro-industrielle dans le développement économique d’une petite entité insulaire.

 

 

 

 

Depuis 2006, la production de rhum agricole possède 8 distilleries dites fumantes qui réceptionnent la canne à sucre et produisent le rhum et 4 distilleries dites non fumantes. En vingt ans, l’appareil de production a connu une profonde restructuration marquée par la disparition de six unités industrielles. Cette rétraction de l’appareil de production est le résultat de l’accumulation de plusieurs handicaps, principalement la réduction des surfaces cultivées en canne, les difficultés financières qui ne permettaient pas le remplacement du matériel technique vieillissant, l’urbanisation et les normes de sécurité 2006-Dillon. Cela s’est traduit par la disparition totale de certaines distilleries…1982/1985 Bernus-Fort de France, Duquesne-Rivière Salée et Union-Maniba-Case Pilote. et un recentrage de la production avec une volonté de gagner en productivité pour d’autres…1986 Clément-Le François, 2003 Trois-Rivières-Sainte-Luce et Dillon.

 

 

 

 

Quatre distilleries produisent pour plusieurs autres marques : Saint-James (Saint James et Bally), Depaz (Depaz et Dillon), La Mauny (La Mauny,Trois-Rivières), Le Simon (Clément, HSE). Enfin, trois unités de production fabriquent exclusivement leur propre marque : Neisson, La Favorite, JM. Le rhum blanc agricole de la marque A 1710 est fabriqué dans une distillerie indépendante. Après des décennies de fermeture, en 2016, a été ouverte la distillerie A 1710, au François, à proximité de l’usine du Simon, destinée à la fabrication de rhum agricole (non AOC). En effet, la production est innovante, alliant les méthodes d’antan (alambic en cuivre) et les plus récentes (colonnes à distiller).

 

 

 

 

Les distilleries fumantes se distinguent des 4 distilleries dites non fumantes qui ne fabriquent plus de rhum mais ont été reconverties en sites touristiques ( habitation Clément, habitation Saint-Étienne, Dillon et Trois-Rivières ). Ces unités de production contribuent à maintenir localement l’activité agrico-indsutrielle avec un maillage très équilibré sur l’ensemble du territoire de la Martinique. Parmi les distilleries fumantes quatre sont situées dans le Nord (JM, Neisson, Depaz, Saint-James), une au centre (La Favorite) et trois dans le Sud (Simon, La Mauny). Cette distinction spatiale doit tenir également compte de l’existence des anciennes structures de production qui maintiennent certaines activités in situ. Ainsi les rhums Clément et Saint-Etienne (HSE) sont vieillis et commercialisés dans le cadre de leur ancienne distillerie, respectivement, l’habitation Acajou au François et l’habitation Saint-Étienne au Gros-Morne.

 

 

 

 

La campagne rhumière et sucrière se déroule chaque année du mois de février au mois de juin. Plus des deux tiers de la canne à sucre récoltée sont destinés aux distilleries et à l’élaboration du rhum agricole, le solde revenant à la fabrication du sucre. Après trois années de recul, les 220 000 tonnes de la campagne 2020 ont redonné espoir aux professionnels martiniquais. Les distilleries se sont partagé 181 300 tonnes de canne (82 %) laissant 38 700 tonnes à la sucrerie du Galion. Néanmoins, la production de cette matière première est non seulement insuffisante, elle est de plus irrégulière. En réalité « les besoins en canne de l’île se situeraient davantage autour de 250 000 à 270 000 tonnes ».

 

 

 

 

La culture de la canne à sucre est très sensible aux aléas climatiques. Depuis une dizaine d’années, les intempéries en série avec sécheresse, inondations, tempêtes tropicales-Mathew/2016 et Maria/2017 ont ralenti la croissance, gêné les récoltes et fait baisser la teneur en sucre des tiges. La sécheresse très forte de 2019 a persisté en 2020, en étant moins drastique dans le Nord que dans le Sud. Les distillateurs ont tout de même bénéficié d’un meilleur rendement pour la production rhumière. « En 2020, nous avons eu un peu de pluie pendant la période de croissance de la canne, ce qui a permis d’avoir de la quantité, et nous avons eu ensuite une bonne sécheresse qui nous a permis d’avoir du rendement, c’est-à-dire du sucre ».

 

 

 

 

En Janvier 2023, nous étions en Inde dans la campagne du Karnataka, un très bel état du Sud de l’Inde. Comme de nombreuses autres activités, les travaux agricoles s’effectuent encore manuellement. Ici, récolte de la canne à sucre…

 

 

 

 

 

 

La Martinique est la deuxième plus grande productrice de rhum. Si elle a longtemps produit du rhum de mélasse, elle peut revendiquer être la patrie d’origine du rhum agricole. Un style qu’elle défend fièrement depuis l’obtention d’une appellation d’origine contrôlée. Fort de ses traditions créoles et de son AOC, le rhum martiniquais occupe une place vraiment à part sur la planète rhum. Des plantations au vieillissement en passant par la fermentation et la distillation, chaque distillerie des Caraïbes œuvre pour élaborer le meilleur rhum.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le rhum agricole de l’île de Martinique est un produit élaboré à partir de pur jus de canne, liée à la culture créole et antillaise depuis le XVIIe siècle. Le rhum martiniquais est aujourd’hui l’un des rhums les plus réputés, nobles et qui possède depuis 1996 un label AOC Martinique, totalement unique dans le monde des spiritueux. Premier AOC d’outre-mer de France, il vous garantit une production, un terroir et un savoir-faire des hommes, perpétué au fil des générations. Il existe en Martinique sept distilleries fumantes en activité produisant du rhum agricole. Les Rhums du Monde sélectionnent pour vous des marques et des produits de qualité en rhum blanc, vieux ou millésime : Rhum agricole La Favorite, rhum Saint James, rhum blanc ou vieux Clément, rhum Trois Rivières, rhum La Mauny, rhum Dillon, rhum Neisson, rhum Depaz, rhum HSE habitation Saint-Étienne.

 

 

 

 

 

 

A SUIVRE…