15/ Fendre la foule…

Dimanche 11 octobre, journée consacrée aux sorties en famille au Japon. Et demain, lundi 12 octobre, est un jour férié national avec le Sport no Hi, la Journée du sport. Une occasion supplémentaire pour les Japonais de profiter de quelques heures de liberté et de partir à la découverte de leur pays. Le Japon compte habituellement 16 jours fériés nationaux par an, auxquels s’ajoutent certaines journées de repos résultant de la disposition du calendrier. En 2026, le 22 septembre est notamment un jour férié supplémentaire, tandis que le 6 mai est un jour de congé lié à la succession des jours fériés de la Golden Week.

 

Nous comprenons que ce ne sera pas l’idéal pour découvrir les sites les plus célèbres de Kyoto dans le calme. Notre départ tardif de ce matin nous conduit à Fushimi Inari alors que la fréquentation est déjà importante. Dès la sortie du train, le ton est donné, la foule nous entraîne vers le sanctuaire, sous un soleil éclatant qui ne nous quittera plus de la journée. Nous sommes venus découvrir ce lieu emblématique du Japon, connu pour ses milliers de portiques rouges qui s’enfoncent dans la montagne. Ici, chaque torii est une offrande, un témoignage de reconnaissance ou un espoir de prospérité adressé à la divinité Inari. En temps normal, on imagine volontiers un lieu propice au recueillement, à la méditation et à une forme de communion avec la nature.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais aujourd’hui…Silence et contemplation laissent place aux conversations, aux arrêts répétés pour photographier ce décor exceptionnel. Nous nous engageons malgré tout dans cet incroyable assemblage de portiques vermillon. Les uns derrière les autres, ils forment un long tunnel dont les couleurs contrastent magnifiquement avec le vert profond de la forêt. L’architecture est spectaculaire, presque irréelle. Pourtant, nous avançons à petits pas, au rythme d’une foule compacte qui transforme la promenade en un véritable piétinement. À la première station, nous décidons de faire demi-tour et d’emprunter un autre chemin pour redescendre. La fréquentation y est nettement moins importante. En quelques instants, nous avons presque l’illusion de nous retrouver seuls au milieu de la montagne. Le bruit s’éloigne, la lumière traverse les arbres et le sanctuaire semble retrouver une partie de son mystère. Cette parenthèse sera toutefois de courte durée…Il faut accepter ce paradoxe. Nous sommes heureux de découvrir des lieux hors du temps, chargés d’histoire et de spiritualité, mais nous devons désormais partager cette expérience avec des milliers d’autres visiteurs. Le tourisme de masse, auquel nous sommes moins habitués dans nos précédents voyages, devient ici une réalité concrète.

 

 

Le Japon est un pays insulaire dont la population et les grandes villes se concentrent sur une partie relativement limitée de son territoire. L’île principale, Honshū, s’étire sur environ 1 300 kilomètres du nord au sud et rassemble les plus grandes agglomérations…Tokyo, Yokohama, Nagoya, Kyoto, Osaka et Hiroshima. Cette concentration humaine, à laquelle s’ajoute l’attractivité mondiale du patrimoine japonais, contribue à expliquer la fréquentation de certains lieux devenus incontournables. Nous poursuivrons notre journée avec un sentiment partagé, le bonheur de découvrir, la satisfaction d’être ici et, parfois, une certaine frustration de ne pas pouvoir profiter pleinement de ces endroits comme nous l’aurions souhaité. Voyager, c’est aussi cela, apprendre à composer avec l’imprévu, modifier ses attentes et accepter que la réalité ne corresponde pas toujours à l’image que l’on s’était construite.

 

 

 

 

 

 

La montagne aux mille portes rouges…

 

À Kyoto, le sanctuaire de Fushimi Inari-taisha est l’un des lieux les plus fascinants du Japon. Célèbre dans le monde entier pour ses milliers de portiques rouges qui serpentent sur les flancs d’une montagne boisée, il est bien plus qu’un site spectaculaire pour les photographes. Un lieu de spiritualité profondément ancré dans la vie japonaise depuis plus de 1 300 ans. Ici, le rouge vermillon des portes, le vert sombre des arbres, les statues de renards et les petits sanctuaires nichés dans la forêt composent un univers presque mystérieux. Le sanctuaire aurait été fondé en 711, bien avant que Kyoto ne devienne la capitale impériale du Japon, en 794. Il est consacré à Inari, une divinité japonaise associée principalement au riz, aux récoltes, à la fertilité, à la prospérité et, au fil du temps, au commerce et aux affaires. Dans le Japon ancien, le riz n’était pas seulement un aliment, il représentait la richesse, la survie et la stabilité de toute la société. Honorer Inari revenait donc à demander des récoltes abondantes et la protection des activités humaines. Au fil des siècles, les commerçants, les artisans, les entreprises et les familles ont multiplié les offrandes pour obtenir la réussite ou remercier la divinité de ses bienfaits. Aujourd’hui encore, des sociétés japonaises font inscrire leur nom sur les portes du sanctuaire pour exprimer leur gratitude ou solliciter la prospérité.

 

C’est l’image emblématique de Fushimi Inari, les TORII, ces portiques qui marquent traditionnellement l’entrée d’un espace sacré. Le vermillon est une couleur importante dans la tradition japonaise. Il est notamment associé à la protection contre les influences néfastes et à la vitalité. Les portes les plus célèbres forment le Senbon Torii, littéralement « les mille torii ». Elles sont si rapprochées que leurs montants composent de longs tunnels colorés, à travers lesquels la lumière se glisse par petites touches. La plupart ont été offertes par des particuliers, des commerçants ou des entreprises en remerciement d’une réussite ou dans l’espoir d’une protection future. Le nom du donateur et la date de l’offrande sont généralement inscrits au dos des portes. Il existe aujourd’hui plusieurs milliers de torii sur la montagne, avec des estimations souvent données autour de 10 000 pour l’ensemble du site. Chaque porte est donc à la fois un objet religieux, une offrande et une trace de l’histoire économique du Japon.

 

 

 

 

 

 

Plus vous montez, ce que nous n’avons pas fait les marches se succèdent et les portiques deviennent parfois moins imposants, laissant place à une atmosphère plus intime. Il faut compter environ 2 à 3 heures pour faire le circuit de la montagne, selon votre rythme et les arrêts. Fushimi Inari est un sanctuaire shinto, et non un temple bouddhiste. Cette distinction est intéressante au Japon, où les deux traditions coexistent depuis des siècles. Devant le pavillon de prière, le rituel habituel consiste à déposer une offrande si on le souhaite, s’incliner, faire sonner la cloche lorsqu’elle est présente, puis généralement s’incliner deux fois, frapper deux fois dans ses mains, prier en silence et s’incliner une dernière fois.

 

 

 

 

 

 

 

Les caractères japonais indiquent généralement le nom du donateur et la date de l’offrande. Chaque porte raconte ainsi une petite histoire de gratitude, d’espoir ou de réussite. À côté des grandes portes célèbres, vous trouverez de minuscules torii et des pierres gravées. Ils témoignent d’une foi plus personnelle, moins spectaculaire, mais tout aussi vivante. Au Japon, on estime qu’environ 40 à 60 % de la population se considère sans religion, selon les questions posées dans les enquêtes mais pourquoi voit-on pourtant autant de temples ? C’est tout le paradoxe japonais…Ne pas se considérer comme religieux ne signifie pas abandonner les traditions…Beaucoup de Japonais visitent les sanctuaires shinto au Nouvel An. Les funérailles sont souvent bouddhistes et les familles entretiennent les tombes de leurs ancêtres. Les mariages peuvent être célébrés selon des rites shinto ou occidentaux. Les fêtes traditionnelles restent très populaires, sans nécessairement impliquer une croyance religieuse personnelle. En résumé, au Japon, la religion est souvent davantage une pratique culturelle et familiale qu’une foi exclusive. C’est pourquoi vous pouvez visiter des dizaines de temples à Kyoto sans que la majorité des personnes que vous croisez se définissent comme croyantes. Les pratiques peuvent varier selon le lieu et la cérémonie. Les visiteurs ne sont pas obligés de participer…Observer discrètement est tout à fait approprié. On peut également acheter un omamori, une petite amulette, ou tirer un omikuji, un papier de prédiction qui annonce une bonne ou une moins bonne fortune. Ce qui frappe ici, c’est que la religion n’est pas seulement une affaire de grands discours ou de cérémonies officielles. Elle s’exprime aussi dans des gestes simples, répétés par des personnes ordinaires, parfois depuis plusieurs générations.

 

 

 

Il y a partout des statues de renards, parfois avec un objet dans la gueule. Dans la tradition, le renard est le messager de la divinité Inari, et non la divinité elle-même. Ces renards sacrés sont souvent représentés blancs, couleur qui évoque leur caractère surnaturel. Observez les objets qu’ils portent…Une clé représente la clé du grenier où l’on conserve le riz. Une gerbe ou un épi de riz, symbole de l’abondance et des récoltes. Une pierre précieuse évoque la richesse et la puissance spirituelle. Un rouleau peut représenter le savoir ou les enseignements. Ces statues sont parfois ornées de petits bavoirs rouges. Ces ornements témoignent des gestes de dévotion des visiteurs, qui viennent prier pour leurs proches, leur famille ou leur activité professionnelle. Le sanctuaire ne se limite pas aux bâtiments, il englobe le mont Inari, haut de 233 mètres, dont les chemins traversent la forêt et relient de nombreux petits lieux de prière. Le sanctuaire principal, avec ses bâtiments traditionnels et ses grandes portes. Le Senbon Torii, le fameux passage rouge, souvent très fréquenté. L’Okusha Hōhaisho, lieu de prière situé plus haut sur le parcours. Les petits sanctuaires de montagne, avec leurs lanternes, leurs pierres gravées et leurs statues.

 

 

 

Le kyōgen est l’une des plus anciennes formes de théâtre comique du Japon. Et ce qui est fascinant, c’est qu’il peut se jouer dans un lieu religieux comme Fushimi Inari, loin d’une salle de spectacle moderne.  Le kyōgen s’est développé au XIVe et au XVe siècle, pendant l’époque de Muromachi. Il est étroitement lié au nō, un théâtre japonais plus solennel, poétique et souvent mystérieux. Pendant des siècles, les deux arts ont été représentés ensemble, le nō pour la gravité et la beauté du geste, le kyōgen pour le rire et la satire. Contrairement au nō, qui met souvent en scène des dieux, des esprits ou des personnages historiques, le kyōgen s’intéresse aux gens ordinaires et à leurs défauts avec des serviteurs qui rusent pour tromper leur maître, des maris et des femmes qui se disputent, des personnages vaniteux, naïfs ou cupides, des situations absurdes où chacun essaie de tirer profit de l’autre. L’humour repose sur les dialogues, les jeux de mots, les mimiques et les gestes volontairement exagérés. Les histoires sont souvent universelles, les travers humains n’ont pas beaucoup changé en six siècles !

 

 

 

 

La voix est un véritable instrument théâtral. Les acteurs amplifient les intonations, les expressions et les mouvements pour rendre les personnages compréhensibles, même lorsque le public est éloigné. Un acteur peut déclamer avec énergie, interpeller son partenaire ou faire rire par une manière particulière de prononcer une phrase. Cela peut donner l’impression d’un discours passionné, voire politique, alors qu’il s’agit d’une scène comique. Le sanctuaire de Fushimi Inari est consacré à Inari, divinité associée notamment au riz, à la prospérité et aux récoltes. Les arts traditionnels japonais ont longtemps entretenu des liens avec les sanctuaires et les cérémonies destinées aux divinités.vLe nō et le kyōgen ont eux-mêmes des origines liées aux spectacles rituels. Certaines représentations ont ainsi une dimension culturelle et cérémonielle qui dépasse le simple divertissement.

 

 

UNE VISION QUI N’EXISTE QUE DANS LES PUBS DU PAYS AU SOLEIL LEVANT…

 

 

 

À Fushimi Inari, chaque porte semble ouvrir sur une autre porte, comme si le chemin ne devait jamais finir. Offertes par des générations de croyants, elles dessinent dans la montagne un passage entre le monde des hommes et celui des dieux. Derrière le rouge éclatant des torii se cachent des siècles d’espoirs, de gratitude et de traditions. Et lorsque l’on s’éloigne de la foule, le sanctuaire retrouve le silence de la forêt, comme une invitation à ralentir et à regarder autrement. C’est peut-être là le plus beau message de Fushimi Inari, un lieu sacré façonné au fil des siècles par des milliers de gestes humains, où chaque porte est à la fois une prière tournée vers l’avenir et un remerciement adressé au passé.

 

 

 

 

Kiyomizu-yama Cemetery, dans les collines de Kyoto.

 

 

 

 

Nous reprenons un TER Japonais pour remonter vers le nord est de la ville. Après une dizaine de station et une marche d’approche sous un soleil brûlant changement de décor…Le Kiyomizu-yama Cemetery, dans le secteur historique de Higashiyama, appartient à ces lieux de Kyoto où l’on découvre une autre facette du Japon, celle du rapport aux morts, aux ancêtres et à la continuité familiale. À proximité du célèbre temple Kiyomizu-dera, le paysage change rapidement. Aavant les rues animées, les boutiques et les foules de visiteurs, les pentes accueillent des espaces funéraires où les stèles de pierre se succèdent au milieu de la végétation. Il faut toutefois distinguer ce nom des autres cimetières du quartier, les appellations anglaises utilisées sur certaines cartes ne correspondent pas toujours à un nom officiel unique. Le secteur de Higashiyama est associé depuis des siècles aux rites funéraires. Dans l’ancienne capitale, les crémations avaient notamment lieu dans les collines orientales, autour d’un territoire historiquement connu sous le nom de Toribeno. Le Musée national de Kyoto rappelle que cette zone accueillait autrefois un immense espace funéraire médiéval. Les collines étaient alors éloignées du cœur administratif de la capitale. Au fil du temps, temples, lieux de crémation et cimetières s’y sont développés.

 

 

 

 

 

 

Au Japon, une tombe traditionnelle accueille souvent plusieurs générations d’une même famille. Le nom familial peut être gravé sur la pierre principale. Elle symbolise la continuité entre les vivants et leurs ancêtres. Les statues de Jizō sont des petites figures bouddhiques, parfois vêtues d’un bavoir rouge, sont associées à la protection des enfants et des voyageurs, ainsi qu’à l’accompagnement des défunts. Fleurs, eau, encens et parfois nourriture témoignent du maintien d’un lien symbolique avec les personnes disparues. Les pratiques varient selon les familles et les traditions bouddhiques. A quelques pas des rues bondées autour de Kiyomizu-dera, on retrouve un Kyoto plus silencieux, où l’histoire se lit dans les pierres et dans la relation quotidienne que les Japonais entretiennent avec leurs ancêtres.

 

À l’ombre des collines de Kyoto, les pierres ne racontent pas seulement la mort, elles prolongent la mémoire des familles et le dialogue silencieux entre les générations.

 

 

 

 

 

 

Le temple de l’eau pure de Kyoto

Le Kiyomizu-dera est l’un des temples bouddhistes les plus célèbres du Japon. Accroché aux pentes boisées des montagnes de l’est de Kyoto, il offre un mélange saisissant de spiritualité, d’architecture traditionnelle et de paysages. Son nom signifie littéralement « temple de l’eau pure ». Il fait référence à une source qui jaillit sur le versant de la montagne et dont l’eau est associée depuis des siècles à des vertus symboliques. Fondé traditionnellement en 778, bien avant que Kyoto ne devienne la capitale impériale du Japon en 794, le temple est aujourd’hui inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, dans l’ensemble des monuments historiques de l’ancienne Kyoto.

 

 

 

 

 

 

C’est l’image emblématique du temple…Une immense terrasse en bois qui semble flotter au-dessus de la forêt. Elle est construite devant le pavillon principal, à flanc de colline, et surplombe une pente d’environ 13 mètres. Elle repose sur une impressionnante structure de piliers et de poutres assemblés selon des techniques traditionnelles de charpenterie japonaise. La reconstruction actuelle du bâtiment principal date de 1633, sous le shogun Tokugawa Iemitsu. Elle témoigne d’un savoir-faire remarquable, conçu pour supporter le poids de l’édifice et les contraintes du terrain. Une expression japonaise célèbre est née de cet endroit…« Sauter de la terrasse de Kiyomizu. » Cette formule signifie prendre une décision audacieuse, se lancer dans une entreprise risquée ou faire un pari sur l’avenir. Elle vient d’une ancienne pratique consistant à sauter de la terrasse dans l’espoir de voir son vœu exaucé. Cette coutume est aujourd’hui interdite, bien entendu ! Au pied du temple se trouve la cascade d’Otowa-no-taki. L’eau se divise en trois filets que les visiteurs recueillent traditionnellement à l’aide de longues louches métalliques. Chaque filet est associé à un souhait symbolique, selon les interprétations populaires… La longévité et la santé. La réussite dans les études ou le travail. La chance en amour. Les visiteurs choisissent généralement un filet plutôt que de boire aux trois, car la tradition invite à ne pas se montrer trop gourmand dans ses souhaits.

 

 

 

 

 

 

Il ne s’agit pas d’une promesse surnaturelle, mais d’un rituel populaire qui illustre la manière dont les croyances bouddhistes et les traditions japonaises se mêlent dans la vie quotidienne. Kiyomizu-dera est avant tout un lieu de dévotion bouddhiste. Son principal objet de culte est Kannon aux onze visages et aux mille bras, un bodhisattva associé à la compassion et à la volonté de secourir les êtres vivants. Dans la tradition bouddhiste japonaise, Kannon est particulièrement aimé des fidèles, car il incarne une compassion accessible à tous, quels que soient leur origine sociale ou leur situation. C’est aussi ce qui explique l’histoire populaire du temple, pendant des siècles, il a accueilli non seulement les aristocrates et les moines, mais aussi les habitants ordinaires de Kyoto venus prier pour leurs proches, leur santé ou leur avenir. La grande porte rouge marque l’entrée principale. Elle annonce déjà la monumentalité du site et offre un beau point de vue sur les toits de Kyoto.

 

 

 

 

 

 

Kiyomizu-dera n’est pas seulement un monument ancien. Il réunit trois dimensions essentielles de la culture japonaise…La nature, le temple s’intègre à la montagne, à la forêt et à l’eau, plutôt que de chercher à s’en isoler. La maîtrise du bois, sa terrasse illustre un art de construire qui repose sur l’assemblage précis des pièces de bois, sans clous dans la structure traditionnelle de soutien. La spiritualité populaire, les visiteurs viennent autant pour admirer le paysage que pour prier, faire un vœu ou chercher un moment de recueillement. À Kiyomizu-dera, le bois défie la pente, l’eau traverse les siècles et la foi donne au paysage une autre dimension. Ici, l’architecture ne domine pas la nature, elle semble dialoguer avec elle.

 

 

 

 

 

De tout en haut de la ville quadrillée, nous descendons par les rues surchargées de Sannenzaka et Ninenzaka qui permettent de rejoindre le secteur de Gion, des rues historiques bordées de maisons traditionnelles, de boutiques, de salons de thé et de petits restaurants. C’est l’un des quartiers les plus évocateurs du vieux Kyoto. Ces différents lieux font partie d’un parcours qui permet de découvrir à la fois le temple, son paysage et l’ancien quartier de Higashiyama. Nous en profitons pour une pause repas pour un bol typique au Japon. Mais aussi nous nous arrêtons sur d’autres temples qui jallonent notre route du retour

 

 

 

 

 

 

Fendre la foule c’est…Avancer seul au milieu de mille histoires…Sans la troubler, tout l’art japonais du mouvement…Sans rompre l’harmonie…Être nombreux sans se gêner, avancer ensemble sans se bousculer…

 

Révèle le désordre des uns et la discipline des autres…

 

 

 

 

 

 

Pour les femmes habillées type Geisha le dimanche, il peut s’agir de situations très différentes…Des Japonaises qui portent leur propre kimono car le kimono n’a pas disparu de la vie japonaise. Il reste associé aux grandes occasions, aux cérémonies familiales, aux fêtes et à certaines sorties culturelles. Des femmes le portent aussi simplement parce qu’elles aiment cette élégance et souhaitent entretenir un lien avec les traditions…Des Japonaises qui louent un kimono pour la journée devenu très courant à Kyoto, autour de Kiyomizu-dera, Gion et Yasaka-jinja. Des boutiques proposent le vêtement, la ceinture, les sandales, la coiffure et parfois le maquillage. Des Japonaises, des couples et des groupes d’amies s’offrent ainsi une journée particulière, pour se promener, visiter les temples et prendre des photos. C’est une manière de participer à l’atmosphère culturelle de Kyoto. Mais le vêtement loué ne signifie pas que la personne appartient à une profession traditionnelle. Des femmes qui assistent à une cérémonie ou à un événement. Le dimanche, tu peux croiser des Japonaises en tenue traditionnelle lors d’un mariage, d’une cérémonie du thé, d’un spectacle, d’une fête de sanctuaire ou d’une réunion d’association culturelle. La tenue dépend alors de l’événement et du degré de formalité.

 

 

 

 

 

Le furisode…Kimono aux manches très longues, souvent très coloré. Il est traditionnellement porté par les jeunes femmes célibataires lors d’occasions importantes, notamment la cérémonie de la majorité, appelée Seijin no Hi. Le kimono de promenade…Souvent décoré de petits motifs répétés, il convient aux sorties, aux visites et à certaines activités culturelles. Selon le tissu, les motifs et la ceinture, il peut être décontracté ou plus habillé. Le yukata…Une tenue plus légère, généralement en coton. On la porte surtout en été, aux festivals, devant les feux d’artifice et dans certains hébergements traditionnels. Tu peux la voir moins souvent en octobre. Le shiromuku…Un somptueux kimono de mariage entièrement blanc, porté par certaines mariées lors d’une cérémonie shintoïste. Sa blancheur symbolise notamment la pureté et la disponibilité à accueillir une nouvelle famille et ses traditions. Les étudiantes en hakama…Avec une jupe-pantalon portée avec un kimono, très visible lors des cérémonies de remise des diplômes, généralement en mars. C’est une tenue de cérémonie, pas un costume de geisha. Les miko, servantes des sanctuaires shinto…Elles portent souvent un haut blanc et un pantalon-jupe rouge appelé hakama. Elles peuvent accueillir les visiteurs, vendre des amulettes ou participer aux rituels. Ce sont des fonctions liées au sanctuaire, distinctes de celles des geishas. Les participantes aux fêtes populaires…Lors des matsuri, elles peuvent porter un happi, veste traditionnelle, ou un yukata. Ces vêtements sont liés à la fête, à l’appartenance à un quartier ou à la participation à une procession. Les femmes maquillées comme des maiko…À Kyoto, des studios proposent une transformation avec kimono, coiffure et maquillage blanc. Même si l’apparence est très convaincante, il s’agit d’une expérience photographique, pas d’une véritable apprentie geisha.

 

 

 

 

 

 

 

Kyoto est une ancienne capitale impériale qui conserve de nombreuses traditions artistiques et cérémonielles. Le kimono y est associé aux temples, aux mariages, aux arts traditionnels et quartiers historiques. La location de vêtements a rendu cette expérience accessible à beaucoup de visiteurs. Une Japonaise en kimono n’est pas nécessairement une femme traditionaliste. Elle désire profiter d’une journée de loisirs, comme on peut porter une belle tenue pour une sortie spéciale ailleur. Le dimanche est un jour de promenade, de visite et de sortie en famille. Au Japon, le passé ne se contente pas de vivre dans les temples et les musées. Il marche aussi dans les rues, parfois sous la forme d’un kimono, d’une cérémonie ou du pas discret d’une geiko, témoignant d’une tradition qui cherche encore sa place dans le monde moderne. Ichimame devenue geiko.

 

 

 

 

 

Comment reconnaître une véritable geiko dans les rues de Kyoto ? La maiko porte généralement des ornements de cheveux élaborés, un kimono très coloré et une longue ceinture qui descend dans le dos…La geiko confirmée a souvent une tenue plus sobre et porte généralement une perruque plutôt que sa propre coiffure élaborée. Le maquillage blanc peut être un indice, mais il ne suffit absolument pas à identifier une véritable professionnelle. Ces signes restent des indices, pas une preuve absolue.

 

À Kyoto, si une femme et en tenue de geiko dans une ruelle, il ne faut pas la suivre ni la photographier sans autorisation. La municipalité rappelle qu’il s’agit de professionnelles au travail, et non d’attractions touristiques.

 

 

Kotoha de Gion revêtue d’un superbe kimono lors de son erikae.

 

 

 

 

 

 

 

50/ Une shikomi à gauche (future maiko Chisako), portant les affaires de sa grande sœur maiko, Keiko (Gion Kobu).

51/ La maiko Ayano de Gion Kobu avec sa petite sœur, la minarai Fumino.

52/ Maiko Umeha de Gion Higashi lors du Gion Odori, le festival de danse annuel de cet hanamachi.

53/ Les maikos Ichiwaka et Mamehana de Gion Kobu.

54/ Ichimame de Kamishichiken, avec la coiffure sakkô lors de son dernier jour comme maiko.

55/ La geiko Makiko et sa petite sœur, la maiko Keiko de Gion Kobu.

56/ Le darari obi, ce long obi caractéristique de la maiko. 

 

 

 

DEVENIR MAIKO & GEIKO POUR LA VIE

 

A SUIVRE…