21/ La Vie et rien d’autres…

 

 

Dernier jour pour une étape « mémoire »…Curieusement notre première journée au départ de Brest s’est faîte dans la pluie, le froid et un très fort vent de face et pour cette dernière journée nous nous retrouvons dans des conditions similaires…Nous descendons vers Saint-Lô, 80 kms au programme à l’intérieur des terres qui ont connues les premières heures du débarquement et tous les terribles combats qui ont suivis…Passage sur le lieu des premiers parachutistes américains sur le sol Français, Carentan et ses combats meurtriers et Saint-Lô. A lire dans le prolongement de l’article.

 

L’article n°21 ICI est repris de notre précédent voyage en 2021 qui parle du débarquement sur les plages

A lire également un article sur le cimetière américain ICI

 

 

 

 

Plusieurs fois cette année, des travaux ont bloqués notre progression et cette fois encore un très gros chantier juste avant Carentan est devenu un gros problème…Le détour représentait pas mal de kilomètres en raison des marais. Après un premier essai de contournement et un peu de négociation nous avons traversé les différents chantiers qui bloquaient totalement la route. Une denière église a mérité notre attention à Sainte Marie du Mont un peu avant Carentan. C’est les lieux que nous avons le plus exploré.

 

Tout en bas de l’article le bilan chiffré de notre voyage….

 

 

 

 

 

 

L’Église Notre-Dame de l’Assomption de Sainte-Marie-du-Mont

 

Une histoire qui s’étend sur près de mille ans. L’église a été fondée au XIᵉ siècle, à une époque où le Cotentin se développe sous l’influence des ducs de Normandie. Au fil des siècles, elle a été agrandie et transformée, notamment entre les XIVᵉ et XVᵉ siècles. C’est pourquoi elle présente aujourd’hui un mélange de styles roman, gothique et Renaissance. Construite sur un point élevé dominant la baie des Veys. Sa longue nef romane comporte quatre travées ornées de chapiteaux sculptés. Au XVᵉ siècle, la région est touchée par les conflits entre Français et Anglais. L’un des épisodes les plus marquants de son histoire est lié au Débarquement de Normandie. Située à quelques kilomètres d’Utah Beach, l’église se trouvait dans une zone stratégique. Son clocher servait de poste d’observation à l’armée allemande. Le matin du 6 juin 1944, les parachutistes de la 101ᵉ division aéroportée américaine participèrent à la libération du village, faisant de Sainte-Marie-du-Mont l’un des premiers villages libérés de France continentale. Classée Monument historique depuis 1840, parmi les premiers monuments protégés en France. Aujourd’hui, cette église est à la fois un lieu de culte, un monument médiéval remarquable et un important lieu de mémoire du Débarquement de Normandie.

 

 

 

 

 

 

 

D-Day, des vélos ont débarqué en Normandie le 6 juin 1944…

 

Parmi la débauche de moyens de transport mis en oeuvre ce jour-là, qu’ils soient maritimes, aériens ou terrestres, figure…le vélo ! Parmi les modèles utilisés durant la guerre de 39-45, le vélo pliant aéroporté. Fabriqué par une société anglaise spécialisée dans le petit armement, le BSA Airborne Paratrooper Bicycle a été utilisé par les soldats britanniques et canadiens qui ont débarqué le jour J et dans de nombreuses autres batailles durant la Seconde Guerre mondiale. Ces vélos permettaient aux parachutistes de parcourir de plus grandes distances après l’atterrissage, tout en restant silencieux et indétectables. Ils étaient souvent abandonnés lorsqu’ils devenaient plus encombrants qu’utiles, mais beaucoup d’images de guerre montrent les vélos à l’arrière des chars ou chargés dans les Jeeps. Ils sont restés un complément utile tout au long de la guerre. Au moment des largages, les parachutistes tenaient les vélos pliés devant eux, les roues attachées à la suspente du parachute. Au sol, des supports fixés au cadre permettaient aux soldats d’attacher leurs fusils aux vélos. Durant l’effort de guerre, BSA a produit plus de 60 000 exemplaires de ce vélo. Après l’armistice et la pénurie d’essence qui a perduré, les vélos sont devenus courants en France et aussi en Norvège. Ces vélos BSA ont aussi été utilisés par les soldats français du commando Kieffer, présent également lors du débarquement de Normandie.

 

 

 

 

 

 

Hommage aux parachutistes Pathfinders de la 101st Airborne Division

 

Les premiers soldats alliés à poser le pied en Normandie dans la nuit du Débarquement. La zone de largage A, appelée Drop Zone A, se trouvait juste à l’ouest de Saint-Martin-de-Varreville. Elle était réservée au 502nd Parachute Infantry Regiment et au 377th Parachute Field Artillery Battalion. Le Captain Frank Lillyman dirigeait l’équipe A de Pathfinders, chargée de préparer l’arrivée des parachutistes en balisant le terrain. Peu après minuit, dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, leurs avions survolèrent la côte normande. En quelques minutes, les premiers hommes sautèrent dans l’obscurité. Ils installèrent rapidement des feux de signalisation en forme de T et des balises radio Eureka, permettant aux avions suivants de se repérer et de larguer leurs troupes au bon endroit. Le Captain Lillyman, après avoir rassemblé ses hommes près de l’église de Saint-Germain-de-Varreville, réussit à rejoindre la zone prévue. Moins d’un quart d’heure après leur saut, tout le dispositif était en place.

 

 

 

 

 

 

 

A la mémoire de Robert G. COLE

La charge de Carentan…Un sacrifice pour l’Histoire.

 

 

Au matin du 12 juin 1944, les marais entourant Carentan exhalent encore la brume de l’aube lorsque les hommes du 3e bataillon du 502e régiment d’infanterie parachutiste (101e division aéroportée américaine) reçoivent l’ordre d’attaquer. Objectif : percer les lignes allemandes au niveau du manoir d’Ingouf, verrou stratégique sur la route entre Utah et Omaha Beach. Face à eux, des éléments de la 6. Fallschirmjägerregiment, déterminés à contenir l’offensive alliée à tout prix. Dans ce terrain exigu, quadrillé de haies, d’inondations volontaires et de nids de mitrailleuses embusqués, l’avancée piétine. Chaque tentative est brisée par un feu nourri. À la tête de son unité, le lieutenant-colonel Robert G. Cole, Texan d’origine, comprend que l’heure n’est plus aux manœuvres d’infiltration. Après une préparation d’artillerie sommaire, il se dresse et ordonne une charge frontale à la baïonnette, une action devenue rarissime dans la guerre moderne. Brandissant son pistolet, il hurle à ses hommes d’avancer et s’élance le premier sur la digue, exposé à découvert. Ce moment restera dans les annales sous le nom de « Cole’s Charge ». La progression est chaotique, les pertes effroyables. Sur les 265 hommes engagés dans l’assaut, 130 tombent au sol, tués ou grièvement blessés en quelques minutes. Mais l’élan est irrésistible. Cole et ses parachutistes parviennent à submerger les positions allemandes, à neutraliser les nids de mitrailleuses et à sécuriser la tête de pont vers Carentan. La ville tombera peu après, jonction vitale entre les plages du Débarquement, assurant la continuité du front allié en Normandie.

 

 

Pour cet acte d’un courage extrême, Robert Cole se verra décerner la Medal of Honor à titre posthume, car le destin ne lui laissera pas le temps…Le 18 septembre 1944, lors de l’opération Market Garden aux Pays-Bas, il est tué par un tireur embusqué alors qu’il traverse une route pour rejoindre son unité. Cole avait 29 ans. Son nom reste à jamais associé à une action de bravoure pure, menée dans l’esprit des grandes charges du passé. Mais cette bravoure s’écrivit aussi dans le sang…Chaque mètre gagné dans les bocages normands coûtait le prix d’une vie. Robert G. Cole en eut pleinement conscience, et c’est ce qui confère à son geste une portée morale qui dépasse le simple acte militaire. Il incarne, dans toute sa fulgurance, l’ultime responsabilité du commandement en temps de guerre…Ouvrir la voie, quel qu’en soit le prix.

 

 

 

Bataille de Saint-Lô-15 au 18 juillet 1944…

 

Le 6 Juin au matin. Le général Marcks fête son anniversaire à l’état-major du 84e corps d’armée allemand, dans le château de Commines, quand il est prévenu de l’offensive alliée. Dans le même temps, les Saint-Lois se réveillent, tôt, après une nuit agitée. Les rues sont quasiment désertes. Certaines boulangeries sont ouvertes, quelques épiceries aussi. Dans la journée, se multiplient les sirènes d’alerte alors que la circulation aérienne au-dessus de la ville s’intensifie. Les Allemands commencent à plier bagages et groupent leurs camions sur la place du champ de Mars. Tandis que les Saint-Lois désobéissent aux affichettes allemandes apposées dans la matinée leur interdisant de sortir de chez eux.

 

10H…4 bombes sont lâchées sur la centrale électrique d’Agneaux. Un quart d’heure plus tard, un second lâcher achève l’édifice, télégraphes et téléphones sont coupés.

 

13H30…La BBC appelle les habitants à évacuer la ville dans un rayon de 3 kms car une offensive est prévue. Malheureusement, les Allemands ont confisqué les postes TSF des citadins. Des tracts ont été largués la veille afin de prévenir la population d’une attaque alliée, l’enjoignant de trouver refuge dans la campagne avoisinante. Mais ceux-ci échouent dans la nature, dispersés par le vent. Il n’empêche. Par le bouche à oreille, certaines personnes ont le temps d’être prévenues.

 

16H30…La gare, mitraillée, est touchée. Le soir, la plupart des foyers saint-lois se mettent à table comme si de rien n’était. Quand soudain, 14 bombardiers lourds, alignés, lâchent en bloc une quarantaine de bombes durant 15 à 25 minutes. Soit 30 tonnes de bombes. Une dizaine de rues sont touchées, soit près d’un tiers de la ville.

 

23H à 2H…Second bombardement, plus long, plus destructeur et plus meurtrier. Une cinquantaine de bombardiers arrosent à nouveau le centre-ville, avec des bombes incendiaires, dont certaines équipées d’un mécanisme de retardement afin d’empêcher pour plusieurs jours tout déblaiement de la ville et de gêner la circulation de renforts allemands.Les bomb es tombent un peu partout, détruisant largement la ville et faisant 800 morts pour une ville de 10 000 habitants. Les attaques se répètent chaque jour pendant une semaine. La ville est détruite à 90 %. Saint-Lô mettra 44 jours à être libérée.

 

 

 

 

Il faut attendre le 15 juillet, pour que le XIXe corps de la 1ère armée américaine, se lance à l’assaut de la ville avec la 29e et 30e division d’infanterie. Deux corps de l’armée allemande leur font face…La 352e division d’infanterie, la 3e division du 2e corps de parachutistes. La progression américaine est difficile, particulièrement à l’est de la cité, où les combats font rage. Les soldats gagnent du terrain, souvent sous des pluies torrentielles. Solidement installés sur les points hauts de la ville, les Allemands déclenchent des tirs nourris dès qu’il détectent un mouvement de l’armée américaine. Les Américains avancent lentement, quand ils ne piétinent pas. Ils demandent alors à leur artillerie de pilonner les positions allemandes.

 

15 juillet plusieurs positions allemandes sont anéanties. 16 juillet les Américains s’emparent de la cote 122, au nord de la ville, qui leur donne une vue d’ensemble de la situation. 17 juillet  le major Howie, qui commande le 3e bataillon du 116e régiment d’infanterie, est tué. 18 juillet les Allemands entament un repli, dont profitent les Américains pour s’infiltrer au cœur de la cité. Leur progression se fait dans une ville en ruines, rue par rue, maison par maison, avec mille précautions pour s’assurer qu’il ne reste pas de tireurs embusqués ou que le terrain n’est pas miné. Il faudra attendre le 25 juillet pour réduire les dernières poches de résistance allemande.

 

 

 

Les pertes américaines sont terribles. La 29e division d’infanterie recense 3000 soldats manquants, morts, blessés, disparus ou prisonniers, la 35e division d’infanterie en compte 2000…

 

 

 

 

 

BATAILLE DE CARENTAN.

 

6/13 juin 1944. Après des affrontements, la ville est prise avant que les Allemands ne tentent une dernière contre-attaque. L’objectif des Américains était de consolider les têtes de pont alliées de Utah et Omaha Beach et d’établir une ligne défensive sur le front normand afin de contenir les contre-attaques allemandes. Les Allemands retranchés dans la ville tentèrent de la défendre le plus longtemps possible afin de permettre à leurs renforts d’arriver sur le front et d’ainsi empêcher la 1re armée américaine d’attaquer l’axe Lessay-Périers, ce qui aurait eu pour conséquence de couper le Cotentin.

 

 

Carentan était défendue par le 6e régiment de parachutistes, deux bataillons des légions de l’Est et d’autres éléments des forces allemandes en débâcle après l’opération Overlord qui reçurent l’ordre de défendre la ville jusqu’au bout tandis que la 17e Panzer grenadier division SS, envoyée en renfort, essayait tant bien que mal d’arriver mais était retardée à cause du manque de carburant ainsi que par les attaques aériennes alliées. La 101e division aéroportée américaine, parachutée le Jour J (6 juin 1944) non loin de Carentan reçut l’ordre de prendre la ville aux Allemands. Les assauts américains sur Carentan débutent le 10 juin. Deux jours plus tard, le 12 juin, les forces allemandes, à court de munitions, sont contraintes de se retirer de la ville. Le lendemain, la 17e Panzer grenadier division SS contre-attaque vers les positions de la 101e aéroportée. Cet assaut sera d’abord un succès, avant que les forces de la 2e division blindée américaine viennent mettre en déroute les unités allemandes.

 

 

La prise de Carentan permet aux Américains de consolider leurs positions et d’établir une ligne défensive en Normandie, leur donnant ainsi un front continu qui leur permettra de progresser en profondeur dans les terres normandes. Ce sera le début de la bataille des Haies. Le commandant la 101e aéroportée, Maxwell Davenport Taylor manque de se faire tuer par des tirs de 88 allemand lors d’une cérémonie à Carentan le 20 juin 1944. Un obus tue une fillette de quatre ans apportant un bouquet de fleurs.

 

 

 

 

 

 

 

Mardi 2 Juin 2026 /SAINT VAAST – SAINT-LÔ // 83 Kms – 4H00 de vélo / 6H00 de parcours.

 

BILAN SUR 24 JOURS / 13 ETAPES – 1200 KMS DE BREST A SAINT-LÔ