20/ Prendre de la hauteur…

Le phare de Gatteville est situé à la pointe de Barfleur sur le territoire de la commune française de Gatteville-le-Phare, dans le département de la Manche, en région Normandie. Le phare, qui signale les forts courants du raz de Barfleur, et le sémaphore sont protégés partiellement aux monuments historiques. Il est relié à la terre ferme par une jetée en granit. Les courants forts au large de la pointe, et les nombreux naufrages, dont le plus célèbre est sans doute celui de la Blanche-Nef, ont rendu indispensable l’édification d’un phare.

 

 

 

 

 

 

SIX MINUTES POUR GRAVIR LES 350 MARCHES DU PHARE…

 

 

 

Deuxième plus grand phare de France, après celui de l’île Vierge au finistère le plus grand d’Europe. Pour Vauban il fallait ériger à la pointe de Barfleur un phare…Ce cap et celuy de la Hague sont l’horreur des gens de mer par la quantité de vaisseaux qui s’y perdent pendant la nuit, faute de feux pour les redresser. 1774, la Chambre de commerce de Rouen décide de construire un phare en granit, de 25 mètres. Le phare, d’architecture classique, avec frontons, bandeaux et corniches décorant la tour et les ouvertures, est allumé pour la première fois le 1er novembre 1775. À son sommet, un feu de bois et de charbon brûlait continuellement. Le charbon, issu des houillères de Littry, était approvisionné à dos d’homme et laissait peu de repos aux gardiens. En 1775, on érige une lanterne avec des vitres sur le brasero avec l’inconvénient que ces dernières devenaient vite noires réduisant la performance du phare. En 1780 le feu à charbon est remplacé par un système de réverbères constitué de 16 lampes à huile dans une lanterne vitrée. En 1860, on rehausse la tour de deux mètres au moment de sa transformation en sémaphore.

 

 

 

 

Ce phare étant trop petit pour recevoir les lentilles modernes, et trop faible pour pouvoir être exhaussé de 32 mètres, on décide en 1825 d’ériger une nouvelle tour dont le feux pourrait être visible à 27 milles nautiques. L’architecte et ingénieur des ponts et chaussées Charles-Félix Morice de la Rue (1800-1880), sous le règne de Charles X, qui dessinera ensuite le phare de la Hague, conçoit les plans du plus haut phare de l’époque dépassé depuis par le phare de l’Île Vierge. La pose de la pierre centrale a lieu le 14 juin 1829 et les travaux s’étalent jusqu’en 1835. Le 1er avril 1835, il est mis en service. Son fonctionnement nécessite jusqu’à six gardiens qui doivent être mariés, représentant six familles soit 27 personnes auxquelles il faut ajouter les gardiens du sémaphore, soit une quarantaine de personnes qui vivait sur place. Il est électrifié en 1893. Son automatisation en 1984, ne nécessite plus qu’une seule personne pour surveiller les appareils électroniques. Le phare est de nos jours équipé d’une double optique, la seconde étant utilisée par temps de brouillard afin d’en augmenter la puissance. La lentille diffuse quatre faisceaux lumineux portant à 60 kilomètres. En 2001, l’ancienne tour, louée puis rachetée par la Marine afin d’être aménagée en sémaphore, est pourvue d’une nouvelle chambre panoramique bâtie à ses pieds, et dans laquelle neuf guetteurs se relayent, jour et nuit, afin d’assurer la surveillance de la circulation maritime au nord-est du Cotentin.

 

Le phare de Gatteville est construit avec 11 000 blocs en granit rose de Fermanville, pesant au total 7 400 tonnes, est une haute tour cylindrique de 74,85 mètres, ce qui en fait le second plus haut phare d’Europe. Sa tour, construite au centre d’un soubassement de deux niveaux, a un diamètre à la base de 9,25 mètres et de six mètres à la passerelle. Il est dit que le phare comporte autant de marches que de jours dans l’année, alors qu’il n’en compte que 349 marches, autant de fenêtres que de semaines et autant de niveaux représentés par le nombre de fenêtres en façade que de mois. Au titre des monuments historiques les façades et les toitures de l’ancien phare, sémaphore de Barfleur, le phare de Gatteville, y compris les bâtiments annexes ainsi que l’assiette des parcelles et la voie d’accès sont inscrites par arrêté du 11 mai 2009 est classé par arrêté du 19 juin 2009.

 

 

 

 

Dernière déambulation pour notre deuxième jour à Saint Vaast. La météo est bonne alors il faut en profiter car les prévisons pour notre dernière étape de ce mardi 2 juin en direction de Saint-Lô ne sont pas très bonne. Direction vers le nord dans deux villages marqués par l’histoire des hommes mélangée avec les éléments que sont la nuit, le vent et les tempêtes…Les églises catholiques et normandes sont ici pour nous les rappeler. 

 

 

 

 

 

 

LA GRANDE HISTOIRE DE BARFLEUR ET SON PORT.

 

 

 

 

Situé à l’extrémité nord-est du Cotentin, le port de Barfleur est l’un des ports les plus emblématiques de Normandie. Aujourd’hui connu pour son activité de pêche artisanale et son charme touristique, il fut pendant plusieurs siècles l’un des ports les plus importants du royaume anglo-normand. Dès le XIᵉ siècle, Barfleur devient le principal port normand pour les traversées vers l’Angleterre. Selon la tradition, le navire Mora, offert à Guillaume le Conquérant, aurait été construit à Barfleur avant la conquête de l’Angleterre en 1066. Entre le XIᵉ et le XIIIᵉ siècle, les ducs de Normandie et rois d’Angleterre utilisent régulièrement Barfleur comme port d’embarquement.

 

 

 

 

En 1120, la célèbre Naufrage de la Blanche-Nef se produit au départ de Barfleur. La catastrophe entraîne la mort de nombreux nobles anglais, dont l’héritier du roi Henri Ier d’Angleterre. Comment le tragique naufrage de la Blanche-Nef a changé le cours de l’Histoire…Le 25 novembre 1120, le navire la Blanche-Nef sombre au large de Barfleur, dans le Cotentin. À son bord, se trouvent deux des fils d’Henri Ier Beauclerc, roi d’Angleterre et duc de Normandie, dont le prince héritier, âgé d’à peine 17 ans.

 

 

 

 

Soirée du 25 novembre 1120, deux vaisseaux, le Royal-Tigre et la Blanche-Nef, profitant d’un vent favorable et toutes voiles dehors, s’apprêtent à quitter l’anse de Barfleur pour voguer vers l’Angleterre. A bord du premier, se trouve Henri Ier, cadet de Guillaume le Conquérant, tandis que sur le second ont pris place deux de ses fils, Guillaume Adelin, l’héritier du trône, et son demi-frère Richard, en compagnie d’autres jeunes nobles. Quant à la fine fleur de la chevalerie normande, elle s’est partagée entre les deux navires. D’après le chroniqueur Orderic Vital, un moine anglo-normand qui est le premier à raconter l’évènement dans ses Historiae ecclesiasticae, la bonne humeur règne à bord de la Blanche-Nef, au point que le prince Guillaume fait offrir du vin au capitaine Thomas Airard, à l’équipage et à la cinquantaine de rameurs, déjà saouls avant même d’avoir largué les amarres. Constatant l’état d’ébriété de l’équipage et le nombre excessif de personnes sur ce navire, deux moines et plusieurs grands seigneurs s’empressent de le quitter pour embarquer sur celui du roi, dont Étienne de Blois, comte de Mortain. Pendant ce temps-là, les passagers de la Blanche-Nef chassent « avec affront et par de grands éclats de rire les prêtres qui étaient venus pour les bénir, ainsi que les autres ministres qui apportaient de l’eau bénite ».

 

Tandis que le Royal-Tigre choisit de mettre cap au Nord afin d’éviter les récifs faisant de la côte l’une des plus dangereuses de la région, le capitaine de la Blanche-Nef donne enfin le signal du départ. Il est grand temps car la nuit est tombée. Les princes pressent le capitaine de rattraper le navire royal déjà en pleine mer. Se voyant largement distancé, celui-ci, bien aviné, se vante de pouvoir le rattraper en coupant par le ras de Barfleur et, sans voir les brisants de Quillebeuf au nord du port, jette son bateau sur un grand rocher. Le flanc gauche déchiré, la Blanche-Nef s’emplit d’eau glacée instantanément, noyant les 300 personnes embarquées, dont le prince héritier. Le seul rescapé et donc unique témoin du naufrage est un boucher rouennais nommé Bérold. Lorsque la nouvelle est rapportée le lendemain à Henri Ier, celui-ci s’évanouit de saisissement. Ses contemporains ont souvent interprété cette tragédie comme une punition divine contre celui qui, sans terre à la mort de son père, avait conservé la couronne d’Angleterre et la Normandie, en faisant notamment emprisonner son frère aîné Robert Courteheuse.

 

Ayant perdu son seul fils légitime, le roi prend soin de désigner sa fille et sœur du défunt, Mathilde l’Emperesse, comme son héritière. Mais à la mort du roi, son neveu, Etienne de Blois, celui-là même qui avait refusé de traverser la Manche sur la Blanche-Nef, s’empare du trône et se fait couronner roi d’Angleterre. De 1135 à 1153, la guerre civile entre les partisans de Mathilde, épouse de Geoffroy Plantagenêt, comte d’Anjou, et ceux d’Étienne de Blois fait rage. Mais la domination des Plantagenets s’étend déjà jusqu’à la Loire. Plus tard, le mariage du fils de Mathilde, Henri II, avec Aliénor d’Aquitaine, la portera jusqu’aux Pyrénées.

 

 

 

 

Il faut avoir connu le naufrage pour comprendre la valeur d’un port.

 

 

 

 

À partir du XIVᵉ siècle, le port perd progressivement son importance. Les installations médiévales sont détruites et le port actuel est reconstruit au XIXᵉ siècle avec de nouvelles jetées et quais. Le port de Barfleur contribue à l’économie locale grâce à trois activités principales avec la pêche professionnelle, la plaisance, le tourisme maritime liaisons vers Tatihou et activités nautiques. Classé parmi les plus beaux villages de France, Barfleur attire de nombreux visiteurs.

 

La pêche reste l’activité économique traditionnelle du port. Les principales espèces pêchées sont…La coquille Saint-Jacques, pétoncle, homard, tourteau, l’araignée de mer, bar, maquereau, sole, turbot. Le port accueille des chalutiers de 12 à 16 mètres, des caseyeurs et fileyeurs, de nombreux ligneurs spécialisés dans la pêche du bar pour une pêche durable. La production est principalement artisanale et familiale, avec des sorties courtes et une valorisation des produits locaux. Le port de Barfleur possède un riche héritage maritime. Ancien grand port du Moyen Âge, il s’est transformé en un port de pêche artisanale et de tourisme tout en conservant son identité maritime. Aujourd’hui, la pêche, notamment la coquille Saint-Jacques et les crustacés, demeure un pilier essentiel de l’économie locale et du patrimoine de Barfleur.

 

 

 

 

 

Dimanche 1er Juin 2026 / BARFLEUR – GATTEVILLE / 40 Kms pour 2H00 de vélo

 

Demain mardi dernier jour…