09/ Des rochers par milliers.

Île-de-Bréhat située dans le département des Côtes-d’Armor au nord de la pointe de l’Arcouest en Bretagne. Elle est constituée de l’archipel de Bréhat à l’exclusion de l’île Maudez. Elle doit son nom à l’île principale, dénommée Bréhat, dont le nom breton est Enez Vriad. L’Île-de-Bréhat appartient au pays historique du Goëlo et la commune est rattachée au canton de Paimpol. 

 

 

 

Ce matin départ 9H15, direction l’embarcadère à 5 minutes de notre hébergement ICI par une ligne régulière de bus. Aujourd’hui les vélos se reposent mais pas nos jambes. La traversée coûte 11€ par personne, il y a très peu de passager mais la fréquence des bateaux par deux compagnies, le dispositif à terre pour réguler les files et les 4 bateaux aux mouillages dans le chenal montrent la forte fréquentation saisonnière qui fait l’objet d’une réflexion sur un accès limité en visiteurs quotidiens en juillet et août. L’île est proche…on traverse le chenal du Ferlas, séparant le continent et l’île, en dix minutes…En 2025 plus de 500 000 visiteurs annuels concentrés sur 4 mois, c’est beaucoup pour une aussi petite île.

 

 

 

 

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L’archipel de Bréhat est constitué de l’île principale et de 86 îlots et récifs voisins. Le 13 juillet 1907, Bréhat fut le premier site naturel classé en France ! Longue de 3,5 kilomètres et large de 1,5 kilomètre, l’île est accessible en bateau et se visite à pied ou à vélo mais qui offre peu d’intérêt en raison des interdictions de circuler sur les points forts. En arrivant sur l’île, nous débutons la visite par un passage au bourg, mais rapidement nous quittons l’axe central qui remonte à la pointe nord de l’île et son phare pour le rejoindre par le chemin des douaniers.

 

 

 

 

Parcourir Bréhat, c’est la découverte d’un patrimoine varié qui constitue l’empreinte d’une histoire maritime mais également militaire qui marqua l’île. En effet, elle fournit à la couronne de France de nombreux corsaires qui firent régner la terreur dans l’Atlantique. Sur terre, on retrouve des monuments tels que le Pont ar Prad édifié par Vauban pour rattacher les deux îles formant Bréhat et une citadelle qui accueille aujourd’hui les Verreries de Bréhat.

 

 

Un corsaire était différent d’un pirate car il agissait avec une autorisation officielle appelée « lettre de marque » délivrée par un roi ou un État. Du XVIᵉ au début du XIXᵉ siècle, avec un âge d’or entre le XVIIᵉ et le XVIIIᵉ siècle. XVIᵉ siècle…Apparition des grands corsaires européens pendant les guerres maritimes. XVIIᵉ siècle…Forte activité des corsaires français, anglais, hollandais et barbaresques. XVIIIᵉ siècle… apogée pendant les guerres entre puissances coloniales. Déclaration de Paris 1856, les grandes puissances européennes interdisent officiellement la « guerre de course », ce qui marque pratiquement la fin des corsaires. Sous les règnes de Louis XIV et Louis XV. L’île était un refuge stratégique pour les navires français grâce à ses nombreux récifs et passages difficiles à connaître pour les ennemis. Parmi les corsaires liés à Bréhat, on trouve…Jehan Coatanlem / René Duguay-Trouin / Jean Fleury / la famille Cornic-Duchesne. L’île servait de base de ravitaillement, d’abri contre les Anglais et de port de départ pour les navires corsaires attaquant le commerce ennemi dans la Manche. On peut encore voir aujourd’hui plusieurs anciennes « maisons de corsaires » sur l’île.

 

 

 

 

Comme de nombreux ports costarmoricains, le port de la Corderie était le point de départ d’une flottille de Terre-Neuvas à destination des mers de Terre-Neuve pour pêcher la morue ainsi que la baleine. La Bonaventure fut le premier navire connu en Europe à revenir de Terre-Neuve les cales pleines de morues en 1508, soit 16 ans après “la découverte” des Amériques par Christophe Colomb. L’histoire des pêcheurs de morue de Île-de-Bréhat est liée à la grande aventure de la pêche bretonne vers Terre-Neuve et l’Islande entre le XVIᵉ et le XXᵉ siècle. Les marins de Bréhat étaient réputés pour être d’excellents navigateurs. Beaucoup embarquaient plusieurs mois par an sur des voiliers de pêche à la morue appelés « terre-neuvas ». Ils quittaient la Bretagne au printemps pour rejoindre les bancs de Terre-Neuve dans l’Atlantique Nord. Départ des ports bretons comme Paimpol, la traversée de l’Atlantique était toujours difficile, la pêche dans le froid, le brouillard et les tempêtes pour un retour avec des cargaisons de morue salée ou séchée…Les campagnes duraient entre 5 à 7 mois. C’était un vie était extrêmement dure…Travail de nuit, une humidité permanente, des accidents fréquents et surtout denombreux naufrages.

 

 

 

 

Beaucoup de familles de Bréhat vivaient directement de cette activité avec les hommes en mer, les femmes travaillant au salage des poissons ou tenant les exploitations agricoles pendant l’absence des marins. Bréhat dépendait économiquement du grand port morutier de Paimpol. Au XIXᵉ siècle, Paimpol devient l’un des principaux ports français pour la pêche à l’Islande. De nombreux Bréhatins embarquaient sur ces navires. Cette époque a inspiré le célèbre roman Pêcheur d’Islande de Pierre Loti et pour en connaître l’ambiance exterieure voir le film de 1977 Crabe tambour de Pierre Shoendorder.  Au début du XXᵉ siècle, la pêche traditionnelle décline en raison d’une concurrence industrielle, des moteurs qui remplaçent les voiliers, des deux guerres mondiales et de la raréfaction de certaines zones de pêche. Après les années 1930-1950, la grande pêche bretonne disparaît progressivement. Aujourd’hui, cette mémoire reste très présente à Bréhat et à Paimpol par les monuments aux marins disparus, la présence de vieux gréements, des chants de marins et l’été des fêtes maritimes bretonnes.

 

 

 

 

 

Le retour vers l’embarcadère par le chemin central montre une île plus « civilisée » avec ses animaux et ses maisons et une vie économique présente tournée essentiellement vers le tourisme mais aussi par tous les services annexes pour faire bien vivre les 429 habitants permanents recensés, les nombreux résidents temporaires et surtout les vagues de touristes sur la période estivale.

 

 

 

 

L’Île-de-Bréhat est un site important pour la récolte et la culture des algues en Bretagne. Grâce à ses eaux riches et à son climat doux, l’archipel est souvent présenté comme un “champ algal” naturel particulièrement favorable aux macroalgues. Plusieurs activités liées aux algues y existent…La récolte traditionnelle d’algues (goémon). L’algoculture, c’est-à-dire la culture contrôlée d’algues marines. La transformation alimentaire et cosmétique des algues. L’entreprise bretonne Symbiomer développe par exemple une production d’algues dans la zone de Bréhat, associée à une aquaculture durable (truites, coquillages et algues). Leur projet près de l’embouchure du Trieux combine élevage marin et culture de macroalgues afin de recycler naturellement les nutriments. Historiquement, la culture d’algues autour de Bréhat existe depuis au moins les années 2000 avec des initiatives comme Aleor, entreprise installée près de Loguivy-de-la-Mer. Sur l’île, certains producteurs locaux récoltent aussi des algues alimentaires pour les transformer en pesto, tartare d’algues ou algues séchées, comme le GAEC de Kervilon.

 

 

 

 

 

Après une matinée ensoleillée le temps change et vite…Un premier grain violent donne le signal du retour pour rejoindre l’embarcadère le plus lointain en raison d’une marée devenue basse 6 heures plus tard. Nos 5 heures de marche ont remplacées efficacement une journée de vélo sur cette île que nous avons trouvé belle, apaisante parce que découverte dans de très bonnes conditions. En souhaitant que nos photos expriment ces sensations. Il est temps de rentrer…

 

 

 

19 Mai 2026

ÎLE DE BREHAT

14 Kms pour 5H00 à pied…

 

A Suivre…