Le dernier vrai jour au Japon sera une journée de tradition pour dormir sur l’aéroport de Narita. Notre avion décolle vers Hong Kong très tôt le jeudi 5 au matin, ultime étape de 5 jours avant de rentrer dans un pays qui de loin, semble profondément troublé voir parfois désemparé…Alors vous le dire avec des fleurs incroyables dans un concours de…Chrysanthème au pied du chateau.



Mardi 3 octobre…Située entre Tokyo et Hakone, Odawara possède une histoire intimement liée aux samouraïs, aux guerres féodales et à l’unification du Japon. Longtemps considérée comme une place stratégique, la ville contrôlait un passage essentiel entre la région du Kantō, où se trouve Tokyo, et les territoires de l’ouest du Japon. Son château, symbole de cette puissance passée, domine encore aujourd’hui le paysage urbain. C’est au XVe siècle que la ville prend véritablement son importance. Le clan Hōjō, appelé aussi Hōjō tardif pour le distinguer d’une autre famille du même nom, fait d’Odawara son centre politique et militaire. À partir de 1495 environ, sous Hōjō Sōun, le château devient progressivement une formidable place forte. Pendant près d’un siècle, cinq générations de seigneurs Hōjō vont gouverner cette région. Odawara devient l’une des plus grandes forteresses du Japon féodal. Ses défenses s’étendent bien au-delà du château…Fossés, remparts de terre, palissades et ouvrages fortifiés protègent la ville. En 1590, le célèbre chef militaire Toyotomi Hideyoshi lance une immense campagne contre le clan Hōjō. Il rassemble une armée considérable et encercle Odawara pendant plusieurs mois. Malgré sa puissance défensive, la forteresse finit par capituler. Cet événement marque la fin du pouvoir des Hōjō et constitue une étape décisive dans l’unification du Japon. Avec l’établissement du shogunat Tokugawa, Odawara conserve son importance stratégique. Le château devient le siège de seigneurs chargés de surveiller cette voie de passage essentielle vers Edo, l’actuelle Tokyo.









Le château d’Odawara n’était pas simplement une résidence seigneuriale. C’était un véritable instrument de défense et de contrôle territorial. Sa particularité était son immense enceinte défensive, au XVIe siècle, le système de fortifications, appelé Sōgamae, entourait le château et une grande partie de la ville sur près de 9 kilomètres. Cette dimension en faisait l’une des plus vastes forteresses du Japon médiéval. L’épisode le plus célèbre reste le siège organisé par Toyotomi Hideyoshi. Plutôt que de lancer immédiatement un assaut meurtrier, Hideyoshi choisit d’encercler la forteresse et de couper ses approvisionnements. Il fit également construire, sur une hauteur voisine, le château d’Ishigakiyama. Selon la tradition, sa construction fut dissimulée par la forêt avant que les arbres soient abattus, donnant l’impression que le château était apparu en une nuit.
Les forteresses ne sont pas éternelles. Les pierres tombent, les seigneurs disparaissent,
Mais la mémoire des hommes, elle, continue de veiller sur les lieux qu’ils ont façonnés.








Odawara, ville de passage entre Tokyo et Hakone, nous accueille avec son château dominant les toits de la cité. Derrière ses murs blancs et son élégante silhouette se cache une histoire mouvementée, celle des seigneurs de guerre, des ambitions territoriales et des luttes pour le pouvoir. Au XVIe siècle, le clan Hōjō avait fait de cette ville une place forte presque imprenable. Pendant près d’un siècle, cinq générations de seigneurs y avaient établi leur autorité sur une grande partie du Japon oriental. Mais en 1590, face aux armées de Toyotomi Hideyoshi, leur destin bascule. Le siège d’Odawara marque la fin d’une dynastie et l’une des dernières grandes étapes de l’unification du Japon. Le château actuel, reconstruit en 1960 après les destructions du temps et des tremblements de terre, témoigne d’une volonté de préserver cette mémoire. Il n’a plus vocation à défendre une ville, mais à raconter son histoire. Les samouraïs ont disparu, les guerres féodales appartiennent aux livres, mais du haut de son donjon, Odawara continue de veiller symboliquement sur la ville et sur cette région qui fut autrefois au cœur du pouvoir japonais.
Trois images, pour raconter une visite de la veille sous une pluie battante…Unique jour sur 5 semaines…Journée écourtée et à passer au sec pour récupérer des jours intenses en kilométrages piétons entre 20 mille et 25 mille pas par jour et parfois plus…



ODAWARA est une ville au bord de la mer avec une incroyable route 4 voies tenues par d’énormes piliers bétons comme une muraille entre la ville et l’océan pacifique…Comme front de mer, peux mieux faire…









Au Japon, il existe des simulateurs de tremblements de terre, appelés Jishin Taiken , qui permettent de ressentir physiquement les secousses d’un séisme. Une expérience particulièrement intéressante au Japon, pays qui a développé une véritable culture de la prévention des catastrophes naturelles. On peut notamment y tester…Les secousses d’un séisme de magnitude 5, 6 ou 7. Les mouvements violents d’un tremblement de terre. Les bons réflexes pour se protéger à l’intérieur d’une maison. Les comportements à adopter après une secousse. Au Japon, ces simulateurs ne sont pas de simples attractions. Ils participent à une véritable éducation collective au risque sismique, dès le plus jeune âge. Elles ont testées…






Visite par hasard d’une maison classique d’un très bon standing et très dépouillées sans décorations ni mobilier…
Là encore le jardin est essentiel pour que la maison et ses haitants trouvent leur équilibre.








NARITA AIRPORT / MAISON&VOITURE ABANDON / NOUVEAU BEBE / DERNIER AIRBNB…







Mercredi 4 novembre – Aujourd’hui, journée de transfert vers Narita. Nous empruntons plusieurs trains de banlieue, traversant Tokyo, cette immense mégapole qui, avec son agglomération, rassemble 40 millions d’habitants. Une ville tentaculaire, sans véritable centre, un gigantesque puzzle urbain dont les pièces semblent s’imbriquer à l’infini. Une vision qui me ramène à cette chanson de Gérard Manset, Comme un Lego, où le monde paraît se construire, pièce après pièce, dans une mécanique qui nous dépasse. À l’arrivée à Narita, changement d’échelle, mais pas vraiment de dimension, nous rejoignons un hôtel de 1 000 chambres, où nous ne ferons qu’une courte halte avant notre prochain départ. Nous sommes au douzième étage avec une vue directe sur les pistes.
Sur la route de Narita, entre gigantisme et révolte…





Narita, ce n’est pas seulement un aéroport international. C’est aussi une page particulièrement mouvementée de l’histoire contemporaine du Japon. Souvenez-vous de Mai 68 en Europe, de cette jeunesse qui contestait l’ordre établi, les institutions et les décisions du pouvoir. Ici, à la fin des années 1960 et durant les années 1970, une autre forme de contestation allait embraser la région de Narita. La décision de construire ce nouvel aéroport international, prise par l’État sans véritable concertation avec les populations locales, provoqua une opposition farouche. Des agriculteurs refusaient de céder leurs terres, soutenus par des mouvements étudiants et des militants d’extrême gauche. Les manifestations dégénérèrent en affrontements particulièrement violents avec les forces de l’ordre. Barricades, charges policières, blessés et morts, le chantier devint le symbole d’un affrontement entre un État déterminé à imposer ses grands projets et des habitants décidés à défendre leur territoire.




L’aéroport ouvrit finalement en 1978, avec plusieurs années de retard, mais les cicatrices de cette lutte ne disparurent pas pour autant. Derrière les pistes, les avions et les milliers de voyageurs qui transitent chaque jour, il reste donc une histoire de résistance, de terres défendues et de vies bouleversées. Une autre facette du Japon, bien loin de l’image policée et parfaitement organisée que nous avons souvent de ce pays. Difficile d’imaginer que ce lieu, devenu une immense porte d’entrée sur le Japon, fut pendant plus de dix ans le théâtre d’un affrontement particulièrement violent. À la fin des années 1960, le Japon veut tourner définitivement la page de la guerre et afficher au monde sa réussite économique. Tokyo se modernise, les trains filent à grande vitesse et le pays prépare son avenir. Mais dans cette campagne de Sanrizuka, des paysans refusent de céder leurs terres pour construire le nouvel aéroport international. Pour eux, ces champs ne sont pas de simples parcelles à vendre, ils représentent leur histoire, leur travail, leur famille et leur identité. Face à eux, l’État envoie la police. Les manifestations deviennent des affrontements, les barricades des fortifications, les expulsions des batailles rangées. Des étudiants radicaux rejoignent les paysans et donnent au conflit une dimension politique nationale. En 1978, l’aéroport ouvre enfin ses portes, après l’attaque de sa tour de contrôle et plusieurs années de violences. Aujourd’hui, les avions décollent et atterrissent dans un ballet parfaitement réglé. Les voyageurs se pressent dans les terminaux, les trains conduisent vers Tokyo et le monde entier transite par ces pistes. Pourtant, sous cette apparente tranquillité demeure une histoire oubliée de nombreux voyageurs. Narita est bien davantage qu’un aéroport, il est le témoignage d’un Japon qui, dans sa course vers la modernité, a parfois oublié ceux qui vivaient sur le chemin du progrès.
COMME UN LEGO…Gérad MANSET

C’est un grand terrain de nulle part / Avec de belles poignées d’argent
La lunette d’un microscope / Et tous ce petits êtres qui courent
Car chacun vaque à son destin / Petits ou grands
Comme durant les siècles égyptiens / Péniblement…
Porter mille fois son point sur le i / Dans la chaleur et dans le vent
Dans le soleil ou dans la nuit / Voyez-vous ces êtres vivants?
Voyez-vous ces êtres vivants ? / Voyez-vous ces êtres vivants ?
Quelqu’un a inventé ce jeu / Terrible, cruel, captivant…
Les maisons, les lacs, les continents / Comme un Lego avec du vent
La faiblesse des tout-puissants / Comme un Lego avec du sang
La force décuplée des perdants / Comme un Lego avec des dents
Comme un Lego avec des mains / Comme un Lego…
Voyez-vous tous ces humains ? / Danser ensemble à se donner la main
S’embrasser dans le noir à cheveux blonds / A ne pas voir demain comme ils seront
Les capitales sont toutes les mêmes devenues / Aux facettes d’un même miroir
Vêtues d’acier, vêtues de noir / Comme un Lego mais sans mémoire
Comme un Lego mais sans mémoire / Comme un Lego …
Aux facettes d’un même miroir / Vêtues d’acier, vêtues de noir
Comme un Lego mais sans mémoire / Comme un Lego mais sans mémoire
Comme un Lego…
Pourquoi ne me réponds-tu jamais ? / De ta retraite sous ton arbre
Depuis ce manguier de plus de dix mille pages / A te balancer seul dans une cage
A voir le monde de si haut / Comme un insecte mais sur le dos
Comme un insecte mais sur le dos / Comme un insecte…
C’est un grand terrain de nulle part / A La lunette d’un microscope
On regarde, on regarde, on regarde dedans / On voit de toutes petites choses qui luisent
Ce sont des gens dans des chemises / Comme durant les siècles de la longue nuit
Dans le silence ou dans le bruit / Dans le silence ou dans le bruit
Dans le silence…
A SUIVRE…
Demain le bilan de notre voyage…