17/ Kyoto…Hiroshima…

Mercredi 14 octobre…Retour sur notre transfert Kyoto – Hiroshima, à bord du Shinkansen…Une fois encore, voyager à bord de ce train à grande vitesse japonais, est une expérience à part entière. Ici, le voyage commence bien avant de monter dans le train. Dès notre arrivée à la gare, vous trouvez une organisation qui force l’admiration. Première étape…Le guichet spécialement destiné aux voyageurs étrangers, identifié par la mention « Foreigners ». L’accueil est remarquable, la compréhension de nos demandes immédiate et l’achat des billets exécuté avec une efficacité déconcertante. Tout semble simple, fluide, presque naturel. Vient le parcours dans la gare. Les indications se multiplient, aussi bien sur les panneaux que directement au sol. Chaque direction est clairement matérialisée, chaque étape semble avoir été pensée pour éviter l’hésitation. L’accès aux quais s’effectue par des portiques électroniques qui contrôlent les billets.

 

 

 

 

 

 

Sur les quais, pas de bancs, les quais sont protégés par des portes automatiques de sécurité, un marquage au sol indique précisément où attendre, devant quelle porte et pour quelle voiture. Les voyageurs forment spontanément des files parfaitement ordonnées. Personne ne cherche à passer devant les autres. Chacun connaît sa place et la respecte. Au milieu de cet immense quai, un agent ferroviaire accomplit une gestuelle qui nous intrigue. Il observe, désigne, vérifie, accompagne chaque étape avec des mouvements précis. Rien n’est laissé au hasard avec l’arrivée du train, la descente des voyageurs, l’embarquement des suivants. Tout est chronométré avec une précision impressionnante.

 

 

Le Shinkansen arrive…Long, élégant dans sa blancheur. Presque silencieux, il glisse le long du quai avec une ponctualité fascinante. En quelques minutes seulement, les voyageurs descendent, d’autres montent, les portes se referment et le train repart. Trois à cinq minutes suffisent pour cette opération, selon le train et le nombre de voyageurs. Une véritable chorégraphie ferroviaire, réglée comme une montre. À Kyoto, où les départs et les arrivées se succèdent à un rythme soutenu, le spectacle prend une autre dimension. Les trains se croisent, les quais multiples s’animent puis se vident, et tout recommence. Nous sommes au cœur d’une mécanique impressionnante où des dizaines de milliers de personnes circulent chaque jour sans que l’ensemble semble jamais sombrer dans le désordre. Sur le quai un agent scrute le long convoi avant de donner le signal du départ. Ce geste, répété avec le plus grand sérieux, résume à lui seul cette culture de la vigilance et de la responsabilité individuelle. Plus surprenant encore c’est la vision d’un autre agent tête sortie à l’extérieur d’un train déjà lancé avec sa casquette solidement maintenue…À l’intérieur, le confort est au rendez-vous. Les sièges sont généralement orientés dans le sens de la marche, avec des rangées pensées pour accueillir les voyageurs dans de bonnes conditions. En bout de ligne avant de repartir dans l’autre sens l’ensemble des sièges sont disposés dans le sens de la marche. Les voitures sont propres, calmes et les sanitaires étonnamment impeccables. Tout semble conçu pour que le déplacement soit aussi agréable qu’efficace.

 

 

 

 

 

 

Le Shinkansen n’est pas seulement un train rapide. C’est une conception du service public où la ponctualité, la sécurité, la propreté et le respect des autres occupent une place essentielle. Un retard, même de quelques minutes, est pris très au sérieux. Cette exigence repose sur une organisation rigoureuse, mais aussi sur le travail discret de milliers d’agents dont nous ne percevons que quelques gestes. Quitter Kyoto et traverser quelques-unes des grandes villes du Japon comme Osaka, Kobe, Okayama…Des noms familiers qui défilent sur notre itinéraire. Pourtant, pendant une grande partie du trajet, le paysage disparaît derrière les parois des tunnels, parfois interminables. Lorsque la lumière revient, ce sont des alignements continus de maisons individuelles, des bâtiments, des zones industrielles et des infrastructures qui témoignent de la densité de ce pays. Le Japon moderne se révèle ainsi par fragments, une ville, un quartier, une usine, une succession de toits, puis de nouveau l’obscurité d’un tunnel. Le train avale les kilomètres avec une facilité déconcertante, reliant ces grandes agglomérations comme si les distances avaient perdu une partie de leur réalité. Pourtant, malgré cette vitesse, le voyage conserve quelque chose de paisible. Pas de bruit excessif, peu d’agitation, aucune précipitation apparente. Tout va vite, mais rien ne donne l’impression d’être désordonné. C’est l’une des grandes réussites du Shinkansen…Faire parcourir des centaines de kilomètres tout en nous laissant le sentiment que tout est sous contrôle.

 

 

 

 

 

Arrivée Hiroshima et rejoindre une organisation identique dans la gare routière impeccable de la ville, avec le choix dans les villes de disposer de bus à capacité moyenne mais avec une fréqence adaptée. Dix minutes plus tard, notre immeuble, situé à deux pas de l’esplanade du Mémorial de la Paix. Le contraste est saisissant, nous venons de traverser une partie du Japon à bord de l’un des trains les plus performants au monde pour enter dans une ville dont le nom évoque l’un des drames les plus terribles de l’histoire humaine. Le voyage continue, mais nous savons déjà que cette étape ne sera pas tout à fait comme les autres.

 

HIROSHIMA…Mémoire d’un pays…Contraste direct entre ce que l’intelligence humaine peut construire de plus remarquable avant de détruire Hiroshima et toute sa population en un instant…

 

Notre appartement au 3ème étage.

 

 

 

A SUIVRE…