29/ Résister ! Inventer ! Créer !

 

 

Ce que visait l’État islamique était bien cette jeunesse bobo française qui a élu domicile dans ces 10e et 11e arrondissements. À la fois parce qu’elle symbolise un mode de vie insouciant jugé « répréhensible », mais surtout aussi parce qu’elle illustre mieux que tout autre milieu les espoirs et les illusions attachés aux idéaux républicains français…La lutte contre le racisme, les inégalités et les discriminations, empathie envers la population immigrée, tolérance envers l’islam comme « culture du mo » à Paris. En la choisissant pour cible, l’État islamique visait à faire sauter un écran de tolérance en opposition avec son projet de susciter la peur et des réactions communautaires en chaîne. 

                                                                                                                               Pierre-Jean Luizard  Journaliste

 

 

 

 

 

 

TERRIBLE NUIT DU 13 NOVEMBRE 2015…

 

 

Ils ne représentent jamais une tradition qui se révolterait contre l’occidentalisation. Ils sont occidentalisés, ils parlent mieux le français que leurs parents. Tous ont partagé la culture « jeune » de leur génération, ils ont bu de l’alcool, fumé du shit, dragué les filles en boîte de nuit. Une grande partie d’entre eux a fait un passage en prison. Et puis un beau matin, ils se sont (re)convertis, en choisissant l’islam salafiste, c’est-à-dire un islam qui rejette le concept de culture, un islam de la norme qui leur permet de se reconstruire tout seuls. Car ils ne veulent ni de la culture de leurs parents ni d’une culture « occidentale », devenues symboles de leur haine de soi. La violence à laquelle ils adhèrent est une violence moderne, ils tuent comme les tueurs de masse le font en Amérique ou Breivik en Norvège, froidement et tranquillement. Nihilisme et orgueil sont ici profondément liés.

 

Olivier Roy  Journaliste

 

 

 

 

 

Les djihadistes ont de réelles convictions. Ils partent en Syrie ou en Irak persuadés qu’ils se dirigent vers un paradis terrestre puis céleste. Ils ne sont pas dans le nihilisme. C’est en cela que je m’oppose à Olivier Roy. Pour le reste, les thèses de Kepel et de Roy me paraissent parfaitement compatibles. Il y a bien des jeunes antisystème qui sont dans une forme d’islamisation de la radicalité. Pour autant, Olivier Roy explique que sa thèse est la seule explication du phénomène djihadiste, qu’il utilise ensuite pour s’opposer à Gilles Kepel. Gilles Kepel en fait de même quand il considère qu’il ne faut pas évacuer l’idéologie religieuse qu’est le salafisme, et que c’est seulement sous cet angle qu’il faut lire le phénomène djihadiste. L’État islamique a des franchises dans de nombreux pays. Il y a donc bien une idéologie construite et structurée, que l’on ne peut pas réduire à une folie d’ordre psychiatrique.

 

David Thomson  Journaliste

 

 

 

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VOUS N’AUREZ PAS MA HAINE.

 Lettre ouverte après la mort de sa femme le 13 novembre au Bataclan.

 

 

 

Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils, mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son cœur. Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr.

 

 

Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère, ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j’aie peur, que je regarde mes concitoyens avec un œil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Même joueur joue encore. Je l’ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d’attente.

 

Elle était aussi belle que lorsqu’elle est partie ce vendredi soir, aussi belle que lorsque j’en suis tombé éperdument amoureux il y a plus de douze ans. Bien sûr je suis dévasté par le chagrin, je vous concède cette petite victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu’elle nous accompagnera chaque jour et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes libres auquel vous n’aurez jamais accès. Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus fort que toutes les armées du monde. Je n’ai d’ailleurs pas plus de temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste. Il a 17 mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus.

 

Antoine Leiris

 

 

 

 

 

 

Adaptation théâtrale en 2017

Vous n’aurez pas ma haine est un affront au malheur.

 

 

Par François Aubel et Athénaïs Keller

 

Le comédien Raphael Personnaz raconte.

 

Avez-vous participé au choix des textes pour adapter le livre à la scène ? Non, pas réellement. En fait, la version sur la scène du Rond-Point diffère peu du livre. Il y a quelques coupes, quelques arrangements, comme un prologue que l’on a ajouté. Mais sinon nous sommes restés très fidèles à l’écriture d’Antoine Leiris et j’espère aussi à son esprit.

 

 

 

Quand vous vous voyez sur scène, dans des extraits, qu’est-ce que vous regardez en priorité ? Je ne me regarde pas ! Surtout pas, sinon, on est happé par des défauts et des qualités, qui n’en sont peut-être pas. On n’est pas le meilleur juge. J’ai eu la chance de travailler avec Benjamin Guillard, et je lui ai fait une entière confiance, du début jusqu’à la fin. C’est lui qui m’a donné envie de faire ce texte. On me l’avait d’abord proposé et je n’étais pas convaincu de la portée théâtrale du texte. Et lui non plus. C’est ce qui m’a fait prendre confiance en lui, paradoxalement. On a travaillé pendant cinq mois, et c’est quelqu’un qui a vraiment su m’accompagner de manière très délicate et très positive. Il n’y avait pas de fausse pression à cause l’enjeu, du texte ou des événements. C’est le chemin que l’on a essayé de tracer avec Benjamin depuis le début. On ne s’est jamais posé autour d’une table, en se disant qu’il fallait éviter certains écueils. Nous étions en vase clos depuis cinq mois. La première fois que j’ai joué ce texte devant un public, j’ai ressenti une forme de culpabilité, à avoir du plaisir à dire ces mots. Je me suis dit…Je n’ai pas le droit de prendre du plaisir. En fait, au contraire ! Il faut absolument prendre du plaisir à défendre ces mots, avec délicatesse, avec tact, et ne pas s’empêcher à prendre un vrai plaisir de comédien.

 

Devant cet homme qui a trouvé les mots pour dire l’absence et la force de son amour, le public, en sortant du théâtre, n’a plus de mot. Vous avez ressenti cela, lors de votre préparation ? C’est le travail pendant les répétitions qui a été très rude au début. La charge émotionnelle du texte était tellement forte qu’après à peine deux heures de répétitions, j’étais physiquement épuisé. La difficulté est de ne pas se faire avoir par cette émotion. On pleure toutes les larmes de son corps et on en oublie la raison de notre travail: faire passer les mots. Il faut trouver le juste milieu entre être chargé émotionnellement et ne pas se laisser écraser et arriver à transmettre le texte. C’est vrai que chaque soir depuis la première, il y a une écoute incroyable. Je n’ai jamais entendu des silences pareils. Mon partenaire direct est le public, sans que le personnage ne se mette en scène.

 

Comment vous vous êtes engagé dans ce projet ? Avez-vous eu des doutes avant de décider de porter ces mots à la scène ? Oui, énormément. Déjà, j’avais peur que ce ne soit pas un objet théâtral. J’avais peur aussi de ce côté «théâtre-témoignage», ou «théâtre d’utilité». Je craignais également la récupération politique qu’il peut y avoir. Beaucoup de gens sont très énervés contre ce titre, Vous n’aurez pas ma haine. Ils ont l’impression que c’est une réponse «béni-oui-oui» au terrorisme. Mais le sujet n’est absolument pas là. Ce sont des personnes qui confondent deux choses: la colère et la haine. Antoine Leiris exprime une saine colère, avec certaines constructions poétiques, lyriques parfois. C’est la réponse d’un père face au deuil, à l’absence, à l’horreur dans laquelle il a été plongé. C’est un texte universel, qui dépasse les événements du Bataclan.

 

Quelles étaient les indications principales de Benjamin Guillard, le metteur en scène Ne jamais chercher à composer un personnage, à construire un état. Être toujours dans sa propre humanité. C’est amusant parce que c’est au moment où l’on vous dit «surtout ne joue pas», que le jeu devient possible et que tout arrive. Il fallait arriver à ce moment où l’on lâche la conscience et où l’on fait confiance à l’inconscience.

 

Était-il nécessaire de mettre une barrière entre vous et votre personnage ? Non, j’arrive toujours sur scène en me disant: il ne faut pas que le public se sente plombé et dévasté en sortant. Il faut qu’il nourrisse de l’espoir. J’ai été frappé par la lumière, par l’apaisement qu’Antoine Leiris dégageait quand je l’ai vu pour la première fois à la télévision. Il fallait arriver avec cette conscience-là: Vous n’aurez pas ma haine est un affront au malheur. L’auteur ne pleure pas, ne se répand pas, et essaye de mettre des mots, assez beaux, avec du lyrisme, de la poésie, sur sa douleur.

 

 

Vous dites que parfois des spectateurs viennent vous féliciter à la fin du spectacle et vous parlent comme s’ils parlaient à Antoine Leiris. Comment on gère cette émotion frontale, qui n’est finalement pas la vôtre ? Je ne l’avais pas anticipé avec une telle force. Un peu à la manière d’Antoine Leiris dans le livre, je me suis dit…Est-ce que je suis à la hauteur de tout ce que l’on s’imagine de moi ? Mais il est important de recueillir ces témoignages du public, de ces gens qui ont été touchés. C’est aussi de la matière pour le spectacle.

 

 

Saisissez-vous ces réactions de certaines victimes qui ne comprennent pas comment un tel texte a pu être mis en scène ? Bien sûr. Surtout quand on a été directement frappé par cet attentat. Après je ne vais pas m’empêcher. Cette mise en scène est une façon de réagir comme une autre. Chacun peut réagir à sa façon. Après, j’ai récemment rencontré Caroline Langlade, une rescapée qui a sorti un livre sur l’attentat, qui m’a confié qu’il était important de toujours en parler, que le livre d’Antoine Leiris lui avait permis de mettre des mots sur sa douleur.

 

 

 

 

 

 

 

ENTRETIEN AVEC KILIAN RIEDHOF

 

Réalisateur du film

 

 

Comment avez-vous eu connaissance du livre d’Antoine Leiris ? C’est ma tante qui me l’avait conseillé. Je l’ai lu d’une traite, il m’a profondément ému. Comme je l’avais raremen t été à la lecture d’un livre. Peut-être parce que la vie d’Antoine avant l’attentat était très semblable à la mienne. Ma fille a presque le même âge que Melvil. Le lendemain, j’ai parlé de cette histoire à mes co-auteurs, Jan Braren et Marc Blöbaum. J’ai voulu leur lire quelques paragraphes et j’ai fini par leur lire le livre entier. Ils avaient les larmes aux yeux. Et là, on a compris qu’on devait se lancer.

 

Qu’est-ce qui vous a principalement décidé à faire ce film ? Je me suis bien évidemment demandé comment ce serait s’il m’arrivait la même chose. Un attentat contre le cœur même de ma vie, contre ma famille, contre ce qui m’est le plus cher et le plus intime. C’est une pensée terrifiante, pourtant elle m’obsédait.

 

Dans quelle mesure êtes-vous resté fidèle à l’œuvre originale et quelles libertés vous êtes-vous autorisé ? Notre point de vue était celui d’un ami empathique. Nous tenions à rester proches du livre d’Antoine Leiris. Il nous aurait semblé malhonnête de modifier le fond de l’histoire. C’est un récit très poétique, très subtil et touchant. Nous devions donc y faire extrêmement attention. Là où c’était nécessaire, nous avons apporté une dramatisation formelle. L’intrigue secondaire avec sa famille a été ajoutée afin de rendre tangible la transformation intérieure d’Antoine.

 

Le terrorisme islamiste est un sujet sensible. Que doit-on prendre en considération quand on aborde ce sujet dans un film ? Nous ne voulions pas donner aux agresseurs plus d’espace que nécessaire. Dans sa célèbre lettre aux terroristes, Antoine refuse de céder à l’envie de répondre à la haine par la haine. C’aurait donc été une erreur de leur fournir une tribune à l’intérieur du scénario, d’étaler leur violence afin de créer de la tension. Cela aurait vraiment été agir contre les victimes et leurs familles. Notre film montre le point de vue d’un homme dont la femme a été assassinée. Pour nous, c’était la seule façon d’aborder l’attentat du Bataclan.

 

Comment avez-vous écrit le scenario ? Avez-vous eu des contacts avec Antoine Leiris ? Vous a-t-il aidés d’un point de vue pratique ? J’ai vu Antoine que deux fois. La première fois, c’était pour faire connaissance, établir un climat de confiance en vue d’une adaptation cinématographique. Beaucoup de producteurs convoitaient les droits d’adaptation de son histoire. Mais Antoine n’était pas sûr de vouloir qu’on en fasse un film. Pour moi, le rencontrer a été l’un des moments les plus forts émotionnellement dans ma carrière de réalisateur. Parce que je savais qu’on ne parlait pas simplement d’un roman, mais de la tragédie qu’Antoine avait traversée moins de 24 mois auparavant. Après avoir discuté avec ma productrice, Janine Jackowski, et moi-même, Antoine a donné son accord pour le film. Il aimait notre approche et notre passion pour son histoire. Il pensait que c’était une bonne idée qu’on fasse ce film, nous, des Allemands qui n’avions pas été à l’épicentre des événements, mais qui pouvions regarder tout ça avec la bonne distance. La deuxième rencontre a eu lieu six mois plus tard, avec mes co-auteurs, Marc Blöbaum et Jan Braren. On a interrogé Antoine en détail sur son histoire, afin de rendre notre film le plus authentique possible. Il nous a raconté tout ce qu’il pouvait, puis il a dit que désormais, cette histoire était la nôtre. Autrement dit, il ne voulait plus s’y impliquer. Il voulait lâcher prise.

 

Vous avez réussi à faire un film très intime. Comment vous êtes-vous mis dans la peau de votre héros ? Au début de chaque production, je m’engage dans un double processus de recherche, interne et externe. Côté externe, on explore les détails de l’histoire tout en travaillant sur le scénario. Nous avons appris qu’Antoine venait d’une petite ville proche de Paris et qu’il a été le seul de sa fratrie à s’aventurer dans la capitale. Tous ces détails ont orienté l’écriture du scénario, puis ma façon de réaliser le film. Et l’imagination fait le reste.

 

Quelle était sa relation avec Hélène, avec Melvil, avec la famille de sa femme, avec son frère et sa sœur ? Un psychiatre avec qui j’ai travaillé sur plusieurs films nous a aidés à comprendre le parcours émotionnel de notre personnage principal. On est déjà dans le champ des recherches internes. Écrire, c’est agir ! S’identifier au personnage et à l’histoire de sorte que tout devient immédiat. Le cinéma reposant beaucoup sur l’identification, ça a dû être très difficile de trouver le bon acteur pour le rôle principal… J’avais une excellente directrice de casting à Paris, Constance Demontoy. Elle a tout de suite compris le livre et elle a très vite proposé Pierre Deladonchamps pour le rôle d’Antoine. Après la première séance de casting, j’étais déjà très convaincu par Pierre. Il avait la même vulnérabilité et une noblesse que j’avais observée chez Antoine. Ce genre d’affinité est indispensable quand on joue une histoire vécue. Pierre est un acteur exceptionnel. Il est capable de rendre transparent et tangible un état mental. Ce rôle le plonge dans un tour de force psychologique. Il n’y avait quasiment pas d’action dirigée vers l’extérieur qui lui aurait permis de s’échapper. Avoir porté ça et revécu encore et encore le processus de deuil, c’est sa grande réussite.

 

Le casting de Zoé Iorios dans le rôle de Melvil est particulièrement heureux. Comment avez-vous trouvé cet enfant ? Comment a-t-elle « mémorisé » son texte ? Comment cela a-t-il fonctionné avec vos instructions de metteur en scène ? Un enfant de 3 ans dans un rôle clé, ça semblait carrément impossible. On a cherché la perle rare en France, en Allemagne, en Belgique et en Suisse. On a fini par trouver Zoé. Elle nous a enchantés dès le premier instant. C’est une enfant d’une intelligence et d’une coordination incroyables. Elle peut interpréter des pensées. Là où les autres enfants s’amusaient pendant la séance de casting et « ne faisaient que » jouer la comédie, elle rendait tangible son processus intérieur, comme une comédienne adulte. La décision était évidente. Trouver Zoé a été un coup de chance. Une question demeurait néanmoins : Zoé pourrait-elle jouer des scènes plus complexes au cours du tournage ? La réponse fut oui ! Là, le rôle de notre coach d’enfant, Nouma Bordj, a été déterminant : elle a préparé Zoé sur plusieurs mois. À travers le jeu, elles ont travaillé sur des états émotionnels tels que la tristesse et l’euphorie, mais aussi sur la coordination des gestes. Quand on demande à un enfant de trois ans de jouer avec ses cubes de construction, de regarder vers la porte au bon moment, puis de dire « Maman », derrière cet enchaînement apparemment simple, il y a un long travail. Et parfois aussi beaucoup de patience de la part de l’équipe. Mais par-dessus tout, je suis reconnaissant à Zoé et à ses parents de nous avoir fait confiance pendant ce processus des répétitions et de tournage.

 

Les réseaux sociaux, la presse et les téléphones mobiles ont aussi une part importante. Qu’avez-vous pris en compte pour l’intégration de ces réalités techniques dans une histoire aussi forte émotionnellement ? En faisant nos recherches, on a découvert qu’Antoine avait été interviewé plusieurs fois à la télévision, quelques jours après les attentats. Au début, ça nous a paru assez étrange. Il nous a fallu un certain temps pour comprendre que ces interventions l’avaient aidé à tenir intérieurement. L’histoire de VOUS N’AUREZ PAS MA HAINE est aussi, en permanence, une histoire des médias. Antoine avait publié sur Facebook sa réponse à la haine des terroristes. La solidarité collective a été considérable. Son texte a été partagé plus de 250,000 fois à travers le monde. Pour Antoine, c’était stupéfiant et aussi un peu mystérieux, mais surtout, c’était un réconfort. Alors, il a diffusé et rediffusé son message dans les médias. Peut-être pour le garder vivant. Et Hélène avec lui. Donc, pendant un certain temps, la réaction des médias l’a peut-être aidé à traverser les profondes vallées du deuil. Mais à un moment donné, la dure réalité s’est imposée et il a bien dû s’y confronter.

 

 

 

Comment décrireriez-vous votre film ?

 

C’ est l’histoire d’un homme qui subit le choc du meurtre de sa femme. Son désespoir et son sentiment de haine menacent de le détruire. Pour survivre, il doit se raccrocher à son amour pour son enfant. C’est un drame très intime, très fort motionnellement, qui oscille entre la vie et la mort, entre le ciel et les ténèbres « Mon fils et moi, nous sommes plus forts que toutes les armées du monde. » C’est le message qu’Antoine avait posté. C’est ça, notre espoir. Aussi fragile qu’il est vivace.