2015-Équipe mythique

 

Documentaire sur l’équipe nationale soviétique de hockey sur glace des années 1980 à travers des actualités de l’époque et des interviews contemporaines de ses joueurs vedettes du prestigieux club de l’Armée Rouge. Red Army le nom de l’équipe de hockey soviétique qui, durant la Guerre Froide, battait les grandes équipes de l’Ouest. La préparation et l’entraînement des sportifs étaient une véritable machine à fabriquer des champions, à les broyer aussi. Seul son capitaine, Slava Fetisov, héros de la nation, osera tenir tête au régime.

 

 

 

 

 

Ce Doc./Film montre avec quelle dangerosité les tensions politiques peuvent s’étendre à l’ensemble d’une société, jusque dans sa pratique du sport, discipline culturelle et moyen de propagande à part entière. Les nombreuses scènes de matchs montrant les joueurs qui se donnent des coups et se frappent jusqu’au sang, prouvent à quel point l’obsession patriotique de l’URSS pouvaient pousser les entraîneurs à aliéner les joueurs, à les transformer en véritables machines de guerre et à leur transmettre le culte de la victoire, dans le seul but de vaincre les autres équipes du monde. La sévérité, et parfois la violence de Viktor Tikhonov, ancien entraîneur de l’équipe nationale soviétique, en est la parfaite illustration.

 

 

 

C’est contre cette folie de la grandeur que c’est dressés Slava Fetisov magnifiquement racontée à travers Sa destinée. Grand capitaine de cette équipe, un homme qui s’opposera toujours aux pouvoirs en place, qu’ils soient politiques ou sportifs. Ce qui à un moment de sa carrière lui vaudra bien des déboires mais aujourd’hui ministre des sports de la Russie… Ce n’était plus du sport, mais de la politique. Ce combat commun pour rejoindre la Ligue Nationale de Hockey d’Amérique du Nord fait magnifiquement écho au conflit americano-soviétique. A travers le portrait de ces sportifs marginaux, longtemps écrasés par l’autorité politique de leur pays, c’est le destin du monde tout entier que nous raconte le documentaire de Gabe Polsky constitué de nombreux documents d’époque et d’interviews réalisés avec les protagonistes, un documentaire puissant et saisissant, qui, loin d’être moralisateur, donne une belle leçon de vie et d’humanité.

 

 

 

Malgré leur stature imposante, ces hommes sont d’une délicatesse et d’une sensibilité remarquables, conscients des enjeux qui les dépassent largement, éprouvés par le délitement de leurs liens amicaux qu’ils ne retisseront que sur le tard., le documentaire passionnant et instructif de Gabe Polsky imbrique de manière haletante l’histoire contemporaine et la trajectoire romanesque et hors du commun de sportifs pris dans le tourbillon des événements. Sans jamais être didactique, il sait aussi rester à hauteur d’homme pour démêler cet écheveau géopolitique où le sport devient une arme.

 

 

 

JOUR DE MIRACLE (Histoire hors doc)

 

Ce 22 février 1980, Leonid Brejnev préside aux destinées de l’Union Soviétique. Jimmy Carter est à la Maison Blanche. Les États-Unis sont en plein marasme. L’économie est en berne, gangrenée par un fort taux d’inflation, et l’affaire des otages de l’ambassade américaine de Téhéran est devenue une tragédie nationale. En envahissant l’Afghanistan, quelques semaines plus tôt, l’Armée rouge a fait une démonstration de force et la Guerre Froide est montée en température. Les Etats-Unis ne vont pas tarder à annoncer qu’ils boycotteront les Jeux d’été organisés la même année à Moscou.

 

Aucun Américain mise sur son équipe de hockey sur glace. Le tournoi Olympique est promis aux Soviétiques vêtus de leur célèbre maillot rouge barré des quatre lettres CCCP. Depuis 1956, ils ont été sacrés systématiquement champions olympiques, à l’exception des Jeux de Squaw Valley en 1960, où les Américains avaient eu le dernier mot. À l’époque, la victoire avait été aussi surprenante que le sera celle de 1980, sauf que la télévision, encore très discrète, ne l’avait pas vraiment relayée dans les foyers américains. En 1980, les stars de la NHL, le championnat nord-américain, ne sont pas concernées par ce rendez-vous des J.O. Pour composer son équipe, l’entraîneur, fait appel à 20 joueurs inconnus issus des rangs universitaires et dont la moyenne d’âge est de 22 ans.

 

En préambule des Jeux olympiques, lors d’un match les Américains sont balayés par les Soviétiques 10 buts à 3 au Madison Square Garden de New York. Ils dominent la Tchécoslovaquie, l’Allemagne, la Norvège et la Roumanie et font match nul contre la Suède. Physiquement et mentalement, ils montrent une étonnante solidité. Les voilà qualifiés pour une finale à quatre nations avec l’URSS, la Suède et la Finlande. Arrive donc ce duel États-Unis / URSS que doivent écraser les Soviétiques. Ambiance…Mis en confiance par leur succès sur les redoutables Tchécoslovaques, les hommes d’Herb Brooks refusent d’être des victimes expiatoires, même si leur premier objectif est de limiter la casse face à ces « invincibles ».

 

Les grands moments naissent de grandes opportunités,

Ce soir, ce moment est le Vôtre !

Cri d’Herb Brooks avant ce match.

 

L‘URSS mène comme prévu, mais la marge est mince avec un avantage de deux buts à un. Jim Craig, le gardien américain, a fait des miracles lors de sauvetages miraculeux. Au buzzer, Vladislas Tretiak, le gardien soviétique, considéré comme le meilleur au monde, commet une bourde. L’entraîneur sacrifie Tretiak, « La plus grande erreur de ma carrière ». Le 2ème tiers-temps permet à l’URSS de virer en tête 3-2. Le troisième est un monument. Déchaînés face à des Soviétiques de plus en plus affolés, les Américains finissent par réaliser l’impossible. Mark Johnson égalise, puis le capitaine américain, donne, à dix minutes de la fin, un avantage décisif face à des Soviétiques bousculés…

 

Nous étions trop confiants à cause de notre succès avant les Jeux, nous n’avons pas su être mobilisés et réagir…Tikhonov l’entraîneur Russe.

 

 

 

Eberlués par ce qui se passe autour d’eux, des Soviétiques ne peuvent s’empêcher de sourire en félicitant leurs vainqueurs sur un nuage. Traumatisé, Sergueï Makarov, l’un des joueurs, jettera même sa médaille d’argent dans une poubelle du village olympique. A Moscou, la défaite est vécue comme une humiliation nationale. Les Américains ne fléchiront pas lors du match suivant contre la Finlande, qu’ils ont l’obligation de gagner pour devenir champions olympiques. Bien que menés 2-1, ce sera fait, 4 buts à 2…

 

« L’un des renversements à vous couper le souffle les plus spectaculaires,

non seulement de l’histoire olympique mais de toute l’histoire du sport ».

 

 

Herbert Paul Brooks  5 août 1937 – 11 août 2003

Joueur, puis entraîneur américain de hockey sur glace.

 

Participe comme joueur avec l’équipe des États-Unis aux JO 1964 et 1968. Il ne participe pas à l’édition de 1960 en raison d’une blessure récoltée la semaine avant les Jeux et assistera à la victoire en finale de ses copains devant la télévision. Entraîneur de l’équipe de l’Université du Minnesota – Trois titres de champion de la NCAA (1974, 1976 et 1979).

 

Brooks a été interprété par l’acteur Kurt Russell dans le film sortit en 2004 Miracle relatif au Miracle sur glace et Brooks a été consultant pendant le tournage du film. Pour le 25e anniversaire de l’évènement, la patinoire qui a vu la victoire de l’équipe Américaine a été renommée Herb Brooks Arena.

 

Le 13 novembre 2006, Brooks est admis au Temple de la renommée du hockey. Son fils, Dan, le représente pour recevoir cet honneur.