2014-Que du bonheur

 

Parfois et c’est assez rare, vous sortez du cinéma, oui voir un film c’est le voir au cinéma ! Vous sortez et vous êtes bien, très bien même, La vie rêvée de Walter Mitty pour son énergie, sa scène culte du décollage accompagnée par la chanson de David Bowie et bien d’autres encore fait partie de ce club très fermé.

 

Que du bonheur !

 

 

Dans un souci d’authenticité, Ben Stiller a souhaité tourner le plus possible en conditions réelles. De nombreux plans ont été tournés dans le véritable hall du magazine Life qui appartient au magazine Time. Les séquences d’action à New-York ont été jouées dans la ville même, au milieu de la circulation. Lors du plongeon de Stiller dans l’océan, c’est dans l’Atlantique que cela s’est déroulé et non dans un bassin

Nous nous trouvions en pleine mer, à plus de 1,5 kilomètre des côtes, avec des creux de plus de deux mètres, qui sont très impressionnants lorsqu’on se trouve dans l’eau. Le bateau où se trouvait la caméra s’est éloigné pour revenir pour la scène, mais durant deux minutes je me suis retrouvé tout seul au beau milieu de l’Atlantique Nord. J’étais seul en pleine mer avec une mallette en attendant que la caméra revienne,.. J’ai ressenti un réel danger, c’est dans des moments comme celui-là que l’on se dit que c’est ça, le vrai cinéma. 

 

 

Ben Stiller c’est 35 ans de carrière, il a joué sur plus de 120 films et il est passé derrière la caméra pour une dizaine de long métrage. Malgré cette énorme histoire dans le monde du cinéma je ne retiens que ce film…Aucun autre film ne retiens mon attention. Curieux le cinéma… 

 

 

le film est une libre adaptation d’une comédie datant de 1947 intitulée La Vie secrète de Walter Mitty. A l’époque, c’est le comédien Danny Kaye qui interpréta le rôle de Walter aujourd’hui joué par Ben Stiller dans sa version 2013.

 

Alors que les producteurs recherchaient activement un réalisateur et après avoir essuyé les refus de Steven Spielberg, Ron Howard, ils ont rencontré Ben Stiller. Il venait pour le rôle principal de Walter Mitty et s’est montré très intéressé par l’histoire et le personnage à tel point qu’il a donné aux producteurs sa vision des choses. C’est ainsi qu’ils lui ont également proposé de réaliser le film.

 

Intégralement tourné en pellicule. Un moyen de tourner qui devient de plus en plus désuet face au numérique mais qui était important pour le réalisateur Ben Stiller au niveau de la cohérence avec le scénario du film. Son personnage est développeur sur pellicule pour le magazine Life qui s’apprête à publier son dernier numéro papier pour passer au format numérique sur Internet. Pour les besoins du tournage, l’équipe a contacté l’actuel rédacteur en chef du site Internet Life.com. Il s’est avéré qu’il avait fait le même métier que le personnage de Ben Stiller au sein du magazine, ce qui a été une source d’information inespérée pour l’équipe. Le magazine Life est un magazine américain qui a été créé en 1883, il a existé jusqu’en 2009, il était le premier magazine de photojournalisme. Depuis l’arrêt de la publication papier, il existe toujours sous la forme d’un site Internet, exactement comme dans le scénario du film de Ben Stiller. 

 

 

 

 

 

L’idée d’un homme qui voulait vivre ses rêves ou plutôt qui rêvait de vivre pleinement sa vie est tentante. Mais, qu’en est-il réellement ? Peut-on transposer sur pellicule toute la folie d’un tel projet ? La réponse est OUI et d’une bien belle façon. Suivez le guide…Ben Stiller aux commandes d’un film ne nous a jamais laissé un souvenir impérissable, ses films bien que plaisants à suivre ne sont rien en comparaison de sa dernière réalisation. C’est un peu comme si l’acteur/réalisateur avait trouvé l’équilibre entre le meilleur de son humour et le meilleur de sa sensibilité pour nous émouvoir, nous toucher et nous offrir un beau moment de cinéma.

 



Mentions spéciales pour Kristen Wiig, douce, bienveillante et belle, elle ne triche pas et nous livre une belle performance mais aussi Shirley MacLaine dans son regard se trouve tout l’amour d’une mère pour son fils. Il y a Adam Scott en patron stupide et arrogant, l’inconnu Darri Ólafsson qui crève l’écran en pilote d’hélicoptère complètement ivre et barré et surtout, Sean Penn qui nous offre le rôle d’un photographe de l’extrême à la fois mystérieux, intrépide et touchant, une sorte de Robert Capa catapulté dans notre temps.

 

 

 

 

 

La réalisation sans faille est truffée d’éléments visuels qui servent parfaitement l’intrigue et l’extravagance du film. La bande son, sublime, rend hommage à David Bowie avec un Space Oddity réinterprété collant parfaitement à l’histoire. La thématique du film est intimement liée à la recherche de l’Amour, à la quête du Bonheur et à l’envie d’être un autre. Ou plutôt d’être soi mais en plus grand, plus fort, plus courageux, plus fou plus… plus. Ce film est un appel à retrouver ce qu’il y a de plus vivant en nous, de plus beau. La force de ce dernier est de nous révéler en filigrane ce que nous possédons mais que par peur, par pudeur, nous n’osons montrer et faire exister. Qui n’a jamais ardemment désiré projeter ses rêves et les ancrer dans le réel ? C’est un peu comme si les rêves de Walter lui permettaient d’échapper quelques instants à son quotidien trop routinier. Les éléments anodins qui surviennent dans sa vie sont les éléments déclencheurs d’une sorte de madeleine de Proust de souvenirs et d’événements pas encore arrivés.

 

 

 

 

 

Ben Stiller a écrit ce rôle pour lui. Il n’a jamais été aussi touchant, Vrai et drôle que dans ce rôle. L’émotion passe par son regard, son attitude humble et digne en toute circonstance. Il aime en secret, tout bas mais aimerait crier. Pardon, il aimerait CRIER. La projection des ses fantasmes seront le tremplin de son courage d’aimer et de vivre. Chapeau bas l’artiste.

 

 

 

Lorsque je suis sorti de la projection, la pluie et le vent étaient de la partie. Aussi, la météo, loin de me peser, me ravivait et m’éclaircissait les idées. La vie rêvée de Walter Mitty agit sur nous comme le ferait la pilule du bonheur. Elle nous réveille et nous (re)donne le goût de l’aventure et l’envie de donner le meilleur de nous-même. Ce film incarne un cheminement. De la (re)connaissance de Soi, nous allons vers les Autres. Alors, laissons nous porter par ces images et rêvons, agissons et aimons jusqu’au bout. Jusqu’à ce que notre cœur, notre corps et notre tête s’enflamment. Il est plus que temps de vivre pleinement sa Vie.