1979-Terreur spatiale

Je me souviens encore de cette séance, coincé au fond de mon siège, fasciné par l’esthétisme du vaisseau, les décors intérieurs et extérieurs, le jeu des acteurs, de Sigourney Weaver en femme forte, combative annonciatrice d’une révolution sur la place de la femme au cinéma et surtout l’angoisse face à cet ennemi inexorable que je devine à peine, de son apparition très brutale au cours d’un repas de l’équipage, et encore maintenant je sursaute à chaque fois lorsque l’officier en second se penche sur l’œuf.

 

 

 

Alien, le huitième passager est un film d’horreur et de science-fiction américain réalisé par Ridley Scott, écrit par Dan O’Bannon. Il fait partie de la saga Alien, dont il est l’opus initial. L’intrigue tourne autour de la lutte entreprise par l’équipage d’un cargo spatial face à une créature extraterrestre inconnue et agressive qui chasse les sept membres du vaisseau pour les tuer. Le titre du film se réfère d’ailleurs à cet antagoniste principal. Le développement du film est basé en partie sur une version horrifique du film “Dark Star” (1974), idée de O’Bannon, puis sur l’histoire de l’équipage d’un bombardier B-17 de la Seconde Guerre mondiale harcelé par des gremlins, suggérée par Ronald Shusett. 

 

 

Sigourney Weaver / Lieutenant Ellen Louise Ripley

 

Tom Skerritt

Capitaine Dallas, commandant de bord du Nostromo15
Veronica Cartwright / Navigatrice Lambert
Harry Dean Stanton / Technicien Brett
John Hurt / Officier en second Ward « Thomas »
Ian Holm / Officier scientifique Ash
Yaphet Kotto / Chef-technicien Parker


Bolaji Badejo / l’Alien
Helen Horton « Maman », / Ordinateur de bord (voix)

 

 

Riddley Scott pour son deuxième film, trouve sa ligne artistique avec l’artiste suisse Hans Ruedi Giger, le concepteur du monstre, il fait le choix fort, essentiel et novateur d’une femme pour le rôle principal incarnée par Sigourney Weaver. C’est son premier rôle au cinéma elle reprendra trois fois le rôle pour les suites d’«Alien».  Weaver restera à jamais liée à son personnage du Lieutenant Ellen Ripley. C’est Ridley Scott qui lui donne le scénario à lire, organise un casting à Londres pour convaincre les producteurs que c’est une femme qu’il faut pour lutter contre l’Alien. 

 

1975 – Sortie du film “Les dents de la mer”. Steven Spielberg fait apparaître un cinéma d’un nouveau genre. 1976 – “King Kong” fait son grand retour. 1977 – “La guerre des étoiles” de George Lucas apporte un cinéma de sensations fortes et de grand spectacle. Un cinéma loin des réalités sociales avec les «blockbusters» de l’été. 1979 avec “Alien” la science fiction brise les codes du cinéma de genre. 1981 – “Outland” confirme l’espace comme nouvel espace d’aventures et brise les codes du Western Sean Connery remplace Gary Cooper du “Train sifflera 3 fois”  comme shériff sur une base spatiale . 1982 – Blade Runner révolutionne le genre de science fiction par un cinéma de qualité ouvert à tous les publics pour nous parler de la société de demain. 40 ans après Le groupe Disney est devenu le leader dans l’entertainement. Après des mois de tournage et de post-production, Alien est sombre et magnifique. Il sort  1979 et c’est un immense succès au box-office. Il remporte l’Oscar des meilleurs effets visuels et possède désormais le statut de film culte, Alien est devenu un classique du cinéma de science-fiction ayant réussi à changer le genre. Premier film de « science-fiction horrifique » avec une femme pour héroïne, en la personne du Lieutenant Ripley Sigourney, moderne Jeanne d’Arc qui réussit, seule, à bouter le monstre hors de son vaisseau spatial. En quelques mois d’exploitation, «Alien» a fait de Sigourney une star. Elle devient une figure féministe majeure et emblématique. Son antagoniste principal, le xénomorphe, devient également l’un des monstres les plus reconnaissables du septième art alors que certaines scènes du film deviennent rapidement culte, comme la scène du chestbuster (explosion de poitrine).

 

 

 

ET L’HOMME CRÉA L’ALIEN À SON IMAGE
par Vincent Avenel, Benoît Smith
Étonnante péripétie que celle qui mit Ridley Scott aux commandes d’Alien, un film originellement prévu pour Walter Hill. Rétrospectivement, il s’agit pourtant du film qui lui assurera une stature internationale qui ne se dément toujours pas aujourd’hui, et ce malgré une carrière aux allures de montagnes russes. Alien, film de commande donc, est certainement l’un des sommets de celle-ci, et une opportunité pour tenter de discerner un style, des obsessions à un cinéaste qui deviendra par la suite bien moins lisible. Avec ce qui demeure la maîtresse-œuvre de Scott, Blade Runner, Alien va confronter l’homme et le divin, l’hubris de l’humain parvenu à l’apex de son évolution face à l’incompréhensible et finalement omnipotent mystère de sa propre insécurité.

 

 

 

LES ALIÉNÉS…Ce ne sont évidemment pas que les ravages d’une grosse bébête stylisée. C’est aussi une atmosphère d’étrangeté en germe dès les premières images et qui se muera au fil du film en terreur pure. Les personnages humains, nous suggère-t-on, n’y sont à aucun moment tout à fait maîtres de leur destin, malgré l’assurance qu’ils se donnent et qui s’effritera au rythme de leur extermination par la créature. C’est ce qui fait d’Alien un film d’horreur des plus forts…Faire ressentir au spectateur, de la première à la dernière seconde, l’instabilité des situations qu’on ne contrôle jamais vraiment avec une routine qu’on devine d’emblée trop paisible et qui bascule bientôt dans une précarité qui ne fera qu’aller crescendo, confirmant une appréhension ancienne. Le contexte de quasi-huis clos dans un lieu flottant dans le cosmos était évidemment idéal pour cela, mais encore fallait-il travailler plus avant.

 

Les premiers plans nous installent dans un Nostromo apparemment vide mais autogéré, où le seul signe d’activité est le défilé de listings informatiques – dont un plan nous montre un reflet sur un casque sans porteur, évoquant élégamment l’idée d’une « vie » robotique à l’œuvre. Il faut encore quelques plans avant qu’on découvre les occupants du vaisseau qui sortent en synchrone, d’un long sommeil artificiel qui confirme que la bonne marche du voyage a été assurée sans eux. En vérité, tout au long de leur expédition, ils ne font qu’occuper leur place et gérer leur survie au sein de cette entité supérieure qu’est de facto le vaisseau mû par une intelligence artificielle judicieusement surnommée « Mother » qu’ils tâchent de soumettre à leurs besoins, mais qui au fond suit un programme créé par leurs employeurs et sur lequel ils n’ont pas réellement prise. Malgré l’assurance que leur donnent leurs décisions quant à leurs activités courantes, ils vont découvrir qu’ils restent les exécutants d’une entreprise qui les dépasse et lorsque la créature commence à tuer, la volonté supérieure de sauvegarder cet organisme vivant fait de l’équipage des denrées sacrifiables voire sans doute des cobayes à la disposition du scientifique Ash, qui s’avérera être un androïde aveuglement soumis aux directives de Mother. Au fond, le seul personnage qui échappe totalement à cette dépendance est le chat, celui-là même qu’on verra assister impassiblement à la mort de la première victime, Brett, et qui d’ailleurs partagera avec Ripley (le personnage désormais indissociable de son interprète Sigourney Weaver le privilège de survivre au carnage.

 

En ce sens, la créature, avec ses modes de chasse et de reproduction si particuliers, se révèle une matérialisation physique des plus extrêmes de la (dé)possession dont sont objets ses victimes humaines, qui finissent soit pénétrées par un organe inconnu de la Nature terrestre soit détruites de l’intérieur pour libérer un nouvel être. La connotation sexuelle est évidente, l’esthétique du design de la créature par l’artiste H.R. Giger en joue ostensiblement, et la mise à mort particulière de Lambert, la dernière victime, la surligne. Mais c’est plus généralement à la peur liée à la chair intérieure que le spectacle de cet être et de ses ravages fait appel. Dans cette perspective de morts atroces mais surtout de prédation de leur intimité physique, les actions de l’équipage pour tuer l’intrus dépassent le seul cadre de la lutte pour la survie, pour prendre le sens d’un combat pour la préservation de leur moi. Lutte inégale, d’abord parce que la mort de la créature pourrait signifier la propre destruction de leur corps, mais aussi parce que d’autres, par le truchement de la « Maman » castratrice, ont semble-t-il déjà décidé de leur sort.

 

 

Cette menace de domination organique par une créature à la tête lisse, luisante, glaçante pureté esthétique synonyme de danger écrasant pour l’impureté charnelle qu’est celle des humains. Elle inspire Ridley Scott dans son choix de faire du personnage principal une héroïne, une des deux femmes sur les sept passagers, ce chiffre désamorçant le risque d’un sous-texte féministe trop grossier. Avec le personnage de femme forte de Ripley, la lutte pour la préservation du corps prend un relief nouveau, écho des progrès du féminisme dans les années précédentes et du changement de place des rôles féminins dans le cinéma hollywoodien. Jusqu’à la dernière scène d’Alien, qui voit Ripley tenter d’échapper à la créature alors qu’elle est cachée en petite tenue dans un recoin de la capsule de secours, signe des origines du film dans la série B avec une touche d’exploitation et qui reste finalement assez ambiguë sur le degré de complaisance masculine que Scott a pu se laisser aller ici…Sans doute tient-elle autant à la recherche du plaisir des yeux qu’à une mise de l’héroïne directement aux prises avec la menace de voir sa chair violentée de la pire des façons…

 

 

 

LE MYTHE DE TESEE…En un peu plus de quatre ans, Ridley Scott réalise un triptyque d’une cohérence thématique et visuelle absente de la suite de sa carrière avec Alien, Blade Runner et Legend. Si ce dernier film, tout à fait singulier dans la filmographie du réalisateur, donne pleinement dans le merveilleux, ni Alien ni Blade Runner ne manquent d’éléments qui permettent de les relier, de ce point de vue. Dans les deux films, c’est la mort des dieux (pour qui l’oubli est une mort) qui sous-tend l’intrigue, et dans les deux films, le merveilleux y est considéré d’un point de vue tout à fait ambigu, éloigné d’une vision angéliste, disneyienne du genre. La mythologie apparaît comme une obsession chez Scott, à cette époque de sa carrière, en témoigne la scène de la licorne, évidemment présente dans Legend, mais aussi extrêmement centrale dans Blade Runner, où le célèbre plan de la licorne offre le meilleur indice du questionnement de Deckard sur sa propre humanité. Dans Alien, Ridley Scott s’essaye avant tout à la mise en scène de la divinité. Huis clos infernal, Alien est un exercice de style autour de la figure mythologique du labyrinthe à ceci près que le minotaure doit ici être ramenée. C’est ainsi que l’équipe de recherche envoyée par le Nostromo, qui ramènera la créature, se voit évoluer dans un vaisseau extra-terrestre dantesque, bien plus remarquable par ses allures de temple cyclopéen, lovecraftien, que par une esthétique fonctionnelle. Désirant écraser le spectateur, Scott réservera ainsi ses plans larges à ce seul vaisseau, où ses protagonistes évoluent ainsi que des fourmis.

 


Une fois ce gigantesque temple laissé derrière eux, la mise en scène de Scott va beaucoup plus se focaliser sur les plans serrés, étouffants, renforçant la sensation d’enfermement de l’équipage du Nostromo, devenu dès ce moment un véritable labyrinthe. Alors que le Nostromo qui accueille le réveil des membres de l’équipage est un endroit d’un blanc clinique, le vaisseau après l’arrivée de la créature se transforme vite en endroit où les ténèbres pullulent, dans des salles à l’inquiétante ambiguïté visuelle. Le contraste se fait réellement jour avec la mort de Brett, la première victime de la créature devenue adulte, dans un hangar suintant d’humidité, surplombé par une myriades de chaînes à crochet se balançant perpétuellement. Peu de temps avant, Brett découvrait la mue de la créature ainsi, à ce moment même, le Nostromo opérait sa mue, habité qu’il était par la créature, comme certainement le vaisseau extra-terrestre l’avait opérée avant lui. Dès lors, les coursives du Nostromo vont toujours se révéler plus sombres, exiguës, suintantes, inquiétantes, mais surtout étrangères aux membres de l’équipage. Dès ce moment, le rapport de confiance qui s’était établi entre le vaisseau et ses occupants disparaît. Une fois la créature introduite dans les murs du Nostromo, les personnages sont transformés en spectateurs, autant que nous, ils se voient inquiétés par le hors-champ. Il est d’ailleurs très significatif que Scott ait choisi de couper la seule scène où l’on voit la créature alors que sa victime n’en est pas consciente. Dans cette scène, toujours celle de la salle aux crochets, toute la mise en scène tourne autour de l’angoisse sourde de Brett, poursuivant le chat, qui se verra assassiner sous peu par la créature. Dans la version finalement retenue pour la sortie cinéma, toute l’angoisse repose sur l’effet d’attente, de paranoïa, d’angoisse. La scène montrant la créature s’approchant silencieusement de Brett a été supprimée, les personnages sont réellement logés à la même enseigne que le spectateur, engoncés dans le champs si réduit de leurs propres perceptions. Le schéma se reproduit pour Dallas, dans les conduits d’aération, qui voit son angoisse décuplée par les imprécations des autres membres d’équipage, qui sentent venir la créature, sans savoir plus que lui où elle se trouve réellement. Et comme le spectateur, les membres d’équipage ignorent jusqu’au bout ce qu’il adviendra de Brett et Dallas, cette ignorance donnant toujours plus corps à la peur primale que représente la créature, et que Scott inflige autant à ses spectateurs qu’à ses « héros ».

 

Ridley Scott entend faire souffrir ses personnages. Jamais on ne discernera réellement de « héros », puisque la place de choix échue à Ripley comme dernière survivante du Nostromo n’est la sienne que par une combinaison de circonstances et de lâchetés. Aucun personnage du film ne peut prétendre à un comportement proprement héroïque. Le début du film baigne ainsi dans une ambiance on ne peut plus matérialiste, basse, vile entre la séquence de réveil plus que difficile orchestré par l’ordinateur de bord Mother, et les sordides prises de bec autour du salaire de certains membres d’équipage, le ton est posé. Pour Arthur C. Clarke, « N’importe quelle science, pourvu qu’elle soit suffisamment avancée, ne se distingue pas de la magie. » Mais si l’incommensurable puissance de la technologie humaine, qui permet notamment de faire contrôler un vaisseau aussi massif que le Nostromo par un équipage de sept personnes seulement, témoigne d’une avancée technologique impressionnante, la « magie » que cela requiert échappe aux voyageurs. Manifestement, la possibilité de parcourir les cieux a offert aux humains la possibilité de constater qu’aucun dieu n’y résidait c’est ainsi que toute forme de spiritualité est évacuée des préoccupations de l’équipage. La raison pour laquelle l’équipage du Nostromo se détourne de la route est ainsi purement matérialiste, les uns pour obéir à un règlement, les autres parce que la désobéissance les frapperait directement au portefeuille. Confronté aux restes cyclopéens des précédentes victimes des aliens, aucun ne s’étonnera outre mesure, l’homme avance en terrain conquis. La peur de l’inconnu a cessé d’exister. Et la peur de l’inconnu donne naissance aux mythes. De ce point de vue, Alien se révèle un exercice de style extrêmement rigoureux sur la description de l’inconnu, de l’étranger, chaque victime tombe avant tout victime non pas de son manque de prudence, mais de sa confiance aveugle dans une norme dont il ne saisit pas que les règles ont changé. La chute de l’homme dans le mythe Alien provient avant tout de la transgression de la règle, de la fin de l’Âge d’Or. Omnipotents, surpuissants, et uniquement préoccupés de leur propre confort, les héros de cet Âge d’Or sont également confrontés au mal par la trahison de l’un d’entre eux, mais surtout par l’hubris, la vanité, le pêché et la déchéance par excellence.

 

C’est avant tout son caractère d’inconnu, d’étrange, d’imprévu qui fait la force de la créature des attributs mythologiques, voire divins. Avec sa créature, Ridley Scott crée définitivement du mythe ainsi, même confrontés à leur propre impuissance, même réduits à la fuite, seule attitude rationnelle maintenant que les repères normaux sont obsolètes, Lambert, Ripley et Parker n’échappent pas à la colère de la créature. Seule la seconde y échappera, et pour la simple raison qu’elle écarte la créature mais rien ne prouve qu’elle l’ait vaincue. Parker et Lambert, quant à eux, sont détruits. Lambert d’une façon sexuellement par ailleurs très ambiguë pour la simple raison qu’ils ont croisé la créature, qu’ils ont offensé cette nouvelle divinité, suscité son ire. La toute puissance de l’homme se trouve simplement détruite en même temps que sa confiance en lui-même, et ses repères. Avec la disparition de chaque repère, avec l’annihilation de tous ses moyens d’action sur le monde, l’humain voit renaître l’antique divinité primordiale…La Peur…

 

 

 

LOST IN SPACE…De cette réussite de la synthèse entre efficacité du cinéma de genre, une direction artistique originale et suggestive avec la touche H.R. Giger et un équilibre entre sensibilité esthétique et maîtrise technique avec le savoir-faire d’un Ridley Scott inspiré à ses débuts, naît un univers filmique relevant d’un étonnant croisement entre légende, fantasme et cauchemar, centré sur une communauté humaine accrochée à ses valeurs mais découvrant qu’elle n’est pas maîtresse de son destin. Une spécificité qui sera hélas aveuglément dilapidée par l’exploitation commerciale prolongée des méfaits cinématographiques de la créature désormais culte. Les sous-textes auxquels Alien donne chair ne se retrouvent que d’assez loin, et à une distance croissante, dans ses suites au gré des changements de réalisateurs et d’équipes techniques, et sont sans surprise totalement absents de l’insipide licence récemment initiée par Paul W.S. Anderson sur la base du jeu vidéo Alien vs Predator… De quoi ne pas attendre avec trop d’impatience un très hypothétique cinquième épisode de la veine « historique », et considérer cette œuvre originelle dans toute sa richesse vraisemblablement unique.

 

1979 Alien, le huitième passager – Ridley Scott 2122
1986 Aliens, le retour – James Cameron 2179
1992 Alien 3 – David Fincher 2179
1997 Alien, la résurrection – Jean-Pierre Jeunet 2379
2012 Prometheus – Ridley Scott 2093
2017 Alien, Covenant – Ridley Scott 2104

 

Budget du 1er Alien 11 Millions $ 30 ans après Prometheus 125 Millions $

Recettes Monde 1er Alien 200 Millions $ / Promotheus 400 Millions record de la saga.

 

 

Hans Ruedi Giger / 5 février 1940 – Mort le 12 mai 2014. Plasticien, graphiste, illustrateur, sculpteur et designer suisse.
«Alien, est un peu devenu notre enfant. » S’il n’a pas inventé le monstre, Giger l’a créé de toutes pièces, lui a donné sa forme et son mouvement. C’est à lui qu’on doit l’aspect ou plutôt les aspects de la bête, les décors de la planète de la galaxie où elle attendait. Il en a dessiné et réalisé les maquettes. « Je m’inspire de mes rêves ». Il habite, dans la banlieue de Zurich, un petit pavillon qu’il a décoré lui-même en bleu nuit, noir et blanc. Pas de fenêtres dans son usine à monstres, un atelier tendu de noir, où grimacent des squelettes – vrais – et un foetus – en plastique. De toute façon, Giger aime travailler la nuit. Sa compagne Mia Bonzanigo s’installe près de lui et lit à haute voix : science-fiction et érotisme surtout.

 

C’est alors que s’élaborent les œuvres qui ont apporté à ce visionnaire gloire et fortune. l’artiste suisse Hans Ruedi Giger a toujours été fasciné par l’étrange et le terrifiant. «La Belle et la Bête », de Cocteau, l’a beaucoup marqué. Enfant, il avait installé dans le corridor de la maison familiale un train fantôme, avec pendu, squelettes en carton et cercueil qui s’ouvrait. Paradoxalement, Giger est un homme paisible et un bon vivant… il adore jouer du piano, il aime bien manger, bien boire, et tous les visiteurs qu’il a reçus affirment que chez lui l’ambiance n’est pas sinistre. Au contraire, il y fait bon vivre.