Ce matin, en sortant de notre appartement pour deux nuits nous découvrons une église pas comme les autres…Très Brutaliste comme celle de Royan, deux villes bombardées en partie rasées par les bombes des forces alliées en 1944. Alors comme partout il faut au plus vite reconstruire et retrouver son église au centre du village, de la ville pour ne pas désespérer…Pour VIVRE !





PREMIER STOP…Implorer le ciel du cycliste et sa clémence…
L’église Saint-Louis de Brest est un monument de style moderne érigé pendant la reconstruction de Brest, après la Seconde Guerre mondiale sur les ruines de l’ancienne église du même nom, construite entre 1686 et 1785. L’église est consacrée à Saint Louis, roi de France. Œuvre des architectes Michel, Lacaille, Lechat, Perrin-Houdon et Weisbein, elle est la plus grande église française reconstruite après-guerre, et est inscrite au titre des monuments historiques en 2018. La nouvelle église est construite entre 1953 et 1958 après concours par le groupe d’architectes Yves Michel, Jean Lacaille, Jacques Lechat, Yves Perrin-Houdon et Hervé Weisbein. Elle est 10 mètres au-dessus de l’ancienne dont quelques ruines sont toujours visibles dans les sous-sols de l’édifice actuel. L’église Saint-Louis est la plus grande église française reconstruite après-guerre. Architecture très verticale, l’église s’inspire d’églises modernes de la Suisse germanophone. De dimensions imposantes, l’édifice est long de 95 mètres, large de 27 mètres et haut sous la voûte de 24,5 mètres. Flanqué d’un imposant clocher en béton armé dont la taille fut réduite par rapport aux premières esquisses à l’élan coupé par un lanterneau de cuivre d’un côté et de son baptistère de l’autre avec une baie percée au-dessus de la nef qui vient éclairer le maître-autel. Son parement de pierre de Logonna contraste avec ses parois de béton et le mur Ouest, presque aveugle, répond au mur-verrière Est dans une symbolique du Mal et du Bien. Le mur Ouest est aussi aveugle en raison des intempéries. Les portes rouges rappellent le sang des Brestois morts pendant la guerre, la forme des portes évoque celle des portes de sous-marin en rappel de l’histoire maritime de Brest. À noter que les deux fines colonnes à l’entrée n’ont pas reçu leur habillage en cipolin vert pour des raisons budgétaires.





Bien que l’édifice reste controversé et d’une certaine manière inachevé avec son clocher tronqué et certains habillages manquants, la nouvelle église Saint-Louis est un des rares bâtiments du Brest reconstruit dont la conception fit preuve de volonté architecturale et de novation. L’art moderne omniprésent à l’intérieur de l’église y est particulièrement soigné avec notamment le maître autel et le calvaire surmontant le sanctuaire.
Le calice se rattache aux heures les plus dramatiques de l’histoire de Brest. Le calice a été fabriqué avec l’or et l’argent des bijoux que portaient les victimes de l’abri Sadi-Carnot. Après le drame, on recueillit l’or et l’argent des bijoux des victimes. Les familles avaient émis le souhait qu’avec l’argent massif soit fabriqué un calice orné des pierres précieuses récupérées dans l’abri. Le calice, volé le 15 janvier 2008, a été retrouvé quelques jours plus tard grâce à la vigilance d’un antiquaire.





L’explosion de l’abri Sadi-Carnot.
L’épisode le plus meurtrier survenu à Brest pendant la Seconde Guerre mondiale. Juin 1940, la ville est occupée par les Allemands. L’occupation de la Penfeld par les sous-marins allemands provoquent des bombardements intensifs et meurtriers. Mars 1941, la fréquence et la violence des bombardements amènent à construire un grand abri souterrain au centre-ville. L’abri est creusé en pleine ville de 1941 à 1942 et s’étend sur une longueur de 560 mètres, d’autres abris sont aménagés ailleurs dans l’agglomération brestoise. Le 31 juillet 1944, les Américains effectuent la percée d’Avranches et foncent vers Brest sans rencontrer de résistance. Le général Patton est persuadé qu’une semaine lui suffira pour faire tomber Brest. Le 7 août 1944, les troupes américaines assiège la ville. C’est le début du siège de Brest qui durerera 43 jours avant la reddition des Allemands le 18 septembre 1944.
Le 14 août, les civils qui se trouvent encore dans Brest évacuent la ville. L’abri Sadi-Carnot est alors le siège des services administratifs de la municipalité. Victor Eusen est alors le président de la Délégation Spéciale qui assure la survie des 2 000 Brestois restés dans la cité. La moitié de l’abri (256 mètres) est occupée par la population civile. Dans la nuit du vendredi 8 au samedi 9 septembre 1944 à 2 h 30 du matin, un soldat allemand chargé du groupe électrogène qui alimente l’abri se lève pour le mettre en marche. À la suite d’une fausse manœuvre, un incendie éclate avec à proximité une réserve de carburant et une grande quantité de munitions. Ceux qui réagissent rapidement sortent dans les fumées après avoir monté les 154 marches de l’escalier. Un grondement sourd d’une énorme puissance ébranle la voûte. Ceux qui sont au bout du tunnel sont éjectés comme des fétus de paille. Les autres sont coincés contre la grille qui s’est refermée sous le choc ou morts à l’intérieur. Toutes les munitions ont explosé transformant le long tunnel en un véritable canon. Les flammes s’élèvent à 30 mètres au-dessus de l’entrée. 371 Français sont morts, carbonisés d’un seul coup et cinq à six cents Allemands auraient été tués. Victor Eusen est au nombre des victimes.



Le « vrai » deuxième devait être le musée de la marine mais…Fermeture exceptionnelle…Ou le célèbre marché St-Louis mais en travaux pour deux ans…Alors encore plein de ressources…
DEUXIEME STOP…Franchir par les airs…
Le téléphérique urbain de Brest offre une alternative écologique aux modes de transport traditionnels. Premier téléphérique urbain de France, cette liaison de 420 mètres ouverte en novembre 2016 permet de relier le nouvel éco-quartier des Capucins au centre-ville de Brest en enjambant la Penfeld, fleuve côtier qui traverse la ville. Il répond de façon innovante au besoin d’accessibilité et d’attractivité de ce quartier en mutation, auparavant occupé par les ateliers militaires, et qui se trouve maintenant à trois minutes du coeur de ville. Le téléphérique participe au développement du réseau des transports collectifs en site propre dans une zone à forte densité urbaine. Avec ses deux cabines de 60 personnes (1 200 passagers/heure), il s’inscrit également dans la volonté d’encourager les modes actifs de déplacement (marche, vélo) en milieu urbain. En interconnexion avec les autres modes de transports, il constitue une alternative efficace à l’usage de la voiture particulière et permet une réduction des émissions de gaz à effet de serre grâce à une motorisation électrique.



TROISIEME STOP…Usine devenue lieu de culture.
Les Ateliers des Capucins.
Plus grande place publique couverte d’Europe, les Ateliers des Capucins sont depuis fin 2016 un tiers-lieu populaire où familles, amateurs d’arts ou startupeurs se côtoient. Connectés à l’hyper centre par un téléphérique, les Ateliers des Capucins sont une immense cathédrale industrielle qui offre un formidable belvédère sur la rade de Brest. Plus d’un million d’usagers y viennent chaque année pour fréquenter une des plus belles médiathèques de France, découvrir le Canot de l’Empereur et des expositions temporaires, aller au cinéma, visiter le pôle des excellences maritimes, participer à de grandes manifestations, travailler dans un espace de coworking, faire du sport, se restaurer, flâner dans les commerces ou profiter librement de ses immenses espaces !








QUATRIEME STOP…Pont de Recouvrance.
Un pont levant qui franchit la Penfeld, à Brest, Finistère. Dominant l’arsenal et le port militaire, il relie le bas de la rue de Siam au quartier de Recouvrance, en remplacement du pont tournant (pont National) détruit en 1944 par les bombardements alliés. Inauguré le 17 juillet 1954, il fut longtemps le plus grand pont levant d’Europe. Chaque pylône, construit en béton armé, mesure 70 m de haut. La travée mobile actuelle, en acier, installée en 2011, est longue de 88 m, large de 15 m, et pèse 625 tonnes.








DERNIER STOP…Impressions…
Des rues en lignes droites, des quartiers quadrillés, une architecture des années 50/60 aux couleurs toutes grises et sans artifices, des automobilistes qui laissent passer les piétons, une présence militaire importante et discrète, du soleil et sans pluie…
A SUIVRE…