J-22/ d’Est en Ouest…

 

 

Plein d’images dans la tête, il  faut déjà quitter l’île de Tatihou pour rejoindre le dernier but lointain de notre itinérance, en longeant toute la côte du Nord Cotentin, du village de St Vaast à l’Est jusqu’à l’extrême Ouest, tout près du Cap de la Hague “Port Hâble”. D’un relief plat en bord de mer, en passant par Cherbourg tout en douceur avec un stop inattendu et culturel (j’y reviendrai) c’est un tout autre univers que nous avons rencontré vers le Cap de la Hague avec plusieurs très très longues montées et descentes…Demain nous essaierons de faire le tour de la pointe avant de débuter Samedi notre retour vers Lacanau et toujours avec nos vélos…Mais c’est une autre histoire.

 

 

 

Des premiers Kms parfois difficiles en bord de Manche.

 

 

 

Barfleur, un port de pêche Normand entre Modernité et tradition.

 

 

 

Nous voilà pour deux nuits au port du Hâble un peu loin de tout…

 

 

 

 

GILLES CARON. Photographe de presse

 

A Cherbourg, une exposition photo sur le travail de Gilles Caron est ouverte et tout près de notre route. Elle ouvre dans une heure, le temps de faire une pause et nous sommes devant la porte d’un lieu destiné à la promotion de la photo en lien avec la ville de Cherbourg. Vous connaissez la photo de Cohn Bendit en 68 face au flic, je vous propose de découvrir son travail plein d’énergie, de fulgurance avec une capacité à toujours être au bon endroit au bon moment en moins de 4 ans avant de disparaître tragiquement à la frontière du Cambodge le 5 Avril 70.

 

 

Né le 8 juillet 1939 à Neuilly-sur-Seine, Gilles Caron après avoir passé son enfance à Maisons-Laffitte, Gilles est envoyé en 1946 en pension à Argentière à la suite de la séparation de ses parents, il y restera sept ans. Il rencontre en 1954 André Charlemagne Derain dit “Doby”, fils du grand peintre fauviste, à l’École anglaise de Port-Marly en Seine-et-Oise. Études au lycée Janson-de-Sailly à Paris. En 1958, il suit un cursus d’un an en journalisme à l’École des hautes études internationales à Paris et passe l’été en Yougoslavie, Turquie et Inde en auto-stop. Après un brevet de parachutiste civil, il est appelé pour 22 mois en Algérie au sein du 3e régiment d’infanterie de marine, où son refus de suivre le putsch des généraux d’Alger lui vaut deux mois de prison. À son retour en France, il épouse Marianne Montely. Ils se connaissent depuis l’enfance. Gilles fait un stage chez Patrice Molinard, photographe de publicité et de mode.

 

En 1965, il débute comme photographe à l’Agence Parisienne d’Information Sociale, où il rencontre Raymond Depardon, de l’agence Dalmas Il est sur le tournage de « La guerre est finie » d’Alain Resnais. Le 19 février 1956, Gilles Caron fait la Une de France-Soir avec Marcel Leroy-Finville, écroué dans le cadre de l’enlèvement et de l’assassinat de Mehdi Ben Barka durant sa promenade à la prison de la Santé. En mai il travaille à Paris pour une agence de mode. En décembre 1966 il rejoint l’équipe fondatrice de Gamma, Raymond Depardon, Hubert Henrotte, Jean Monteux et Hugues Vassal.

 

 

 

1967Tournage de « Weekend » de Jean-Luc Godard. Entre le 5 et le 10 juin il couvre la guerre des Six Jours et entre à Jérusalem avec l’armée israélienne puis gagne le canal de Suez avec les forces de commandement dirigées par le général Ariel Sharon. La publication de ses images dans Paris Match fait de l’agence Gamma la première agence mondiale. En novembre et décembre il est au Vietnam notamment à DakTô, durant l’une des batailles les plus dures du conflit (colline 875).

 

1968Sur le tournage de “Baisers volés” de François Truffaut. En avril il couvre la guerre civile au Biafra. Il côtoie Don McCullin, grand rival et ami, qui travaille pour le Sunday Times Magazine de Londres.

 

MAI 68Début des révoltes étudiantes à Paris qui gagnent toute la France et provoquent une grève générale. Gilles Caron couvre au quotidien les manifestations étudiantes à Paris, suit le président Charles de Gaulle en visite officielle en Roumanie entre le 14 et le 18 mai. En juillet il effectue un deuxième voyage au Biafra avec Raymond Depardon. Tournage de “Slogan” de Pierre Grimblat et rencontre de Jane Birkin et Serge Gainsbourg. En septembre il se rend à Mexico à la suite de manifestations estudiantines violemment réprimées à la veille des Jeux olympiques. En novembre il effectue son troisième reportage au Biafra.

 

 

AOÛT 1969Irlande du Nord, Gilles Caron couvre les manifestations catholiques à Londonderry et Belfast. Quelques jours plus tard, il suit l’anniversaire de l’écrasement du Printemps de Prague en Tchécoslovaquie par les chars soviétiques. Dans son numéro du 30 août, Paris Match publie simultanément les deux reportages.

 

1970…il fait partie d’une expédition dans le Tibesti tchadien organisée par Robert Pledge, avec Raymond Depardon et Michel Honorin, pour couvrir la rébellion des Toubous contre le pouvoir central de Fort Lamy (N’djamena) soutenu par le gouvernement français. Tombés dans une embuscade, les quatre journalistes sont retenus un mois prisonniers par les forces gouvernementales. AVRIL 70 il se rend au Cambodge au lendemain de la déposition du prince Norodom Sihanouk par le général Lon Nol.

 

 

 

 

 

5 avril 1970Gilles Caron disparaît avec le reporter suisse Guy Hannoteaux et le coopérant français Michel Visot, sur la route No1 qui relie le Cambodge au Vietnam dans une zone contrôlée par les khmers rouges de Pol Pot. 

 

                                                           

 

 

Dernière imag de Gilles Caron au Cambodge, il a 30 ans…

 

 

 

 

   

 

  A  Suivre…