01/Rennes ville départ…

Il y a déjà un an, nous étions sur nos vélos en direction du Sud par des chemins de traverses pour un mois de découverte comme seul le vélo peut vous offrir. Nous reprenons la route vers les côtes Bretonnes du Nord à partir de Brest. Ensuite faire le tour de la presqu’ile du Contentin et finir sur les côtes Normandes. Retour prévu vers le 14/15 Juin, mais pendant 3 jours avant le grand départ ma cousine Christine et Sylvain nous guident dans la découverte de Rennes que nous ne connaissions pas.

 

 

 

 

Cathédrale Saint-Pierre de Rennes, un monument au style unique.

 

La Cathédrale Saint-Pierre de Rennes est un exemple unique de basilique romaine en Bretagne. Un monument historique à visiter absolument lors de votre séjour à Rennes, en particulier pour voir la nouvelle salle du trésor, dont la pièce maîtresse est un exceptionnel retable anversois du XVIème siècle qui vient d’être restauré. Elle trône au cœur du centre historique et on la voit de loin avec ses deux tours qui culminent à près de 50 mètres de haut. Son histoire est étroitement liée à celles des Ducs de Bretagne qui venaient s’y faire couronner. Classée monument historique depuis 1906, la cathédrale a traversé les siècles et a connu de nombreux changements de style, à la fois dans son architecture extérieure et dans son décor intérieur qui a été récemment restauré et complété de nouvelles statues. Aujourd’hui il ne reste rien de la première cathédrale du IVème siècle. Peu de traces subsistent également de l’église gothique construite à partir de 1180, mis à part une arcade à l’arrière de la façade. En 1490 la façade gothique en très mauvais état finit par s’effondrer. Des travaux de reconstruction vont prendre beaucoup de temps…La façade n’est achevée qu’en 1704, après 163 ans de constructions interrompues par les guerres de religion, le manque d’argent et les changements incessants d’architectes.

 

La nouvelle façade est de style classique avec 44 colonnes de granit des îles Chausey qui en imposent. Un monument typiquement « Grand siècle », voire « baroquisant », qui va bien plus tard inspirer le reste du bâtiment, édifié entre la fin du XVIIIème siècle et le début du XIXème. Autre originalité de la façade, les armoiries de Louis XIV, le Roi Soleil, sont représentées sur un fronton en tuffeau entre les deux tours. On retrouve aussi, bien en vue sur la façade, 5 blasons des gouverneurs de Bretagne, évêques et lieutenants, représentant les pouvoirs politiques, religieux et militaires. Pendant ce temps là on ne s’est pas occupé de la Nef et du reste de l’édifice qui montrait lui aussi des signes de faiblesse. En 1754, on décide de la raser par précaution et de refaire l’édifice dans le style de la façade qui sera terminé en 1844. Durant cette longue période, les architectes vont s’inspirer de la façade pour reconstruire l’intérieur sur un modèle de basilique romaine. En reprenant le même nombre de colonnes à l’intérieur avec 44 colonnes de granit ponctuent donc l’intérieur du monument au style dépouillé et blanc. Rien à voir avec ce qu’il est aujourd’hui, car un personnage très important de l’histoire de la cathédrale va entrer en jeu, juste avant la fin des travaux…Godefroy Brossay-Saint-Marc, le nouvel évêque de Rennes n’aura de cesse de donner à la cathédrale un style beaucoup plus ostentatoire. Pour revoir tout le décor, l’évêque de Rennes, issu d’une riche famille qui a fait fortune dans le commerce de bougies, fait appel à la générosité des fidèles. Mais il va également faire jouer son « réseau » et il obtient de Napoléon III, qui vient en visite à Rennes en 1859, que la capitale bretonne devienne un archevêché. Jusque-là en effet, les évêques de Bretagne dépendaient de l’archevêché de Tours. Brossay-Saint-Marc devient donc le premier archevêque de Bretagne et la cathédrale une métropole. Une reconnaissance qui va donner un coup d’accélérateur au nouveau chantier.

 

 

 

 

 

 

 

RENNES. Chef-lieu du département d’Ille-et-Vilaine et de la région Bretagne. La ville se situe en Haute-Bretagne partie orientale de la Bretagne à la confluence de l’Ille et de la Vilaine. La ville compte 230 000 habitants intra-muros ce qui fait d’elle la première ville de la région Bretagne, la deuxième ville du Grand Ouest et de la Bretagne historique, après Nantes, et la onzième commune la plus peuplée de France en nombre d’habitants. Rennes est le siège d’une métropole de près de 500 000 habitants, faisant ainsi partie des douze grandes métropoles françaises.

 

À l’époque gallo-romaine, la cité porte le nom gaulois de Condate. La ville voit son pouvoir politique s’accroitre au Moyen Âge en devenant successivement forteresse des Marches de Bretagne puis capitale du duché de Bretagne. Sous l’Ancien Régime, l’union de la Bretagne à la France range progressivement Rennes au rang de grande ville provinciale. L’implantation du Parlement de Bretagne à Rennes au XVIe siècle devenu palais du Parlement de Bretagne au XVIIe siècle a permis à la Bretagne de conserver jusqu’à la Révolution française une certaine autonomie à l’égard du pouvoir royal de l’époque. Restée majoritairement rurale jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, Rennes se développe véritablement au XXe siècle. À partir des années 1950, la commune surnommée « ville des administrations » connaît un essor économique, urbain et démographique lié notamment à l’exode rural et à une industrialisation nouvelle. Durant les années 1980 et 1990, Rennes acquiert une position stratégique dans les télécommunications. Elle est depuis devenue un pôle important du secteur tertiaire en se tournant vers le numérique et les nouvelles technologies. Rennes est la deuxième ville universitaire avec près de 73 000 étudiants, derrière la ville de Montpellier.



 

 

 

 

    ALFRED DREYFUS

 

Combien de fois l’a-t-il regardée, cette photographie de Pierre et Jeanne, ses jeunes enfants endimanchés, qu’il a eu le droit de recevoir au bagne ? Le capitaine Alfred Dreyfus (1859-1935), incarcéré sur l’île du Diable, en Guyane, de 1895 à 1899, a sans doute puisé dans cette contemplation l’énergie de ne pas sombrer dans la folie. « J’ai cédé aux instances de ma chère femme, j’ai eu le courage de vivre », confie-t-il à son journal. Personnalité droite et solide de l’homme. Si Dreyfus n’a jamais cessé de clamer son innocence des accusations de haute trahison, il fut souvent vu comme une victime falote. à son second procès, à Rennes, en 1899, le capitaine refusa d’émouvoir le jury par l’évocation de ses souffrances à l’île du Diable. Né dans une famille d’industriels juifs de Mulhouse, il a reçu une éducation bourgeoise qui veut qu’on ne se mette pas en avant. Il croit davantage en la raison qu’en l’émotion. Sous cette pudeur, se cache aussi son amour de la patrie hérité d’une famille qui a choisi, en 1871, de quitter l’Alsace pour rester française, abandonnant une partie de ses biens aux Allemands. Son engagement dans l’armée va dans le même sens et vaut au brillant jeune homme de devenir stagiaire à l’état-major…et seul officier juif.

 

Humilié par sa dégradation, le 5 janvier 1895, il cherchera sans trêve à restaurer son honneur…Mon nom est sali, avait-il écrit, alors au désespoir. Au fil de ses carnets, Alfred Dreyfus laisse percer sa déception envers les grands chefs militaires mais continue de croire en l’armée. Si sa condamnation a été très rapide, sur la base de faux documents et de lourds préjugés contre les juifs, sa réhabilitation complète demandera des années. D’abord gracié d’une seconde condamnation à Rennes, il est amnistié en 1900. En 1906 enfin, le jugement de Rennes est cassé et le capitaine réintégré dans l’armée…Mais on lui refuse les cinq ans d’ancienneté liés à son emprisonnement ! En 1907, voyant sa carrière bloquée, il prend sa retraite…pour se réengager en 1914, lors de la Première Guerre mondiale : l’amour de la France et de la République, le sens du devoir étaient, chez lui, plus forts que tout.

 

 

 

 

Un désastre exceptionnel en Europe…

 

C’est ainsi que l’historien David Garrioch, spécialiste des incendies dans les villes préindustrielles, qualifie le drame survenu à Rennes entre le 22 et le 29 décembre 1720. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, le feu a détruit 8 hectares sur les 45 que comptait alors la ville intra muros, ce qui représente près de 1000 maisons détruites avec environ 10 000 personnes soit 20-25% de la population sinistrées. En revanche, du fait de sa relative lenteur, le feu n’a pas ou peu tué. Tout a commencé dans la nuit du 22 au 23 décembre dans la boutique d’un menuisier, sans que l’on sache vraiment la cause directe de l’embrasement. Mais la question n’est pas tant de savoir pourquoi un incendie évènement presque banal a pris, que de comprendre pourquoi il a pris de telles proportions. Le cocktail semble avoir été le suivant…

 

Une baisse d’attention et de disponibilité en ce dimanche, jour propice à la fréquentation arrosée du cabaret, en particulier par le menu peuple. Un effet de panique conduisant les voisins à penser d’abord à sauver leurs biens, et en particulier, pour toute une population de robins et de petits propriétaires, leurs papiers. Une absence de pompe et de pompiers et les hésitations des autorités à faire abattre des maisons, chacun espérant que le feu cesserait avant d’atteindre sa propre demeure. Des faibles niveaux d’eau dans les puits, fontaines et rivière dus à un printemps sec. Une absence de pluie et un vent fort et capricieux soufflant pendant plusieurs jours sur une ville densément bâtie, principalement en bois, et dont les greniers sont remplis de fagots.



Progressivement, les vieillards, les femmes, les enfants et quelques biens sont mis plus ou moins à l’abri et la résistance s’organise. Les charpentiers et les couvreurs sont comme toujours en première ligne, chargés de découvrir les maisons pour faire des coupe-feu, aidés des soldats qu’on accusera d’avoir au passage commis nombre de larcins. Des chaînes sont organisées depuis les puits et même à travers le couvent des Augustines, qui acceptent de voir leur maison traversée pour aller chercher l’eau de la Vilaine. L’intendant Feydeau de Brou, l’évêque Turpin de Crissé de Sanzay, mais aussi quelques parlementaires jouent ici ou là le rôle d’organisateurs de la lutte. Mais pas seulement : ainsi le prélat est-il par exemple vu encourageant les ouvriers et leur faisant porter nourriture, mais aussi portant lui-même des seaux. Certains nobles font appel à leurs paysans qui accourent de la campagne. D’autres organisent, d’autorité et sur leurs deniers, l’abattage des maisons, sauvant ainsi une rue, un quartier, mais aussi leur propre demeure.



Comment arrêter un tel brasier ? Le vent poussant les flammes vers le nord et l’est, elles arrivent devant le Parlement le 25, jour de Noël. Des flammèches fusent jusque loin en arrière du front. En prévision de l’avancée du feu, des maisons sont abattues ou simplement découvertes jusque sur les ponts habités qui conduisent vers la basse-ville. Le 27, le feu cesse de progresser. Grâce aux destructions tardivement réalisées ou grâce à la pluie ? Le fait est que bientôt, celle-ci arrive enfin et que le vent tombe. Bien des contemporains attribuent une origine surnaturelle à cette arrivée providentielle. Pour les habitants des quartiers nord, Notre-Dame de Bonne-Nouvelle a intercédé auprès de son Fils, pour les Franciscains de la place du Palais, ce serait la croix de leur ancien cimetière qui fut le pare-feu. Toujours est-il que le feu ne progresse plus et que l’incendie est considéré comme vaincu entre le 29 et le 30. Le feu s’est arrêté à l’ouest à proximité de la cathédrale et à l’est face au parlement et à l’église Saint-Germain, dans deux quartiers où se trouvent couvents et surtout hôtels particuliers en nombre significatif. Une topographie urbaine faite de murs de pierre plus fréquents, de jardins plus nombreux et de cours moins étroites explique donc aussi que le feu se soit arrêté là où vivaient plus qu’ailleurs d’influents personnages capables de payer des ouvriers pour abattre la maison de leurs voisins.



Le paysage est un amas de cendres et de pierres et poutres calcinées au milieu desquelles émergent des pans de murs en équilibre instable, ainsi que de rares maisons mystérieusement épargnées. S’il est vrai que le feu a frappé le centre géographique de la ville, il est vrai aussi que la liste des monuments disparus est relativement réduite…Le beffroi si cher au cœur des Rennais, la chapelle des merciers et une partie de l’église Saint-Sauveur sont, avec quelques hôtels particuliers, les seules pertes remarquables. L’essentiel des pertes est constitué de maisons de bois comparables à celles qui ont survécu en marge du secteur incendié.

 

 

 

 

 

PALAIS DU PARLEMENT DE BRETAGNE.

 

 

 

Palais du Parlement de Bretagne

LA NUIT DU 4 AU 5 FEVRIER 1994