Cassavetes & Rowland…

 

l’homme qui comprenait les femmes…La femme qui comprenait Cassavetes…

 

 

 

 

Muse indéfectible de son mari, pour qui elle a notamment tourne les chefs-d’œuvre, Gena Rowlands était pourtant maintenue dans le secret et Cassavetes ne lui parlait jamais des rôles qu’il écrivait pour elle. L’actrice qui fut durant 25 ans l’épouse et la muse de John Cassavetes, évoque dans un entretien la figure « unique » du cinéaste, l’immense liberté qu’il offrait à ses acteurs, sa surprenante compréhension des femmes…et la seule fois qu’elle lui a dit non. Elle assure ne jamais revoir les films de son ancien mari…Je ne les regarde pas, c’est trop émouvant, mais je pourrais vous les raconter plan par plan, car je m’en souviens parfaitement. John Cassavetes, était un artiste unique. Il aimait tellement les acteurs…Il nous donnait une liberté énorme. Le cinéaste donnait aux acteurs l’entière responsabilité de leur rôle. Quand un acteur venait le voir avec une question, il disait…J’ai écrit le scénario, je te l’ai donné, tu l’as accepté, maintenant tu es la personne la mieux placée au monde pour savoir qui est ce personnage. C’était très excitant parce que toute la responsabilité du rôle reposait sur vos épaules.

 

Son travail avec les comédiens était aussi marqué par des phases d’improvisation surtout dans Shadows, car tous les films qui suivirent étaient scrupuleusement scénarisés et par une absence de répétitions, pour encourager la « fraîcheur » du jeu…On ne répétait pas mais on faisait une lecture du scénario avant le tournage, John n’aimait pas non plus que les acteurs se parlent de leurs personnages. Dans la vraie vie, vous ne savez pas ce que les gens vont dire. Votre personnage non plus.

 

 

 

 

Elle n’est autre qu’une “étoile nue, comme Jean Seberg. Devenue le porte-étendard d’une certaine vision du 7e art défendue par son mari un cinéma libertaire et affranchi de toutes les contraintes d’Hollywood, Gena Rowlands a eu mille vies, à l’écran comme à la ville. Passée des productions ultra calibrées des studios aux tournages à l’arrachée de son mari, de la tête d’affiche de pièces de Broadway à l’éducation seule à la maison de ses trois enfants, la prostituée de Faces (1968) incarne, pour sa biographe, une Lauren Bacall tombée dans le monde ordinaire, usée d’avoir tant servi. Le couple formé par Gena Rowlands et John Cassavetes, jusqu’à la mort de ce dernier en 1989, à l’âge de 59 ans, fut l’un des plus féconds de l’histoire du cinéma. Leurs trois enfants, Nick, Alexandra et Zoe, ont d’ailleurs repris le flambeau et sont tous acteurs et réalisateurs. Muse indéfectible de son mari, pour qui elle a notamment tourné les chefs-d’œuvre. La surprise était totale…Elle assure n’avoir jamais dit non à un rôle écrit par Cassavetes, à une exception près: celui de Mabel dans Une femme sous influence, d’abord écrit pour le théâtre et qu’elle incarnera finalement pour le grand écran…Je voyais bien en le lisant que ce serait trop difficile à faire sur scène tous les soirs. C’était un rôle très physique, j’ai dit à John…Tu sais, je vais mourir d’épuisement. Il m’a dit qu’il allait arranger ça. Il est revenu trois semaines plus tard avec une nouvelle version pour le cinéma où il avait gardé le personnage mais changé l’action, pour que l’intensité émotionnelle soit plus répartie. Dans ce film comme dans tant d’autres de sa filmographie, Cassavetes mettait à nu la sensibilité féminine comme peu de cinéastes y parviendront…J’ai toujours été surprise de la connaissance qu’avait John des sentiments féminins, de sa profonde tendresse pour les personnages de femmes, il touchait à des choses auxquelles les femmes pensent, mais qu’on n’attend pas d’un homme.

 

Elle et son mari ont hypothéqué plusieurs fois leur maison pour que ce dernier puisse faire des films, il semblerait que dans le couple Cassavetes/Rowlands, la frontière entre vie professionnelle et vie privée n’existe pas.

 

 

John CASSAVETES & Gena ROWLANDS 7 Films…