Art.01-Arrivée…

AVRIL 2018 – C’est notre premier vol direct pour une destination lointaine et c’est vraiment moins dur. Pas de descente d’avion en pleine nuit pour attendre de longues heures dans des zones de transits d’aéroports pas toujours très sympa avant de repartir en essayant de retrouver d’autres repaires dans un nouvel avion…Sur un vol d’une douzaine d’heures vous pouvez parfois doubler ce temps par une escale…Éprouvant mais tellement moins cher (plusieurs centaine d’euros en moins).

 

Nos amis Pierre et Chrystelle qui habitent dans le sud de l’île sur Grande Terre sont partis à 6H30 pour nous accueillir à 8H30 à l’aéroport qui se trouve sur l’autre île « Petite Terre » mais la circulation est souvent très compliquée à l’approche de Mamoudzou passage obligé pour prendre le bac…Ils ont mis le double de temps…La population est à 95 % musulmane mais pas encore Salafiste…Ce qui donne un Islam doux même si nous ne pourrons pas photographier les gens aussi librement que dans les pays d’Asie du Sud-Est…Les tenues des femmes sont pleines de couleurs, le soleil est là, l’eau est chaude, tout devrait bien se passer a moins que…

 

Chrystelle est assistante sociale dans un collège et Pierre professeur de Français, dans un lycée, les deux établissements situés sur la commune de Dembéni. Ils ont fait le choix de vivre à Mouanatrindri qui dépend de la commune de Bouéni. Ils louent l’étage supérieur d’une maison avec une vue de « Milliardaire »… Nous sommes loin du conflit de deux mois qui vient de s’achever (deux mois sans pouvoir circuler en raison des barrages) et selon eux rien ne semble vraiment régler mais simplement en attente des prochaines prises de décision de l’état envers la population locale…Les enjeux paraissent bien dérisoire vu de la France secouée par une crise sociale profonde et qui couve depuis longtemps…Curieuse présence Française sur ce bout de terre sans intérêt stratégique (la Réunion est très proche) et une incapacité à se défaire d’un passé colonial.

 

Première marche sur la commune de Bouéni pendant plusieurs heures sur une route unique (14 Kms) et un arrêt baignade sur une plage déserte et dans les eaux chaudes de l’Océan Indien. C’est un coin assez sauvage, avec des gens accueillants et tous âges avec lesquels nous avons dialogué et pour terminer la journée repos face à la mer…

 

 

INFOGRAPHIE MAYOTTE – 101ème DÉPARTEMENT FRANÇAIS –

 

Comores et Mayotte, si loin, si proches…

L’île de Mayotte est située dans le Canal du Mozambique entre l’île de Madagascar et le nord du Mozambique. Elle fait partie des quatre îles de l’Archipel des Comores. C’est une petite île de 375 km2 entourée de nombreux petits îlots. Mayotte compte environ 300 000 habitants répartis sur deux îles, la petite et la grande terre. L’histoire de Mayotte est peuplée depuis le huitième siècle. Sa population résulte du grand trafic maritime que connut le canal de Mozambique et l’océan indien. Les fouilles archéologiques effectuées sur l’île montrent que dès le premier millénaire, une population asiatique, arabe et bantoue était déjà présente. Même si, pour avoir été longtemps gouvernée par une chefferie musulmane organisée en sultanat, la population de Mayotte est composée de 98% de musulmans, cette même population pratique un animisme encore très rependu. Ainsi dans cette petite île, se côtoient croyances bantoues, asiatiques, musulmanes, elles composent le socle d’une culture très variée.


En arabe, le mot « Comores » signifie « les îles de la Lune ». Telle une petite constellation perdue dans l’immensité de l’océan Indien, à mi-chemin entre l’Afrique et Madagascar, l’archipel peut sembler lointain vu de Paris. Pourtant, à seulement 70 km au sud des côtes comoriennes, il existe un petit bout de France : Mayotte, la quatrième île de l’archipel, est la source d’un conflit qui dure depuis plus de quarante ans. Ancienne colonie française, les Comores, autrefois composées de quatre îles (Grande Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte), ont proclamé leur indépendance en 1975. Mais Mayotte a préféré rester dans le giron de Paris. Territoire non décolonisé aux yeux des Nations unies, l’île est bel et bien « comorienne », selon l’organisation internationale. Entre 1973 et 1994, pas moins de 20 résolutions non contraignantes ont été adoptées par l’assemblée générale de l’ONU. Rien n’y a fait : depuis 2011, Mayotte est le 101e département français.

 

Mais que fait la France dans cette galère ? Comment en sortir ? Comment aider la population ? Quel moyen pour financer un département en perdition sur sa sécurité, son assistance médicale, son éducation, ses infrastructures ? Depuis le début de l’année (2018) 7 semaines de blocages sur les routes…Une insécurité croissante…Une immigration clandestine non maîtrisée…La manifestation du 10 Mai à Mamoudzou affirmait la volonté des habitants de rester Français mais aussi l’espoir de voir l’état réagir à une situation dégradée, explosive…

 

DÉMOGRAPHIE…2017-La population de Mayotte est de 256 518 habitants répartie sur 376 km soit 682 hab/km et plus de 5 enfants par femme en moyenne avec un taux de pauvreté (84 %). Ses habitants sont appelés les Mahorais(es). En mars 2018 la population immigrée est estimée à 45 % de la population adulte de l’île. 95 % des étrangers sont de nationalité comorienne. 39 % de ces étrangers étaient nés sur le territoire mahorais, essentiellement des mineurs qui pourront donc prétendre à la nationalité à leur majorité. Un habitant sur trois serait un étranger en situation irrégulière. Environ 12 000 personnes auraient trouvé la mort en tentant de rejoindre Mayotte dans des embarcations de fortune, ce qui fait du bras de mer séparant Mayotte d’Anjouan le premier cimetière marin au monde. De nombreuses associations et personnalités mahoraises dénoncent une complicité active de l’État Comorien dans ce drame… L’usine qui produit les fragiles embarcations à Anjouan n’a jamais été inquiétée, et sur les 450 à 500 départs estimés chaque année, les autorités comoriennes en interceptent à peine un, laissant ainsi prospérer cette sinistre industrie de mort, et abandonnant l’ensemble de la gestion de ce drame humanitaire à l’État français, de l’autre côté de l’océan.

 

HISTORIQUE…1841 / La France achète Mayotte.

1886 / Le reste de l’archipel composé de la Grande Comore, Mohéli et Anjouan forme un protectorat sous la direction du gouverneur de Mayotte.

1958 / L’administration quitte Mayotte pour Moroni sur Grande Comores, cela provoque le mécontentement des Mahorais.

1974 / La France organise, sur l’archipel des Comores, un référendum pour une éventuelle indépendance, Les Mahorais votent pour rester Français !

1976 / Second référendum à Mayotte qui confirme ce choix. L’Union des Comores revendique toujours Mayotte.

2009 / 31 Mars 2011, Mayotte devient un département et région d’Outre Mer (DROM) à assemblée délibérante unique. Le Conseil Départemental exerce également les compétences d’un conseil régional.

2014 / Mayotte change également de statut au niveau européen, devenant une région ultrapériphérique et fait depuis partie de l’Union Européenne.

 

La France a posé son VETO aux Nations Unies sur la résolution N°31/4 du 21 octobre 1976. Les Nations Unies, condamne la présence française à Mayotte, mais la France argue que cette résolution ne constitue qu’un avis dépourvu de force juridique. L’ONU s’appuie sur la déclaration du 14 Décembre 1960, « sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples colonisés », point N°6 sur la préservation de l’intégrité territoriale, malgré le point N°2 sur le droit à l’autodétermination et le fait que les Comores n’ont jamais constitué un pays uni par le passé. Dans sa résolution du 6 décembre 1994, l’Assemblée générale de l’ONU a rappelé et confirmé l’appartenance de Mayotte à l’État Comorien. Depuis 1995, la question de Mayotte n’est plus venue à l’ordre du jour de l’Assemblée générale de l’ONU.