
Après deux nuits à Trégastel, nous partons ce matin vers 9H45 en direction de Ploubazlanec situé à 60 kms. Pour accéder Mardi matin à l’île de Bréhat il faut un hébergement proche de l’embarcadère. Le temps est et restera gris toute la journée mais nous épargnera de sa pluie froide et glaçante. Depuis notre départ nous gardons nos blousons et tout ce que nous avons de plus chaud sur nous…C’est à dire pas grand-chose…Après une dizaine de kilomètres, premier stop à Louannec pour profiter de l’ouverture de son église consacré à Saint-Yves. La bénédiction de la première pierre de l’édifice actuel, eut lieu le 17 mai 1896. Terminée en août 1898, l’église fut bénite en septembre.






Yves Hélory de Kermartin, ou Yves de Tréguier, ou Erwan Helouri en breton, ou saint Yves dans la tradition catholique, est un prêtre et official du diocèse de Tréguier, né probablement vers 1253 au manoir de Kermartin à Minihy, dans le duché de Bretagne, et mort le 19 mai 1303 au même endroit. Canonisation 1347 par Clément VI. Généralement représenté avec une bourse dans une main, pour signifier tout l’argent qu’il a donné aux pauvres dans sa vie, et un parchemin dans l’autre, qui rappelle sa charge de juge ecclésiastique. Il est également souvent figuré entre un homme riche et un homme pauvre. Saint patron des professions de la justice et du droit (avocats) mais aussi de la Bretagne avec sainte Anne.
Considéré par l’Église catholique comme un saint majeur pour avoir consacré sa vie à la justice et aux pauvres, il est canonisé le 19 mai 1347 par le pape Clément VI. Saint Yves est le saint patron de toutes les professions de justice et de droit, notamment celle d’avocat. Il est également saint patron de la Bretagne et fait l’objet d’un grand pardon à l’occasion de la fête de la Saint-Yves tous les ans à Tréguier. On le fête le 19 mai.
La première vie serait composée au XIVe siècle par Maurice Godefroy, un dominicain de Morlaix, qui y ajoute des éléments issus de la tradition orale. Ce manuscrit est repris ensuite par Papebroch dans les Acta Sanctorum des bollandistes. Entre-temps, il est aussi fait mention de la vie de saint Yves au quatrième livre des Grandes croniques de Bretaigne d’Alain Bouchart. Bouchart reprend des éléments du procès en canonisation, mais ajoute également des éléments inédits, de sources inconnues. À partir de la Renaissance plusieurs récits de sa vie sont écrits en français, en latin, en breton et en italien. Enfin, il existe également un document en latin écrit de la main d’Yves Hélory de Kermartin. Son testament, qui est le seul de ses écrits transmis jusqu’à nos jours.
Yves Hélory de Kermartin naît dans une famille noble au manoir de Kermartin sur la paroisse de Minihy. Son grand-père, Ganaret de Kermartin, est chevalier. Son père, Hélory, est damoiseau, et sa mère, Azo, est aussi certainement noble. Sa mère prétend qu’un songe lui aurait révélé que son fils serait un saint. Il a un frère et deux sœurs dont on ne sait pas grand chose. Il grandit dans le Trégor et part dans les années 1260 accompagné de son précepteur, Jean de Kerhos, clerc de la paroisse de Pleubian, à Paris pour suivre des études à la Sorbonne. Il étudie six ans à la faculté des arts avant de passer son examen final rue du Fouarre à 20 ans. Il poursuit ensuite ses études rue du Clos-Bruneau à la faculté de décret où il apprend le droit canon. Il partirait ensuite en 1272 poursuivre ses études de droit romain à l’université d’Orléans. Il retourne probablement trois années à Paris, entre 1274 et 1277, pour y étudier la théologie. Déjà, il se fait remarquer par sa vie de privation en faveur des pauvres. Ses études achevées trois ans plus tard, il revient en 1280 en Bretagne à Rennes, où il est nommé official de l’archidiacre. C’est à Rennes qu’il assiste, en 1281, à une lecture des Sentences chez les Frères mineurs qui le marque et qui l’amène plus tard à prendre la décision de prêcher et de ne s’habiller plus que très modestement. L’évêque de Tréguier, Alain de Bruc, remarque ses talents et le presse de revenir à Tréguier. Avec le décès de ses parents, il hérite de la part du patrimoine familial qui lui est due. En plus d’inviter volontiers les miséreux à sa table, il recueille également deux orphelins, Derrien Guiomar, dominicain, et Olivier Floc’h.
En 1284, Alain de Bruc le nomme official et l’ordonne prêtre. Il le nomme ensuite recteur de la paroisse de Trédrez. Puis en 1292, le nouvel évêque l’envoie dans la paroisse de Louannec, proches des terres de son enfance. En 1293, il fait construire un refuge pour les indigents, Crech-Martin. À cette époque, Yves prêche énormément et est reconnu pour ses talents d’orateur ainsi que pour sa capacité à captiver son auditoire. Il se déplace beaucoup à pied dans la région de Tréguier, où il est vu plusieurs fois dans la même journée à des lieux différents et de bonne distance, notamment le dimanche où il prêche dans plusieurs églises du diocèse de Tréguier et de Saint-Brieuc. Dans l’enquête de canonisation, plusieurs témoins décrivent la vie de Yves comme une vie d’ascèse. Au moins lors des dix dernières années de sa vie, il ne porte que des vêtements modestes, composés essentiellement d’une bure blanche. Il porte aussi un cilice de crin sous ses vêtements et est couvert de poux de corps, dont il n’essaie pas de se débarrasser. Devenu végétarien dans sa jeunesse, au cours des dernières années de sa vie il ne mange plus que très peu, se nourrissant exclusivement de pain, de légumes et de légumineuses, et ne buvant que de l’eau. Selon quelques témoins, il jeûne trois jours par semaine au pain et à l’eau, mais s’autorise à manger deux œufs le jour de Pâques. Il partage ses biens avec les plus démunis et accueille tous les jours des pauvres à manger chez lui. Il refuse toujours de dormir dans un lit, préférant dormir à même le sol.




Yves Hélory abandonne sa charge au diocèse en 1298 pour se consacrer entièrement à la contemplation. Il meurt le 19 mai 1303, le jour de l’ascension, dans son manoir de Kermartin. Son corps est transporté sur un brancard à la cathédrale Saint-Tugdual de Tréguier, où de nombreuses personnes se déplacent pour s’approcher de sa dépouille et pouvoir la toucher. Les premières démarches afin d’obtenir la reconnaissance officielle auprès de la papauté sont initiées par le duc de Bretagne Jean III. Ce dernier envoie en décembre 1329 son frère Guy de Bretagne, comte de Penthièvre, accompagner l’évêque de Tréguier Yves de Boisboissel afin de supplier le pape Jean XXII de procéder à sa canonisation. Le pape Jean XXII donne une bulle en date du 26 février 1330, décrétant l’ouverture d’une enquête sur la vie et les miracles d’Yves Hélory, et nomme à cet effet trois commissaires apostoliques chargés de se rendre sur place pour entendre les témoins. Leur audition de 300 témoins débute le 23 juin 1330 à Tréguier et s’achève le 4 août suivant. Le 4 juin 1331, les procès-verbaux des enquêtes sont présentés en plein consistoire au pape qui nomme, séance tenante, trois cardinaux chargés d’examiner la cause et de préparer la tenue d’un consistoire au terme duquel il donnera sa décision finale. Par acte du 19 mai 1347, le pape Clément VI, canonise officiellement Yves Hélory en l’inscrivant au catalogue des saints et en fixant au 19 mai le jour de la célébration de saint Yves. Le 29 mai 1347, à la levée du corps du saint, sa tête est placée dans un reliquaire et le reste des reliques mis dans un sépulcre que Jean V de Bretagne fait surmonter d’un monument, dans la cathédrale Saint-Tugdual de Tréguier, où le corps d’Yves avait été apporté juste après sa mort. Son culte est resté particulièrement vivace en Bretagne où les chapelles qui lui sont dédiées ainsi que les statues le représentant sont très fréquentes. Les récits hagiographiques également.

Quand les Bretons voyaient passer dans la campagne
Saint Yves revêtu de son grand manteau blanc
Ils se disaient que Dieu l’avait mis en Bretagne
Pour défendre des grands les faibles, les petits.
À son nom s’éveillaient, sur leurs couches funèbres
Des enfants dont les mères avaient fermé les yeux
Les marins l’invoquaient au milieu des ténèbres,
Et leurs barques passaient les brisants périlleux.
Eglise Saint-Yves-des-Bretons (Sant’Ivo dei Bretoni), ROME.




Début XVe siècle, Alain de Coetivy obtient du pape Nicolas V la concession d’une église à Rome, bâtie probablement au XIIe siècle et placée alors sous le patronage de saint André. Par bulle du 16 septembre 1455, Calixte III, successeur de Nicolas V, ratifie cette décision. Cette vieille église est détruite en 1875 pour cause de vétusté et reconstruite dans le même temps plus petite dans un style néo-renaissance florentine. Un tympan en terre cuite vernissée surmonte la porte d’entrée principale et représente au centre une Vierge à l’Enfant, à sa droite saint Yves et à sa gauche saint Bernard. L’ancienne église conservait de nombreuses pierres tombales de bretons décédés à Rome et enterrés dans l’église. Elles ornent aujourd’hui le cloître de Saint-Louis-des-Français à Rome. La façade a été restaurée pour l’année 2003, année du septième centenaire de la mort du saint. Cette petite église se visite sur demande auprès du recteur de Saint-Louis-des-Français. Le 19 mai, chaque année, une messe en français y est célébrée en l’honneur de saint Yves.
Eglise Sant’Ivo alla Sapienza. ROME



La seconde église est originale en particulier par la tour qui la surmonte représentant la tour de Babel. Elle fut construite entre 1642 et 1660 par Borromini dans l’enceinte du Palazzo della Sapienza abritant alors le Studio Romano qui devint ensuite l’université de Rome jusqu’en 1935. À l’intérieur de l’église se trouve un retable représentant saint Yves commencé par Pierre de Cortone (1596-1669) et achevé par un ou plusieurs de ses élèves. En France, la Confrérie Saint-Yves est fondée à Paris et décide d’élever une chapelle en l’honneur du saint. Un projet approuvé par Foulques de Chanac, évêque de Paris de 1342 à 1349, par lettres du lundi après l’Assomption de 1348. L’ancienne chapelle Saint-Yves de Paris a été détruite en 1796.
LE 19 MAI CELEBRE SAINT YVES.



À la fin du XXe siècle, le mouvement culturel breton lance l’idée d’une fête annuelle des Bretons à l’instar de la Saint-Patrick pour les Irlandais et retient le jour de la Saint-Yves comme date fédératrice. Désormais le 19 mai est l’occasion d’un grand pardon à Tréguier, mais aussi dans toute la Bretagne et partout où des Bretons sont installés, sous le nom de Gouel Erwan (litt.: « fête de Yves »). Le pardon est souvent encadré de festivités profanes qui peuvent durer plus d’une journée. En 2011, la Région Bretagne les reprend officiellement sous le nom de « Fête de la Bretagne ». Particulièrement fêtée dans les paroisses bretonnes, la Saint-Yves est le sujet d’une messe partiellement en langue bretonne célébrée à la cathédrale Saint-Louis de Versailles où se retrouvent les catholiques bretons d’Île-de-France.





En Bretagne il y a un réseau de routes secondaires très étendus mais parfois Géovélo nous fait passer par des chemins improbables mais c’est aussi pour plus de sécurité…Parfois lorsque la circulation le permet, que la météo nous encouragent à finir plus vite nous reprenons des routes plus roulantes. Hier, en fin de parcours, le froid et la pluie nous poussaient à rouler plus vite et plus facilement pour retrouver notre hébergement à Ploubazlanec pour les deux prochaines nuits. C’est ICI



La Cathédrale, dédiée à Saint Tugdual, moine fondateur de Tréguier, est l’un des plus beaux édifices religieux bretons. Construit en pierre de Caen, de schiste et de granit, débute en style romane au XIème siècle et s’achève sous l’influence gothique avec son cloître et ses 46 arcades, des arc-boutants en pierre et une voûte en bois, le Cloître est le plus complet subsistant en Bretagne. La flèche du XVIIIème siècle surplombe toute la ville à plus de 60 m. de hauteur. Des motifs de jeu de carte ajourent cette sentinelle de pierre référence aux finances de la loterie dans lesquelles Louis XVI aurait puisé pour la financer.






Tugdual, évêque venu de Grande-Bretagne au 6e siècle, fonda au Val-Trécor un monastère qui devint, avant le milieu du 9ème siècle, le siège d’un évêché. Devant l’invasion normande, l’évêque Gorennan s’enfuit en France, au début du 10ème siècle, avec les reliques de saint Tugdual, et la cathédrale fut détruite. Elle fut seulement relevée de ses ruines vers 970 par les soins d’un noble appelé Gratias. L’édifice, primitivement dédié à saint André Apôtre, est rebâti vers 970 par un dénommé Gratianus ou Gratias après le saccage des Normands puis de nouveau au 12ème siècle. A l’intérieur de la Cathédrale le tombeau de Saint-Yves est remarquable.


L’édifice actuel fut commencé en 1339 sous l’épiscopat de Richard du Perrier. La ville ayant été saccagée et l’église endommagée par les troupes anglaises en 1346, les travaux sont repris vers 1370, les voûtes hautes du chœur achevées à la fin du 14ème siècle, ainsi que l’indiquent les armes de l’évêque Pierre Morelli (+ 1401), et les chapelles donnant sur le chœur vers 1425. l’église fut terminée par le porche méridional, décoré des armes de l’évêque Pierre Piedru, et le clocher qui le surmonte, dont la maçonnerie fut achevée en 1432. Peu après, vers 1442, fut édifiée la chapelle du duc accolée à l’aile nord du transept Les contreforts et arcs-boutants du choeur, en pierre de Pluzunet, ne furent terminés qu’en 1515. Au 18ème siècle, la flèche en bois du clocher menaçant ruines, la flèche actuelle fut construite par François Anfray, ingénieur des Ponts et Chaussées à Guingamp et terminée en 1785. Elle était la cathédrale de l’ancien évêché de Tréguier, l’un des neuf évêchés de la Bretagne historique jusqu’en 1790. Elle abrite de nombreux objets mobiliers importants, parmi lesquels le tombeau du duc Jean V de Bretagne, celui élevé à saint Yves en 1890, ainsi qu’un orgue dont le buffet date du 17e siècle.
Calvaire de Tréguier



En 1903, Tréguier, paisible cité bretonne à l’âme profondément catholique, voit surgir en son cœur une statue d’Ernest Renan, inaugurée en grande pompe par Anatole France. Ce n’est pas tant l’hommage à un écrivain local qui choque que ce qu’il représente…La victoire de la pensée rationaliste et anticléricale sur la tradition chrétienne. Renan, bien qu’issu du terroir chrétien trégorrois, est célèbre pour son livre La Vie de Jésus (1863), où il nie la divinité du Christ, en le présentant comme un « homme supérieur », mais non un Dieu incarné. Cette réduction du Christ au rang de simple moraliste est un affront majeur dans une cité où Saint Yves patron des avocats, défenseur des pauvres est encore vénéré. En 1903, la République mène une offensive frontale contre l’Église. Lois de laïcité, expulsions de congrégations religieuses, interdictions d’enseignement…Dans les villes comme Tréguier, ces politiques prennent une dimension symbolique. La République érige Renan, un « apôtre du doute » selon ses détracteurs, en figure tutélaire à deux pas de la cathédrale. Comme une prise de territoire idéologique. « Ce n’est pas un hasard si la déesse Athéna coiffe Renan de laurier sur la statue : c’est la Raison triomphant de la Révélation », note un historien local.
Cette glorification provoque une immense colère dans les milieux catholiques. Les gendarmes doivent être mobilisés le jour de l’inauguration pour éviter les heurts. Anatole France, figure littéraire du camp laïque, est hué pendant son discours. C’est dans cette tension qu’émergera une réponse. L’année suivante, en 1904, les catholiques bretons décident d’ériger un Calvaire de Réparation, comme on érigerait une croix sur un lieu profané. C’est une contre-statue, mais bien plus encore, un acte liturgique, une supplique publique pour demander pardon à Dieu des offenses causées par l’apologie de Renan. Œuvre du sculpteur Yves Hernot, le monument représente le Christ crucifié, entouré de saints, dont Jeanne d’Arc et Saint Louis deux figures emblématiques du lien entre foi et patrie. L’inscription centrale proclame en trois langues… « Vere filius Dei erat iste » — « Celui-ci était vraiment le Fils de Dieu » — un contrepied direct aux thèses de Renan. Dans un espace public où les symboles religieux sont peu à peu proscrits avec la loi de séparation de 1905, le Calvaire de Tréguier constitue un acte de résistance. Il montre que, même muselée politiquement, la foi catholique ne renonce ni à son droit à l’expression ni à son devoir de témoignage. Des processions se mettent en place autour du calvaire. Chaque année, à la mi-mai, le pardon de Saint Yves devient un moment de réaffirmation de l’identité catholique de la Bretagne, souvent malmenée par l’État centralisateur. Ce qui se joue à Tréguier en 1903-1904 n’est pas un simple désaccord d’esthètes ou d’intellectuels, c’est une véritable guerre des mémoires. D’un côté, l’État républicain cherche à réécrire l’histoire nationale sans Dieu, ni croix, ni saints. De l’autre, les catholiques veulent préserver l’héritage spirituel de la France. « Il faut déchristianiser le Panthéon », disait Clemenceau. À Tréguier, on veut au contraire re-sacraliser la place publique. Plus d’un siècle plus tard, le Calvaire de Tréguier demeure. Sa croix surplombe la ville, humble mais ferme. Il rappelle que l’histoire de France ne commence pas en 1789, et que les racines chrétiennes de notre pays ne peuvent être arrachées sans conséquences.
Lire ICI un article trés complet sur cet évènement pas si lointain et d’actualité…Triangle CANNES / CANAL + / BOLLORE

Lundi 18 Mai 2026
TREGASTEL/ PLOUBAZLANEC
58 Kms pour 3H15 de vélo
7H00 de parcours
A Suivre…