07/ Côtes d’Armor.

Samedi 16 mai 9 heures…Départ de Morlaix en direction de Trégastel. Nous quittons le Finistère pour découvrir durant 7 jours les Côtes d’Armor de Lannion à Dinan entre les terres intérieures et la côte. Toute la matinée, malgré une météo maussade et très froide en raison d’un vent du nord puissant et glacial nous roulons dans une belle campagne verdoyante et vallonnée.

 

 

 

 

Sur ce trajet toujours défini après plusieurs lecture des destinations proposées par GEOVELO nous croiserons dans la journée en longeant le littoral une dizaine de groupes dizaine. Nous sommes sur la Vélomaritime…

 

 

 

 

Mais parfois les exploitations porcines dégagent une odeur prégnante et sur de larges zones…Avec 56 % du cheptel national, la Bretagne est de loin le plus grand fournisseur de porcs en France. 7,27 millions de cochons y ont été produits en 2021 dans les 3.950 exploitations que compte la région. De l’amont…Aliment, matériel, bâtiment, vétérinaire…à l’aval…Abattoirs et transformation. Ce sont 14.000 emplois qui dépendent de cette filière en Bretagne. Kristen Falc’hon, co-auteur de cette enquête, est lui-même fils d’un ex-éleveur de porcs intensifs. Retour sur l’histoire de la modernisation des élevages de porcs durant la seconde moitié du XXe siècle.

 

Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, quelques grands élevages porcins existent à proximité des ports, fromageries et beurreries, les sous-produits de ces petites industries servant à l’engraissement des animaux. Mais la plupart des 200 000 exploitations agricoles bretonnes sont des fermes en polyculture élevage qui engraissent de un à dix porcs par an. La vente de porcs est une des principales sources de revenus d’une ferme. La tentation d’en élever davantage est limitée par la récolte annuelle…Les cochons sont nourris avec les surplus de céréales ou de pommes de terre de la ferme. Jusqu’au milieu du XXe siècle, la « glandée », une activité principalement féminine durant laquelle on emmène les porcs se nourrir de glands en forêt, est également pratiquée dans certaines zones bretonnes. Les recherches sur l’alimentation par l’Institut national de la recherche agronomique créé en 1946 et le développement des marchands d’aliments, qui mettent à disposition les premiers aliments dit « composés » ou « complets » permettent dès les années 1950 aux agriculteurs de s’affranchir de la limite que constituait leur récolte annuelle. Les écuries, vides après l’arrivée des tracteurs américains dans le cadre du Plan Marshall, et les étables, sont peu à peu réaménagées en porcheries.

 

La loi sur l’élevage de 1966 et le plan de rationalisation porcine de 1970 marquent le début de financements importants alloués à la recherche génétique pour l’amélioration des porcs avec mise au point de races plus productives et plus à même de vivre en système intensif et à la conception de bâtiments adaptés à l’élevage industriels. Les porcs, connus pour leur fragilité respiratoire, ont cependant toujours accès à l’extérieur via des « courettes ». En Grande-Bretagne, la voix de Ruth Harrisson s’élève dès 1964 contre le sort réservé aux cochons d’élevage, dans son livre « Animal Machine », traduit dans sept langues et provoquant la rédaction de la Convention européenne sur la protection des animaux dans les élevages. A partir des années 1980 malgré tout, la ventilation dynamique adaptée à l’élevage porcin révolutionne le secteur et autorise une production totalement coupée de l’extérieur…Les porcs sont pour la première fois de l’histoire enfermés 24 h/24.

 

 

 

 

Pourtant, dès les années 1970 la France connaît des crises de surproduction entraînant un effondrement des prix du porc. Dans les Côtes d’Armor, la FDSEA, contrairement à la FNSEA, est vent debout contre l’agrandissement des exploitations. Au congrès d’avril 1975, elle se prononce contre tout cumul de terres ainsi que contre l’extension des ateliers de production préjudiciables à l’ensemble des petits producteurs. Le processus de concentration amorcé ces dernières années ne peut déboucher que sur un transfert de la production au profit des firmes. Dans le Finistère, Guy Le Fur, éleveur non loin de Landunvez, élu à la tête de la Fédération nationale porcine (FNP) en 1976 puis de la FDSEA du Finistère, milite également pour une régulation des marchés par un office public d’intervention et demande un plafonnement les capacités de production des exploitations et un contrôle de la dimension des ateliers de production. Ses projets suscitent de vives oppositions de la part du courant ultralibéral de l’élevage, représenté notamment par Alexis Gourvennec (1936-2007). Celui-ci, à la tête de très gros ateliers porcins dans le Finistère et au Venezuela, est PDG de la compagnie maritime Britanny Ferries et président de la caisse régionale du Crédit agricole à partir de 1979. Fervent militant des actions violentes, il déclare au Télégramme, en 1976…Nous devons abandonner à leur sort les ‘‘minables’’ qui ne nous intéressent pas. C’est à ce prix seulement que nous gagnerons la bataille de la production. Je ne dis pas que cela va sans poser des cas sociaux difficiles et dignes d’intérêt. Mais il appartient à l’État de leur venir en aide, et non à la profession qui ne peut se permettre de traîner des boulets dans la bataille internationale en cours.Ces co

 

nflits ne seront pas sans conséquence sur le quotidien de la famille Le Fur, qui relate « des coups de téléphone anonymes la nuit, des bottes de paille avec une boîte d’allumette déposées devant la maison, des pneus dégonflés…». Cette omerta motive Guy Le fur, avec d’autres, à créer un syndicat dissident, la Confédération paysanne. Il participe aussi à la création de « Solidarité Paysan » pour venir en aide aux agriculteurs en difficulté. Aujourd’hui encore, c’est la figure d’Alexis Gourvennec qui est valorisée par les acteurs de l’agroalimentaire. En juillet 2022, haute de 4 mètres et pesant 11 tonnes, sa statue, financée par Le Crédit agricole, la SICA de Saint-Pol-de-Léon et la Brittany Ferries, a été installée dans la Vallée des Saints, en Bretagne…

 

 

 

 

Descente progressive du plateau vers la baie de Saint-Michel-en-Grève avant de rejoindre Lannion sans nous y attarder…Il fait très froid sur nos vélos, direction 10kms plus loin au Radome de Pleumeur Bodou un très jeune ouvrage classé monument historique.

 

 

 

 

 

 

 

J’avais 14/15 ans, lorsque avec ma famille nous etions venus voir cette « Oreille géante » qui se déplaçait très lentement pour se caler sur un sattelitte pas encore Géo-stationnaire.

 

PLEUMEUR-BODOU11 juillet 1962 à 0h47.

Captation premières images télévisées des Etats-Unis via le satellite Telstar-1.

 

1956/ Premier câble sous-marin téléphonique entre la France et les Etats-Unis pour une faible capacité de 36 voies. Pour des images au-delà des mers, il fallait envoyer les bandes magnétiques par avion. 1957/ Les russes mettent en orbite le Spoutnik. 1965/ Les américains lancent le premier satellite géostationnaire Intelsat-1. Leur projet Telstar-1 téléphone des étoiles prévoit d’envoyer des images et du son entre les pays via les satellites spatiaux. Il faut construire des stations de réception des deux côtés de l’atlantique. Le gouvernement français nomme Pierre Marzin, directeur du CNET (Centre National d’Etudes des Télécommunications),décide d’installer la station à Pleumeur-Bodou et pilote le projet avec la NASA. La station est construite en 9 mois. Une sphère en toile en dacron de 50 mètres de haut, gonflée par 100.000 m3 d’air, protège l’antenne des intempéries et forme cette enveloppe futuriste qui fascine et intrigue. Pour rester gonflée et résister à la force du vent, la sphère de 2 mm d’épaisseur seulement est pressurisée en permanence. L’antenne de 340 tonnes est acheminée des Etats-Unis par la mer, assemblée sur un rail circulaire et posée sur une dalle de béton de 4000 m3. Un chantier colossal qui mobilise jusqu’à 1250 personnes travaillant jour et nuit pour respecter les délais. Le nouveau Centre de Télécommunications Spatiales de Pleumeur-Bodou (CTS) est né et inauguré par le Général de Gaulle le 19 octobre 1962.

 

 

 



Les images télévisées en direct des premiers pas de l’homme sur la Lune, les voix off de Cap Canaveral ponctuées d’un bip sonore, l’immense émotion soulevée dans toute la France. On le doit au Radôme, installé à Pleumeur-Bodou depuis 1961. Les images télévisées et les conversations téléphoniques du monde entier entrent en France par les portes de la Bretagne. Un exploit technique et humain qui propulse alors la France dans le palmarès des pays à la pointe de la technologie. Les premières images de l’homme posant le pied sur la lune arrivent sur les écrans de télévision et les Français vivent en direct le rêve de Jules Verne. La station de Pleumeur-Bodou se développe rapidement et huit antennes supplémentaires seront construites entre 1969 et 1999. Le Radôme cesse, lui, toute activité en 1985. Louis Mexandeau, alors ministre des PTT, décide de conserver le site et de lui adjoindre un musée, le Musée des Télécoms. Les Américains, eux, détruisent leur radôme. Depuis septembre 2000, le Radôme de Pleumeur-Bodou est classé monument historique et a reçu le label « patrimoine du XXème siècle ». Le Radôme, cette énorme sphère de 50 mètres de haut qui pourrait accueillir l’Arc de Triomphe, et un bâtiment de 3000 m² d’expositions constituent aujourd’hui un ensemble unique dédié à l’histoire et à l’avenir des télécommunications : la Cité des télécoms.

 

 

 

 

 

 

 

 

TELSTAR-1. 77kgs / 77 cms diamètres. Satellite de télécommunication expérimental, le premier lancé dans un cadre commercial et financé en grande partie sur fonds privés. Lancé en 1962, il a marqué un tournant dans l’histoire des communications, inaugurant l’ère des télécommunications par satellite, tout en constituant une réplique des américains au lancement de Spoutnik dans la course à l’espace, réalisant la première retransmission télévisée en direct en mondovision. Il fut développé par la société AT&T, et était destiné à tester l’utilisation d’un satellite pour les communications à longue distance : téléphonie et télévision. Plusieurs stations terrestres de grande taille furent construites de part et d’autre de l’océan Atlantique, dont celle de Pleumeur-Bodou en France, pour réaliser ces tests. Le satellite, lancé par une fusée Thor-Delta depuis le Cap Canaveral le 10 juillet 1962, a fonctionné de manière satisfaisante jusqu’au 21 février 1963. AT&T avait l’intention de généraliser l’expérience et de mettre en place une flotte de satellites assurant une couverture mondiale depuis l’orbite moyenne mais ce projet ne fut finalement pas réalisé.

 

 

 

 

 

 

 

Une mobilisation générale, c’est une contagion de peur déguisée en héroïsme.

Roger Martin du Gard

les Thibauds

 

 

 



Lorsque nous nous arrêtons dans les villages, les monuments aux morts racontent le malheur de cette 1ère guerre Mondiale dans toute les familles Bretonnes…Les estimations les plus récentes sont…31 000 natifs du Finistère, 27 000 des Côtes-du-Nord, entre 24 000 et 25 000 natifs du Morbihan comme de l’Ille-et-Vilaine et de la Loire-Inférieure, l’actuelle Loire-Atlantique. Soit 131 000 morts, environ 4 % de la population de la région en 1911. Une mortalité supérieure à la moyenne nationale, mais qui ne signifie pas pour autant que les soldats ou régiments bretons furent plus maltraités sur le front. L’explication se situe plus dans le recrutement car plus jeune que la moyenne, plus rurale et donc moins concernée par le maintien de l’activité industrielle à l’arrière et moins dynamique économiquement, la Bretagne a fourni davantage de soldats au front.

 

 

 

Famille Ruellan monuments aux morts Paramé, rue des 6 frères Ruellan à St Malo. Une famille qui incarne la multiplicité des Bretons au front pendant la Première Guerre mondiale, ce sont les Ruellan de Saint-Malo sur dix frères, huit sont morts pour la France…Julius décède de ses blessures à Souain / André tombe dans le secteur de la Main de Massiges / Bernard est tué lors d’un coup de main dans le secteur de Frévent, dans le Pas-de-Calais / Louis perd la vie pendant la bataille de la Somme, la même année qu’Henry, fauché pendant celle de Verdun / Jean termine ses jours sur le mont Kemmel à la fin du mois de mai 1918

 

Chacun se croyait libre…Tous obéissaient au même vertige.

Roger Martin du Gard

les Thibauds

 

 

 

 

 

 

Une dernière phrase avant de se quitter et de se retrouver bientôt sur l’île de Bréhat…

 

« On ne voit bien qu’avec le cœur. »

Antoine de Saint-Exupéry

dans Le Petit Prince

 

 

 

 

16/17 Mai 2026

TREGASTEL

63 Kms pour 3H45 de vélo

41 Kms pour 2H30 de vélo

 

A Suivre…