1983-Immense Depardieu !

C’est juste après sa Palme d’or à Cannes pour L’Homme de fer, qui célébrait à chaud l’avènement de Solidarnosc et la prise de pouvoir en Pologne par Lech Walesa, qu’Andrzej Wajda tourne Danton. Le cinéaste s’y intéresse moins à la Révolution française qu’à l’approche de la pièce de théâtre qu’il adapte, L’Affaire Danton, écrite par Stanislawa Przybyszewska. A savoir l’affrontement de deux hommes, Danton et Robespierre, l’un jouisseur, profiteur, souhaitant faire la paix avec les aristocrates et stopper le processus de révolution, et l’autre austère, incorruptible, restant acharné à le poursuivre…

 

 

DANTON, LE JUSTE SACRIFIÉ, SELON WAJDA.

Par Jean-Luc Douin

 

…On dit que Danton, le juste sacrifié, incarnait Walesa, et Robespierre, tyran froid, Jaruzelski. Et la Terreur ? On dit que Danton représentait l’Occident, et la défense d’un statu quo, et Robespierre l’Est, la propension à soumettre l’action à l’idéologie. Que Wajda s’était représenté lui-même dans le peintre David…Mais Wajda balaya toutes ces hypothèses, avant de consentir à confesser que l’extrême fatigue dépeinte chez ses révolutionnaires, il l’avait observée chez les leaders de l’insurrection ouvrière à Gdansk, et que s’il devait trouver une morale à cette reconstitution, ce serait le devoir de brider la vague débordante qu’est une révolution, d’imposer un cadre à la liberté. Wajda confessa surtout qu’il n’aurait pas fait ce film sans Gérard Depardieu. Dans ce film fiévreux où il est bien entouré de Wojciech Pszoniak (Robespierre), Patrice Chéreau (Camille Desmoulins) et Roger Planchon (Fouquier-Tinville), le comédien puissant, dévoreur, hagard, essoufflé, gouailleur et débraillé, est magnifique. Un de ses plus grand rôle avec Cyrano de Bergerac de Jean-Paul Rappeneau en 1990.

 

 

 

 

Wajda tourne Danton en 1982, sept ans avant le bicentenaire de la Révolution française et le début de l’effondrement du bloc soviétique. Le film se concentre sur les dernières semaines de Danton avant son exécution par le Tribunal révolutionnaire en 1794. Il fait écho à la situation politique de son pays, la Pologne secouée par l’insurrection de Solidarsnoc et son représentant Walesa, ou du moins s’en inspire, cet aspect est abondamment commenté à la sortie. À cette dimension ‘d’actualité’ s’en ajoute deux autres, également politiques, bien plus éloquentes et utiles à long-terme. La première est spécifique et proprement historique, c’est évidemment cette approche des aléas de la Révolution éloignée des lectures idéalistes et conventionnelles, sinon tout simplement républicaines. Sur ce plan Danton se rapproche des Mariés de l’an II de Rappeneau 1971 qui portait une vision sceptique des acteurs de la Révolution et des révolutionnaires en particulier. La seconde dimension est généraliste, tient aux idées et aux systèmes…Danton met nus les rois progressistes et communistes, sinon tous les réformateurs zélés engagés pour le ‘bien public’ en passant par les bains de sang. Le zigouillage ne saurait s’en tenir aux institutions et aux livres ou lois sacrés, il doit aussi passer par les hommes, s’assurer de leur plébiscite, mettre leurs cœurs et leurs envies en conformité. C’est le propre des scènes en ouverture et fermeture du film avec le petit garçon apprenant par cœur les premiers articles de la nouvelle constitution. Les robespierristes omettent leurs scrupules parfois ils en souffrent et la liberté des autres, mais ce n’est que l’écume de leurs crimes, puisqu’ils parlent et tuent au nom du peuple dans le film ce peuple n’est jamais sondé ni invité près des débats, tout au plus convoqué…Les files d’attentes, typiques de la gestion communiste. Dans le détail des troupes et même d’un seul homme, les robespierristes ne sont pas nécessairement si cruels et tranchés, devant et pour l’Histoire, l’unité qu’ils servent balaient nuances, doutes et états d’âmes, y compris dans l’Histoire immédiate mais que valent des regrets, des nuits agitées, de micro-insurrections en petit comité face aux faits produits, surtout quand par leurs motifs ils sont consentis ?

 

 

 

 

L’opposition entre deux personnalités extrêmes et emblématiques canalise et justifie ces positions. Le récit respecte les faits historique de cette courte période, à quelques détails près, mais le rapport de forces entre Robespierre et Danton est inégal car le second jouit d’une certaine bienveillance, ses fautes restent apparentes sans le rendre antipathique et l’interprétation par Depardieu réduit les éventuelles ambiguïtés. Nulle grandeur, ou seulement celle du tribun, de l’activiste ardent, dont les parades sont plus manifestes que l’engagement profond. Au contraire Robespierre a des visées claires et ambitieuses pour le peuple, mais il est perçu par ses faiblesses et raideurs. Toutes ses qualités en sont souillées, jusqu’au sens de la vertu et au projet d’Homme amélioré…Lors d’une rencontre à huis-clos, Danton l’accuse de fantasmer sur des hommes « de roman », de chercher à placer les individus à « des sommets où il est impossible de respirer ». Le contraste entre les deux hommes se reflète aussi dans leur corruption. Pour Robespierre, elle est formelle, éventuellement forcée par des raisons pratiques ou compassionnelles. Robespierre est prêt à se corrompre dans le détail pour le bien supérieur, prompt à calmer les enthousiasmes trop violents et les appels au lynchage précipités. Le coup d’arrêt à la déchristianisation, dont il n’est pas question dans le film, vient de cette disposition. Danton est engagé dans un marchandage bien plus large. C’est le ‘libéral’ dans un sens ancien et galvaudé, le ‘populiste’ dans un sens des plus courts, en terme d’ambitions embarquées et il estime mieux connaître le peuple, tout ce qui est sûr c’est qu’il est désinhibé comme ‘lui’ est présumé l’être, qu’il sait haranguer les foules et les assemblées. Si Danton considère les besoins, les volontés des gens, plus basses et quotidiennes que les aspirations de Robespierre, c’est aussi qu’il n’aimerait pas s’en embarrasser.

 

Enfin ce film nous ramène à l’aube d’un effondrement général toutes ces forces, mêlées et contradictoires, s’apprêtaient à tomber. Un an après le gouvernement révolutionnaire se dissolvait dans le Directoire (1795-99). Transformés en ennemis, les anciens champions emporteront le mouvement dans leur chute car les corps étrangers et les modérés auront doublement le champ libre. Robespierre apparaît conscient de son échec, même lorsqu’il est en position dominante il voudrait épargner Danton et le défend face au Comité. Pourtant dirige les opérations contre lui, jusqu’à faire voter son exécution. En plaidant pour dompter ces troubles il est en train de perdre son cap et le sait. Cette attention est probablement le principal reste de la pièce de la dramaturge Stanislawa Przybyszewska de L’Affaire Danton rédigée vers 1929, dont le film est officieusement tiré mais qui la déforme jusque-dans les affections.

 

 

 

 

 

 

UN GRAND FILM POLITIQUE

 

L’homme du 10 août 1792  par Alexis De Vanssay

 

 

Ô Liberté, que de crimes on commet en ton nom ! 

Manon Rolland (1754-1793)

 

 

Lors d’une conférence à la Cinémathèque française en présence d’Andrzej Wajda, au moment de la sortie de son très beau Tatarak (2009), à un participant qui lui demandait pourquoi il n’avait pas voulu, à l’instar de Polanski, travailler en dehors de la Pologne, le maître répondait en substance que son cinéma était intimement lié à l’Histoire de son pays comme l’étude de son œuvre l’atteste, puis, humblement, à propos de Danton, que s’il n’y avait pas eu à la genèse de ce film la pièce de théâtre L’Affaire Danton (Stanisława Przybyszewska, 1929), qu’il avait mis en scène, il n’aurait jamais osé en faire un film. C’eût été un gâchis que Wajda renonce à ce projet, ambitieux il vrai, de relater la Révolution française car son film est, disons-le d’entrée, certainement le plus puissant qui ait été réalisé sur cette période de l’Histoire de France. Plutôt mal accueilli à sa sortie, il fut accusé, entre autres, d’inexactitudes historiques, mais comme l’a écrit alors Jean-Claude Carrière, co-scénariste du film avec Wajda…Le Danton de Wajda n’est pas un film historique. D’ailleurs, il n’y a pas de film historique. Cette expression n’a aucun sens…À la réalité historique, ce brouillard inaccessible, nous préférons la réalité dramatique, à notre portée. Pourtant, en évoquant avec une grâce à la fois symbolique et réaliste l’affrontement de Danton et de Robespierre au moment crucial et sanglant de la Terreur, Wajda et son scénariste sont restés très proches de l’histoire telle que nous la connaissons. Fort d’un scénario synthétisant les ressorts de la tragédie, il se dégage de Danton une vérité saisissante, celle de l’affrontement éternel des hommes pour le pouvoir. Il en émane aussi à plein nez l’odeur du sang et de la mort qui a inondé les terribles années 1793-1794, mais aussi, et surtout, la vérité d’un homme face à son destin.

 

 

 

Andrzej Wajda ne pouvait pas mieux choisir pour son Danton que Gérard Depardieu. L’acteur n’interprète pas seulement Danton, il incarne littéralement le révolutionnaire. Mais si Depardieu, alors au sommet de son art, crève l’écran, il n’écrase pas pour autant les autres protagonistes qui s’épanouissent autant que lui avec Patrice Chéreau en un Camille Desmoulins émouvant, Robespierre, l’exécuteur de Danton, est magistralement interprété par un Wojciech Pszoniak livide et malade de sa tyrannie. Pourtant, de toute la galerie de portraits remarquablement dessinés par Wajda, celui de Danton se taille bel et bien la part du lion. Et si une telle vérité psychologique ressort du jeu magistral de Depardieu, ce n’est pas seulement grâce à son talent hors normes, mais aussi que contrairement à ce que pourrait laisser penser certaines critiques, le scénario s’avère précis, documenté sur les acteurs historiques de la période relatée.

 

Loin d’être un personnage imaginaire, un caractère fictionnel, le Danton que Depardieu s’est approprié est relaté dans de nombreux ouvrages consacrés à « l’homme du 10 août ». Ainsi, dans une des deux scènes primordiales du film, celle de la rencontre, dans un boudoir, de Danton et de Robespierre, où l’on voit s’affronter deux êtres que tout oppose, Wajda semble assez proche de la réalité historique. Ce dernier profite de cette confrontation au sommet pour dévoiler leurs personnalités, le contraste extrême existant entre ces deux hommes, qui ne fait que souligner davantage leur rivalité naissante. Le masque de cire, presque apeuré de Robespierre, fait face à un Danton truculent, jouisseur, qui pour l’occasion s’est fait servir un buffet pantagruélique ainsi que du vin qu’il boit sans modération. Ce n’est pas seulement de la gloutonnerie, car il y a chez Danton un véritable amour de la vie qui ne le fera pourtant pas minorer l’enjeu crucial de l’instant. Robespierre, lui, refuse de manger, tout juste trempera-t-il ses lèvres aux bords de la coupe pleine que son vis-à-vis lui a servi. Dans la biographie de Danton par David Lawday, cette version des faits est d’ailleurs étayée comme suit…

 

Les hôtes faisaient de bien étranges compagnons de table, l’un picorait et l’autre, dévorait avec plaisir, l’un semblait apeuré, les mains tremblantes, l’autre était jovial, exagérant un peu sa bonhomie naturelle. Ces signes ne présageaient rien de bon. Cependant, l’atmosphère demeura plutôt courtoise jusqu’au moment ou Danton exprima ses pensées sur la Terreur.

 

 

 

Par-delà leurs caractères antinomiques, Danton et Robespierre avaient également des conceptions antagonistes quant à la suite à donner à la Révolution. Ainsi l’Incorruptible Robespierre voulait « sauver le peuple » en le purifiant par la guillotine. Toujours dans son Danton, David Lawday écrit…Robespierre voulait une Révolution sans tache morale, ce qui était humainement impossible. Et il était prêt à tuer pour cela, mille fois, dix mille fois encore. À l’inverse, Danton était intrinsèquement un modéré, et même s’il avait été l’instigateur des Tribunaux révolutionnaires, il souhaitait arrêter, en 1794, la violence qui à ce moment-là avait pris un tour monstrueux et systématique. Dans le dialogue très important du boudoir, Carrière et Wajda ont su rassembler en une séquence les différends politiques et idéologiques des deux hommes…

 

Danton…Maxime, tu oublies que nous sommes faits d’os et de chair. Tu veux nous élever jusqu’à des sommets où il est impossible de respirer.

 

Robespierre…Arrêter le processus révolutionnaire, c’est la mort de la Révolution.

 

Danton…Ce que veulent les gens, c’est manger et dormir en paix. Là ou il n’y a pas de pain, il n’y a plus de loi, plus de liberté, plus de respect, plus de République. J’emmerde les comités !

 

 

 

 

Sur le plan de la mise en scène, nous admirerons aussi la subtilité de la photographie qui symbolise parfaitement, par des contrastes chromatiques appuyés d’une scène à l’autre, le drame qui se joue et l’opposition psychologique radicale entre les deux ennemis ; nous passons d’un tableau chaud et rougeoyant d’un Danton se reposant au coin du feu avant d’être arrêté au bleu sombre, glacial et figé comme la mort du bureau du Comité de salut public préparant la sentence de mort de Danton et de ses compagnons. Le film est ainsi parsemé de scènes d’un grand classicisme, de toute beauté, à l’instar de la scène de liesse de la foule qui accoure vers Danton lors de son retour à Paris, au début du film. Cependant, les séquences relatant le procès de Danton constituent sans nul doute le point d’orgue du film. On y admire un Depardieu au sommet de son art, assumant la défense d’un homme qui se bat avec l‘énergie du désespoir, captivant son auditoire comme jamais afin d’inverser le sens du destin auquel, il le sait, il n’échappera pas. La foule est venue nombreuse. Elle se masse aux abords du Palais de Justice. Les manuels d’histoire parlent d’une émeute que le cinéaste polonais a su retranscrire tout en concentrant l’action sur le taureau blessé au centre de l’arène. Danton clame, déclame, use de son talent inouï pour l’art oratoire, à tel point que le procureur Fouquier-Tinville se voit dépassé. Depardieu/Danton, lui, à force d’assurer une défense glorieuse mais vaine, finit aphone quand le Tribunal décide de la faire taire définitivement.

 

Mais, à travers l’évocation de la dérive meurtrière du régime révolutionnaire de la France de 1794, se reflète en filigrane la situation dramatique de la Pologne de 1982, où l’état de siège est décrété par le général Jaruzelski dans la nuit du 12 au 13 décembre 1981, mettant brutalement le pays au pas en faisant arrêter les principaux dirigeants du syndicat autonome Solidarność notamment son meneur, le charismatique Lech Wałęsa. Wajda tourne son film en France dans les mois suivant l’instauration brutale de la loi martiale en Pologne et il faudrait être aveugle pour ne pas voir derrière le récit de l’affrontement entre les deux grandes figures de la Révolution, le combat entre un Jaruzelski au visage pâle et sinistre dans le personnage de Robespierre et un Wałęsa charismatique, populaire, orateur hors-pair, dans celui de Danton. Pourtant, malgré la double évocation historique, Wajda pousse la critique encore plus loin en attaquant le totalitarisme en général, puis plus particulièrement la dictature communiste sous laquelle le bloc des pays de l’Est, à l’époque du tournage, allait rester figé près de dix ans encore. Avec ce film splendide, Wajda nous rappelle implicitement que Lénine était un admirateur de la Révolution française, et qu’il s’en est inspiré pour prendre le pouvoir en Russie. Rappelons-nous avec Danton quand il s’écrie lors de son procès…

 

 

 

 

La Révolution est comme Saturne, elle dévore toujours ses propres enfants, que tant de crimes ont été commis au nom de la Liberté.

 

 

 

Le cinéaste polonais Andrzej Wajda est mort, dimanche 9 octobre 2016, à Varsovie à l’âge de 90 ans. L’auteur de L’Homme de fer, Palme d’or au Festival de Cannes en 1981, Cet artiste engagé a incarné la lutte pour une Pologne libre. Légende du cinéma mondial. Cet artiste engagé a été pendant toute sa vie le chantre de la difficile histoire polonaise, à laquelle il a su donner une dimension universelle…

 

Paris César d’honneur-1982 / Venise Lion d’or d’honneur-1998

Hollywood Oscar d’honneur-2000 / Berlin Ours d’honneur-2006

 

Pour l’ensemble de son œuvre sur 60 ans de carrière et 40 films.

 

 



 

 

Né le 6 mars 1926 à Suwalki, Andrzej Wajda veut suivre l’exemple de son père, militaire de carrière, et tente, sans succès, d’entrer en 1939 dans une école militaire, à la veille de la seconde guerre mondiale. Pendant l’occupation nazie, il commence à suivre des cours de peinture qu’il prolongera, après la guerre, à l’Académie des beaux-arts de Cracovie, avant d’entrer dans la célèbre école de cinéma de Lodz. Ses films sont imprégnés de l’expérience douloureuse de la guerre, de la résistance polonaise contre les nazis. Son premier long-métrage Génération en 1955, un récit portant sur le sort de jeunes des faubourgs de Varsovie pendant l’occupation, a donné naissance à la célèbre Ecole polonaise de cinéma, courant où l’on entreprenait un débat sur l’héroïsme et le romantisme polonais. En 1957, Andrzej Wajda obtient à Cannes le prix spécial du jury pour son chef-d’œuvre sur l’insurrection de Varsovie en 1944, Kanal/Ils aimaient la vie…Ce fut le début de tout, cela m’a permis de faire ce qui devait être mon film suivant, Cendres et diamant-1958. Il m’a donné une position forte dans le cinéma polonais.

 

 

 

 

 

 

 

1977, il présente au Festival de Cannes L’Homme de marbre, critique de la Pologne communiste, avec trois ans plus tard L’Homme de fer. Le film, racontant pratiquement en temps réel l’épopée de Solidarnosc, premier syndicat libre du monde communiste, est récompensé par la Palme d’or à Cannes…Le jour de la Palme a été très important dans ma vie. J’étais conscient que ce prix n’était pas uniquement pour moi. C’était aussi un prix pour le syndicat Solidarnosc. Alors que ses nombreux amis sont emprisonnés lors du coup de force du général Wojciech Jaruzelski contre Solidarnosc en décembre 1981, la Palme d’or le sauve de la prison. Ses prises de position hostiles au régime de Jaruzelski l’incitent à réaliser des films à l’étranger. Il tourne alors Danton-1983 avec Gérard Depardieu, Un amour en Allemagne-1986 ou Les Possédés-1988 d’après Dostoïevski. Après la chute du communisme, en 1989, Andrzej Wajda revient à l’histoire avec notamment Korczak-1990, L’Anneau de crin-1993 ou La Semaine sainte-1995. Il adapte également au cinéma les grandes œuvres de la littérature polonaise.

 

 

 

 

 

 

Dans Katyn il raconte l’histoire de son père, l’un des 22 500 officiers polonais massacrés par les Soviétiques en 1940, notamment à Katyn. Capitaine d’un régiment d’infanterie, exécuté d’une balle dans la nuque par la police secrète de Staline. Le film de Wajda consacré au leader du syndicat Solidarnosc, Lech Walesa, intitulé L’Homme du peuple-2013 a été présenté lors du Festival de Venise en sélection hors compétition. Amoureux du théâtre, Andrzej Wajda a mis en scène une quarantaine de pièces, dont plusieurs présentées à l’étranger. Passionné de la culture japonaise, le cinéaste a créé, en 1994 à Cracovie, un centre de civilisation japonaise, Manggha. En 2002, il avait lancé sa propre école de cinéma et d’écriture de scénarios. Son dernier film est Powidoki/Après-image-2016.